Pord - valparaiso

Pord - "valparaiso"
chronique Pord - valparaiso

 

Dans la catégorie « on joue du noise 90’s foutrement influencé par les poncifs ricains et dans la pure tradition française fermement ancrée dans le sillage de ces derniers », veuillez accueillir comme il se doit les lozériens de Pord. Enfin, accueillir reste un bien gros mot puisque les gusses maltraitent leurs intruments depuis 2002 bien qu’aucun de leurs précédents méfaits ne m’était jusqu’alors parvenu jusqu’aux tympans.

 

Bref, et pour faire vite, je ne vais pas m’étendre sur les aspects les plus entendus du groupe. Sous la forme d’un trio tout ce qu’il y a de plus classique dans le genre, les mecs de Pord font dissoner des palanqués de riffs tordus, secouent leurs compos au rythme d’une basse épileptique (limite jazzy parfois) et cabossent le tempo dans tous les sens. Dans le même ordre d’idée, on peut aussi ressasser les groupes dont ils se réclament eux même dans leur biographie : Dazzling Killmen pour la folie, Breach pour la basse increvable, Unsane pour la colère urbaine ou encore Tantrum pour un peu tout ces aspects. Parce que oui, Pord emprunte plus ou moins franchement à la musique des défunts ( ?) montpelliérains. Bouderons-nous notre plaisir pour autant ? Fichtre foutre non !

 

Car Pord, même s’ils ne peuvent en aucun cas revendiquer une originalité ultra-novatrice, ont plus que bien appris leur leçon. Ils l’ont d’ailleurs si bien apprise qu’ils peuvent te donner un cours gratuit quand tu veux. C’est en tout cas ce qu’ils font avec Valparaiso, leur dernier album en date (sorti à la rentrée 2011, ok). Pour tous les vieux cons qui ont avidement sucé la nourricière tétine des groupes suscités, aucun problème, on est en terrain connu et c’est presque confortant et rassurant de s’envoyer ce type de son dans les esgourdes en 2012. Mais outre le plaisir du blasé de base, se cache aussi et tout simplement la joie de découvrir un très très bon disque de rock n’roll avec ses tubes d’enculeurs de maman (« there aren’t any colors »), ses décharges émotionnelles (« my heroin »), ses compos sans fin (« Blackout Cabanel ») et, ma foi pourquoi pas, un grand final comme on les aime, nous, les barbus (« Sunday Girl »).

 

Les compos de Pord sont toujours très juste et très directes malgré une apparente complexité rythmique et (dis-) harmonique… Tellement juste qu’on se surprend à suivre les lozériens dans leur délire sans forcément se cogner les 12000 écoutes que nécessite généralement ce genre de disque. De même, la production du disque, loin de briguer sa place pour le son le plus monstrueux de l’année, séduit carrément par son coté direct et organique. Les guitares crunchent, la batterie est sèche, les déclamations son brutes et la basse surplombe tout se joyeux merdier comme si tout avait été enregistré live. C’est peut être en ça d’ailleurs que réside la magie d’un bon disque de noise déstructuré : de la sincérité, de l’urgence et du naturel... A n’en point douter, Pord ne manque d’aucun de ces trois attributs.

photo de Swarm
le 25/04/2012

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