Piri Reis - Piri Reis / Sto Cosi Cosi Split

Chronique Maxi-cd / EP (05:28)

chronique Piri Reis -  Piri Reis / Sto Cosi Cosi Split

Et revoilà les Emo-Kids de Piri Reis dans un temps social ou l’inactivité, après encore une longue année de labeur, est pourtant de mise. Les Malaisiens, surement affranchis de toutes ces exigences estivales, nous font donc le plaisir de remettre le couvert après un brûlant split partagé en 2017 avec The Sleep We Live. Et oui l’Emo-violence et ses implications expérientielles ne prennent pas de vacances, la créativité et la nécessité de purger des affects trop violents pour être réprimés commandent l'action et la force vitale du combo. C’est donc en compagnie des Japonais de Sto Cosi Cosi que les membres de Piri Reis ont occupé leur temps libre - oui oui ça existe encore - pendant un été dont les pics de chaleur n’ont d’égal que les envolées incandescentes de cet EP.

 

Du Piri Reis pur jus sur un EP qui fait la part belle aux références du genre et avec lesquelles aime toujours s’encanailler le combo Malaisien. On peut toujours citer Coma Regalia, Raein ou encore Orchid comme les quelques sources d’inspirations à peine voilées du combo et dont on peut apprécier les quelques gimmicks empruntés de ci de là sur ce Split. On retrouve donc Piri Reis là où on l’avait quitté à savoir sur un Emo-violence brut de décoffrage, véhément au possible, sobrement classique mais profond et ô combien efficace. Le riffing acharné des guitares est toujours aussi affûté, les boucles mélodiques toujours aussi poignantes et les breaks solennels faits de samples discursifs, d’accords en sourdines ou encore d’arpèges tout en suspense arrivent toujours à nous plonger dans des ambiances sombres et tourmentées ; des ambiances balayées sauvagement lors de déflagrations violentes qui irrésistiblement te feront serrer les poings au cours d'épilogues batailleurs et va t-en guerre.

Ce qui emporte toujours l’adhésion avec Piri Reis c’est son sens expéditif de la dramaturgie mais surtout le dénouement de ses morceaux ; profondément déchirant, teigneux, porteur et combatif à la fois. Les finales de « Last Light For Venetian Blind » et de « Madness, You’re Beautiful » en sont les parfaits exemples.

 

Petit bémol par rapport aux maladresses rythmiques d’un bassiste un peu à la bourre par moment et d’un batteur dont les pêches manquent de régularité sur les temps les plus turbulents. Un défaut de clic me diriez-vous – si tant est qu’il y en ait eu un - ou bien juste le souci pour le groupe de faire les choses de la manière la plus brute et authentique possible en éludant les idées de performativités et d’excellence. Un enregistrement sûrement dans les conditions live, à nu et sans chichi. Une nudité que l’on ressent très bien à l’écoute de la furieuse et charismatique chanteuse du groupe qui nous donne invariablement à sentir et à voir l’odeur et la couleur de ses tripes. Un chant toujours en première intention, à l’arraché et déchirant au possible.

 

Voilà voila! Piri Reis c’est de l’Emo-violence hargneux, à fleur de toison et sans filet... Une histoire courte de passions chauffées à blanc par les déboires existentiels, et dont les tourments ne trouvent résolution que dans l'expression Emo-violente et ses implications émancipatrices... 

 

 

photo de Freaks
le 19/09/2019

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