Orso - Paninoteca

Chronique CD album (73:00)

chronique Orso - Paninoteca

Histoire de dédramatiser voire indirectement tourner quelque peu en ridicule les groupes qui se prennent grave au sérieux dans le monde de nos musiques électriques, Orso a décidé de baptiser ses titres avec des noms de sandwiches.

Une petite fantaisie qui n'entame en rien le propos musical qui, lui, est très sérieux et s'intègre parfaitement dans le monde du post-machin instrumental. L'étiquette générique pour une musique qui bouffe à tous les rateliers de ce qu'on a déjà vu et revu (ou plutôt entendu et sur-entendu) sur de nombreuses pages de ce webzine.

On aurait donc pu ignorer poliment ce disque, sauf que correspondre à une étiquette n'empêche pas d'être digne d'intérêt.
Orso colle aux nombreux canons de son genre fourre-tout mais il le fait tout simplement bien, de manière même remarquable. C'est d'ailleurs en étant mixé par Kurt Ballou puis masterisé par Marcus Lindberg qu'on peut déjà se dire que ce sera bien, même si en travaillant avec la crème de la crème...ils font un peu comme tout le monde. Après tout, depuis 2012, qui n'a pas fait masteriser son album par le suédois ? 
 

Mais en grattant la croûte, on découvre que le groupe s'est bien bougé les miches et a fait du bon boulot. 
Certes, il ne finira pas disque de platine, mais l'effort est aussi complet que sportif : mené à la baguette par un tentaculaire batteur soufflant à la fois nervosité et tranquilité, chaque compo parvient à être appétissant car chacune comporte son lot de virtuosité et de virevoltements qui tiennent en haleine.

(moi aussi j'aime le pain et moi aussi je sais faire des jeux de mots dessus)

Et au-delà du travail derrière les toms, c'est le trio de guitares qui interpelle : trois, c'est beaucoup, souvent trop, mais pas là.
C'est la richesse et la complémentarité de ce trio qui permet au groupe t'étoffer ses compos, de proposer autant d'ambiances, d'aller dans tous les sens tout en réussissant à conserver une ligne directrice.
Dans le fond, au risque de radoter : Orso n'apporte rien de nouveau, on est en terrain connu, en terrain conquis, mais c'est vibrant, c'est vivant, inlassable, riche et maîtrisé. 

Même si je pense que ma réflexion est bancale pour parler de ce disque, je trouve qu'avoir nommé les titres de son disque avec les noms de sandwiches revêt une certaine symbolique totalement involontaire.
 

Attention, instant Freudien de comptoir.
Lorsque je ne fais pas beaucoup d'efforts pour réfléchir, je sors des phrases pleines de généralités...du genre : "on est ce qu'on mange". 

Orso est donc cette carte des sandwiches du monde. Des ingrédients en tous genres, des saveurs parfois lourdes, des mélanges improbables mais réussis, complets, des moments de plaisirs qui paraissent simples mais divins. Que l'on ne se méprenne pas : un sandwich, quand ça se mange sur le pouce, c'est dégueulasse. Quand ça se déguste, c'est délicieux. Tout est une question de temps et d'attention qu'on alloue à son repas...et donc, métaphoriquement, à ce disque.
Parfois 4, parfois 6, puis 10  ou 12 minutes : Orso est d'humeur variable et a parfois l'air indigeste (t'as déjà mangé une mitraillette ? / chez moi ça s'appelle un américain) mais il a un côté addictif et presqu'attachant du genre : "j'vais le terminer, même si j'sens que j'vais le payer" (Tu le visualises ce repas ? Tu la vois cette bouchée de trop ?).

Orso, c'est ça, c'est parfois chaud à suivre malgré son apparente simplicité, même si on pense en connaître la recette, mais la saveur de leurs compos réussit à avoir une certaine personnalité.
On nous casse les couilles au resto / émissions de cuisine avec des "revisites de ceci, de cela". Les Suisses, eux, "revisitent" le post-machin, mais le plus fort, c'est qu'on s'en délecte pendant... 1h13 !
Encore une fois, tout un symbole quand on arbore la douce mie d'un pain complet, dont la richesse nutritive est sans égale mais complexe à assimiler. (c'est pas des conneries, c'est Sciences et avenir qui le dit)

Ce disque est impressionnant...sans en avoir l'air.

photo de Tookie
le 09/08/2019

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