Pelican - Nighttime stories

Pelican - "Nighttime stories"
chronique Pelican - Nighttime stories

J'aime beaucoup Pelican. Vraiment. Mais sans savoir pourquoi. 
J'adore leurs ambiances, leur précision, leurs structures de compos parfois inattendues, parfois prévisibles mais efficaces, j'adore leur capacité à foutre, d'un seul coup, un riff qui va te faire secouer la tête mécaniquement, et enfin je les trouve très forts pour te chopper par le bras et t'embarquer dans leur morceau. Ils ont ce truc que j'ai ressenti les deux fois où j'ai eu la chance de les voir. Autant de raisons qui me font penser que c'est pour cet amalgame de bons points que le groupe s'est élevé au-dessus de la mêlée de groupes "post-metal-instrus" depuis tout ce temps.

En revanche, et habituellement, c'est rédhibitoire pour le sensible que je suis : je trouve qu'ils sont morts de l'intérieur, ne laissent pas passer d'émotion, manquent de "spontanéité". 
C'est en tout cas l'impression qu'ils m'ont toujours laissé tant ils ne provoquent (chez moi) aucune émotion si ce n'est de l'intérêt voire de l'admiration pour l'efficacité de leur travail de composition et leur facilité à naviguer entre différents genres sans s'y poser.

Bref, j'écoute Pelican avec cette attitude d'un gros poseur.



 

Or, si j'te parle de ma petite histoire, c'est parce que Nighttime stories a réussi en 3 minutes à balayer ce sentiment installé depuis plus de 15 ans.

"WST" ouvre ce disque et mine le moral en quelques arpèges. Quant à la suite de l'album, elle semble empreinte d'une certaine mélancolie, peut-être même d'une nostalgie pour finalement se vouloir tristement sombre.
Une appréciation finale amorcée dès le premier regard sur la pochette : rouge, noire, avec un bruit (sur l'image) très prononcé rappelant le grain du bas de la pochette d'Australasia...mais avec une couleur autrement plus agressive...sanguinaire...

Ce regard sur le passé, cette petite mélancolie, se comprennent par les événements qui ont marqué la vie des Américains...et en 6 ans, depuis la sortie de leur dernier album studio, il s'est logiquement passé beaucoup de choses...et pas les plus heureuses.

En faisant quelques recherches sur les blogs bien informés et interviews complètes, on peut apprendre que la guitare acoustique sur laquelle joue Dallas Thomas est celle de son père, décédé. Quant aux noms des morceaux, ils sont tirés de parole du chanteur de Tusk, Jody Minnoch, lui aussi décédé. Pour rappel, Tusk était composé de 3 membres de Pelican.
Nighttime stories est un "bout" de la bande...et cela se ressent, surtout après tant d'années de gestation (son écriture a débuté en 2014...).

C'est un album fait avec envie, application et coeur.
Cela n'en fait pas nécessairement leur meilleur disque. Bien qu'il ait l'air de s'articuler entre le passé (période du premier album) et une légère ouverture sur le futur avec quelques aspects de renouvellement, Pelican joue une partition relativement classique, souvent convenue voire attendue.
En dépit de quelques efforts sur l'exploitation de nouvelles sonorités pour quelques courts passages avec même du BLAST (!!) sur "Abyssal Plain" sonne comme sur un symbole : le groupe finit toujours par faire ce qu'il sait faire de mieux : pondre un riff bien efficace sur une guitare, alors que la seconde entraîne l'auditeur dans un univers plus lourd et sombre (ou l'inverse).


Il n'y a sans doute pas grand chose (de nouveau) à tirer de ce disque artistiquement. Il s'agit d'un bon album, c'est indéniable, mais c'est par son aura et le coeur qu'y auront mis ses créateurs que l'on retiendra Nighttime stories.
  


 

photo de Tookie
le 19/06/2019

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