Pinkly Smooth - Unfortunate Snort

Pinkly Smooth - "Unfortunate Snort"
chronique Pinkly Smooth - Unfortunate Snort

Empalot pour les Landais de Gojira, Big Dumb Face pour Wes Borland (Limp Bizkit), Infectious Grooves pour les skateurs de Su-i-saille-dôl, Pinkly Smooth pour les lascars d’Avenged Sevenfold… Sans parler bien évidemment de Mr. Bungle qui, à l’époque, zébulonnait dans le sillon de Faith No More. OK, quatre exemples c'est un peu maigre pour généraliser et évoquer une mode, mais à force on pourrait finir par se demander si ça ne deviendrait pas un peu la norme pour les groupes en vue de se fignoler un petit side project Nawak, histoire de se soulager la cocotte-minute cérébrale en pétant un câble dans une camisole tricotée sur mesure.

 

Pinkly Smooth, donc, est le plat du jour aujourd’hui proposé au menu du CoreAndChro-Rétro Bistro. Avec, côté cuisine, « The Rev », fondateur, claviériste et batteur d’Avenged Sevenfold, ici à l’œuvre aux mêmes postes, plus le chant. A ses côtés « Synyster Gates », guitariste et claviériste d’Avenged Sevenfold, répond présent à la gratte. Puis Justin "Sane" Meacham, ex-bassiste / claviériste d’Avenged Sevenfold, ici au clavier. Plus deux autres zigs encore, dont les qualités sont sans doute nombreuses et l'émail brillant, mais désolé on n'est pas allé vérifier. Tout ce petit monde propose – plus encore que tous les groupes listés en début d'article (Ze Bungle exclu) – un parfait échantillon de pur Nawak Metal bien cramé du bulbe. On y retrouve tout ce dont l’amateur raffole, du sautillement compulsif, des touches Funk’n’Surf, du cirque, du cabaret, des passes complètement psychotiques, de la maîtrise instrumentale de folie, et, of course, une vraie maestria dans l’art des collages improbables. Plus du gros riff Thrash/Death et du growlounet, parce qu’Unfortunate Snort arrose le genre de grosses louches de décibels virulents. Plus – 'y en a encore, je vous le mets aussi? – ce chant nasal de dandy taré qui tangue et hésite entre les registres de Mike Patton, Chris Milne (Mucky Pup) et Jonathan Davis (Games of Kornz).

 

Ça y est, vous l’avez? 100% Nawak, quasi-100% Metal… 200% grosse banane!

 

Ce qui coince par contre, c’est l’écrin sonore dans lequel cette petite demi-heure de Youpla musical est emballée. Ils n’avaient donc qu’un magnéto Playskool branché sur le 220V du grenier de Tatie Micheline pour graver dans le marbre discographique cette seule et unique sortie? C’était pour singer l’esthétique « nécro l’asticot » à la mode chez les chauves-souris paint-corpsées de l’an 2002? Por que mamá mia? Tu vas répondre raclure? Non? Eh bien on plafonnera ta note sous 8, là: tu feras moins le malin!

 

La bonne nouvelle c’est qu’apparemment, si l’on en croit ce qui se dit et se lit sur la toile, l’album pourrait bien connaître une 2e jeunesse l’un de ces jours. Ce serait une vraie chouette idée, qui éviterait que les chochottes n’abordent cette petite pépite à reculons. Car ces 6 morceaux vont du vraiment top au carrément excellent. Si vous voulez en tester un échantillon, essayez donc « Mezmer », qui commence de manière assez mélodique et catchy – trop « easy » presque – avant de larguer progressivement les amarres jusqu’à lancer une offensive dantesque, à 2:24, à grand renfort de piano menaçant, de guitare funky, de folie furieuse et d’un cri de guerre inimitable: « Zyga, Zigzig, Zigapook! ». La chanson de partir alors dans le registre cabaret le plus nawakement métallique. Autre pépite pépitesque, « Pixel & Nasal » commence dans un manoir hanté façon « Black Widow » de 6:33, avant de se Faith No Moriser de plus en plus nettement, jusqu’à s’abandonner à 1:29 à un accès de maboulerie aussi frénétique que jouissive.

 

Alors le Bunglophile, on l’a taché son slip ou pas?

 

Au-delà de cette sélection de morceaux choisis, la plupart des titres comporte au moins un moment plus particulièrement rhaalovely que la moyenne – l’épisode Piano Rock / Death qui swingue à 3:35 sur « Nosferatu Does A Hefty Dance », les grandioses chœurs mélodiques récurrents qui rythment le flot de « The Body Of Death Of The Man With The Body Of Death », la touche Pattonienne de la fin de « McFly »… –, sans compter les hors sujets judicieux et les accroches fréquentes qui garantissent à la fois un hameçonnage dans les règles (pour assurer les 3 premières écoutes) et une longue durée de vie (pour garantir les N suivantes).

 

Alors espérons que le remaster évoqué plus haut verra vraiment le jour. Et en attendant, le CD étant assez coton à trouver, allez donc tremper vos cotons tiges dans les versions streaming disponibles un peu partout de par le web.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Unfortunate Snort, c’est du pur old school Nawak Metal psycho-poppy sautillant entre Mr. Bungle et Mucky Pup, et agrémenté d'une grosse louche de riffs et de growls musclés – avec, pour l’anecdote, un gros bout du line up d’Avenged Sevenfold dedans… Le hic, c’est que le son est un peu tout pourri. N'empêche, l’album n’en reste pas moins un délice pour les amateurs!

photo de Cglaume
le 23/06/2019

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