Pneu - Highway to health

Chronique Vinyle 12"

chronique Pneu - Highway to health

 

Pour ceux qui ont lu le report du concert de Pneu avec Julie Christmas (mais pour les autres aussi), je me dois de rappeler que je commence à avoir une sainte horreur de ce foisonnement de duos noise à la française. J’aurais très clairement une tendance assez frontale à m’être bêtement arrêté à Chevreuil, Belly Button, voire Gâtechien pour ce qui est de ce genre de joyeuseté et considère donc tout le reste comme une repompe inutile et hype d’un truc qui, à la base, avait vraiment la classe. Plus encore, je déteste l’espèce d’engouement dithyrambique qui plane au dessus de la plupart de ces groupes alors qu’il y a bien d’autres petits gars méritants qui font mieux avec une basse en plus (ou une gratte, c’est selon). Mais là où Pneu me fait très plaisir (et mentir aussi), c’est dans leur faculté à sortir d’excellents disques, à torcher d’excellents concerts et le tout avec une modestie et un enthousiasme qui devrait être le maître mot de tout champ musical un tant soit peu alternatif. Penchons nous donc sur la bête :

 

Après quelques gros  breaks noisy introductifs, ce disque de Pneu, contre toute attente, s’ouvre avec une simple envolée très mélodique, limite épique, à la lisière d’un émorock de batard. Très vite on se retrouve avec une chiée d’harmonies complémentaires pour lesquelles le gratteux divise son jeu en deux à la manière d’un Gâtechien, voire s’auto sample avec un talent assez insolent (vu et confirmé sur scène). Mais très vite après cette excellente introduction, le duo nous rappelle que si mélodie il y a, il est surtout question ici de bouger ces petites fesses et/ou de se faire piétiner les tympans à coup de dissonances stridentes. La battoche n’est pas en reste dans la réalisation du méfait tant elle enchaine à l’aise 30 breaks incroyables par chanson (en moyenne) tout en nous changeant le tempo toutes les 5 secondes et le tout sans cligner des yeux.

 

Ce qui ressort clairement de ce disque, c’est bien cette polyvalence dans l’exécution de morceaux qui, à priori, ne sont peut être pas si compliqués. Et la formation en duo du groupe renforce ce grand écart entre un propos alambiqué et une exécution assez frontale de celui-ci. Tout au long du disque on se mange donc successivement des riffs stridents, des flots d’effets d’alien, des constructions tordues, des accélérations fulgurantes, des roulements de caisse claire à vous faire péter le verre des lunettes, des accalmies inattendues, des mélodies doucereuses, et le tout réalisé avec l’urgence qu’on pourrait retrouver chez un ambulancier sur le périph’ aux heures de pointe.

 

Après, si l’on devait absolument reprocher quelque chose à Pneu maintenant qu’ils ont enfin pondu un album parfait avec un bon gros son d’enculé made in Godcity (merci M. Ballou),  ce serait peut être précisément ce qui fait leur force. Un album aussi varié, complet et étonnant nous fait parfois regretter l’absence de chant, de basse ou même d’arrangements inattendus… Mais les Pneu s’en battent la race et c’est surtout pour ça qu’on les aime, non ?

photo de Swarm
le 17/06/2011

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