Pensées Nocturnes - Grand Guignol Orchestra

Pensées Nocturnes - "Grand Guignol Orchestra"
chronique Pensées Nocturnes - Grand Guignol Orchestra

La métaphore du cirque, pour décrire la branche grand-guignolesque du Black Metal Nawak, est devenue un cliché. Mais quand les papas du genre débarquent avec leur cinquième (sixième selon les computs) album, Grand Guignol Orchestra, dont l'ensemble de l'artwork tourne autour de cet univers cher à John Wayne Gacy, cliché ou pas, il n'y a pas à discuter, rien ne colle mieux à la musique de Pensées Nocturnes. Elle ne trouve pas meilleur illustration que l'image aux couleurs délavées de ce clown menaçait l'auditeur de sa batte de baseball ensanglantée sur fond de fête foraine en flammes. Depuis quelques mois, la formation de Vaerohn a donné une poignée de concerts remarqués (au Hellfest et au LADLO Fest entre autres), annonçant son retour discographique, chez ses partenaires de toujours, Les Acteurs De L'Ombre.

 

Chanceux que je suis, deux nouveaux titres avaient été joués à Nantes début octobre dernier, "Deux bals dans la tête" et "Poil De Lune", qui m'avaient fort impression, laissant présager du meilleur. Sentiment confirmé à l'écoute complète de Grand Guignol Orchestra. L'esprit de Vaerohn est toujours aussi malade, entre bipolaire et trouble dissociatif de l’identité. La mise en son est assez idéale, permettant à tous les instruments, guitares, basse, batterie, claviers, accordéon et trombone de se faire entendre clairement. Il n'y a que le chant qui soit légèrement en retrait. Le Monsieur Loyal, tout de cuir clouté vêtu, nous convie à un joyeux foutoir où se mêlent riffs Black Metal, cuivres désincarnés, rythmiques empruntées à la Polka, accordéon variétoche et hurlement extrêmes. Tout cela cohabite au sein de morceaux plutôt concis aux titres plus décalés les uns que les autres (jetez un œil sur la gauche, ça change des "Possessed By Satan" ou "Winter Solstice Moon"...).

 

Depuis Nom D'Une Pipe, Pensées Nocturnes s'est enfoncé un peu plus profondément dans son délire forain, poussant l'intégration des éléments contribuant à donner à sa musique son côté décadent dans ses derniers retranchements. C'est ainsi que l'on retrouve par exemple un break baloche metallisé au milieu de "Poil De Lune". Le musicien a réalisé un travail énorme de composition pour arriver à mélanger tous ces éléments tout en restant crédible et s'il sombre dans le ridicule, il le fait volontairement. On pourrait reprocher au disque un manque de variété dans ses structures et sa dynamique: je ne le ferais pas, ça serait oublier que Grand Guignol Orchestra est avant tout un album de Black Metal, avec des instrumentaux répétitifs.

 

À lui seul, le chant de Vaehorn est tout un voyage. Impeccable dans son rôle de maître de cérémonie déviante, il couvre un spectre des plus large. S'il est majoritairement Black, nombreux sont les écarts vers le Death, ou vers des intonations décadentes. Il se met pleinement au diapason de textes tous plus délirants les uns que les autres.

 

En poussant le délire encore plus loin, et grâce à une production aussi précise que le numéro du lanceur de couteaux, et à une composition aussi léchée qu'un spectacle de trapézistes, Grand Guignol Orchestra est ce que Pensées Nocturnes a proposé de mieux jusqu'à présent et se place comme un must-have en matière de Metal Nawak Extrême, n'en déplaise aux pisse-vinaigres.

photo de Xuaterc
le 23/01/2019

3 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 23/01/2019 à 09:45:41

Un album qui regorge de riches trouvailles... Mais qui contient également trop de déclamations plaintives, de dissonances inconfortables et de mélodies torturées pour que j'y aille d'un franc Rhââ Lovely :)

Margoth

Margoth le 23/01/2019 à 15:34:01

Ou comment passer du mode hypé à celui de mega-hypé en moins de 5 minutes de lecture... Xuxu, mon compte en banque ne te remercie pas ;)

Xuaterc

Xuaterc le 23/01/2019 à 17:52:44

Tu peux donner mon adresse à ton banquier, je l'attends de pied ferme. Et si il sait que c'est pour acquérir cet album, il sera indulgent...

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