Primordial - Exile Amongst the Ruins

Primordial - "Exile Amongst the Ruins"
chronique Primordial - Exile Amongst the Ruins

Depuis plus de quinze ans, Primordial se construit une solide réputation, devenant un acteur majeur de la scène Metal européenne, notamment grâce à une série d'albums remarquables (le groupe n'a pas publié un mauvais disque depuis au moins The Gathering Wilderness en 2005) et des prestations live toujours remarquables. Depuis To The Nameless Dead, il semblait cependant être entré dans une certaine forme de routine, avec une formule musicale certes terriblement efficace, mais qui ne laissait que peu de place à la surprise.

 

Neuvième album donc, pour 25 ans de carrière des Irlandais qui, comme un single malt vieilli en fûts de chêne, ont maturé leur style à partir d'un Black Metal distillé au double alambic Doom 80's et culture celtique. Exile Amongst The Ruins s'ouvre sur un titre totalement Pagan Black, épique en diable, parfait pour débuter les hostilités. Suit un "To Hell Or The Hangman", surprenant car sonnant comme un croisement entre Primordial et Iron Maiden, avec sa grosse basse sur une rythmique galopante et des guitares que n'aurait pas renié la paire Smith / Murray. Le mélange passe plutôt bien.

 

La suite se révèle être plus classique pour qui a suivi la carrière du groupe. Je trouve que dans l'esprit et les émotions développées, plus sombres, on est proche du sus-nommé The Gathering Wilderness, avec cette nostalgie, cette tristesse propre aux peuples de marins des terres du Nord de l'Europe. Les structures sont moins basées sur des montées en puissance systématiques comme c'était le cas dans le passé récent du groupe, même s'il excelle toujours dans ce domaine (la fin du morceau titre). Primordial prend toujours le temps de poser ses atmosphères. Comme à l'accoutumée, le riffîng n'est pas des plus complexes, mais entre les arpèges et les cavalcades, les deux guitaristes abattent un travail discret mais solide, proche de l'œuvre de Quothron.

 

Le temps ne semble pas avoir de prise sur la voix et la rage d'Alan Nemtheanga. Le vocaliste reste la figure de proue du navire Primordial, sa force motrice. Véritable prédicateur, il apporte constamment une émotion palpable avec une surprenante impression de facilité (et pour l'avoir vu récemment avec Dread Sovereign, ce sentiment se confirme live). Certes certains pourraient lui reprocher de sur-jouer, mais cela fait entièrement partie de son charme, on est en présence d'un véritable interprète, chose rare dans le Metal. Il se met entièrement au service de ses textes, toujours très vindicatifs et critiques vis à vis de la société moderne.

 

Exile Amongst The Ruins est dans la droite lignée de ce qu'a proposé le groupe jusque là et devrait ravir les fans. Plus qu'un (grand) album supplémentaire, il est une pierre de plus dans l'identité du quintet irlandais, notamment en parvenant à maintenir des surprises dans une recette éprouvée comme le montrent les chœurs à la fin de "Upon Our Spiritual Deathbed", le riff principal de "Last Call ", ou même les deux premiers titres.

photo de Xuaterc
le 29/03/2018

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 29/03/2018 à 09:54:12

Les trucs en écoute n'étaient pas loin de la cata, au moins pour un, je vais voir pour celui-là. Son précédent était dynamique comme un éléphant dépressif.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 29/03/2018 à 10:16:50

"Exile Amongst The Ruins est dans la droite *** de ce qu'a proposé le groupe jusque là" : ta coquille va comme un gant au groupe, toujours bien à droite. Arf !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 30/03/2018 à 17:07:59

Mais il s'annonce bon en fait après une écoute rapidos. J'adore causer tout seul.

cglaume

cglaume le 30/03/2018 à 18:07:56

:D

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