Profanal - Supreme Fire

Chronique CD album (36:00)

chronique Profanal - Supreme Fire

Evidemment: vu que la prof de SVT est particulièrement croquignolette cette année, mais que par ailleurs tu en as déjà plein le cul des cours, tu aurais trouvé tout particulièrement judicieux de démarrer cette chronique du 2nd album de Profanal sur un jeu de mot évoquant les plaisirs fantasmés de cours particuliers où ladite prof t'aurait fait oublier tes mauvais résultats en maths en t'enseignant les fondements (!) de la proctologie ludique. Mais ne rêve pas: le code de déontologie de CoreAndCo interdit formellement d’user de calambours faciles et de grivoiseries déplacées. C’est pourquoi Profanal restera ici sagement abordé depuis le champ lexical des Profanatica et autre Altar of Profanation, son patronyme n'évoquant dès lors plus rien d’autre que ces agissements provocateurs visant à souiller des symboles sacrés (… ce qui, note bien, n’exclut pas pour ce faire le recours à une bonne petite sodo bien sauvage).

 

Mais en dehors de son patronyme, le groupe italien dont il est ici question ne fait rien pour attirer les quolibets. Car s’il évolue bien dans un genre relativement désuet – le Swedeath – et que le porteur du micro est une charmante demoiselle – Rosy –, je vous mets au défi de trouver quoi que ce soit à redire à ce Supreme Fire qui place nos zoziaux dans le haut de l’arbre hiérarchique du genre. Car au lieu de se contenter de plaquer 3 riffs gras sur des rythmiques hyper plombées, comme le fait la grosse majorité des arpenteurs de marécages suivant les préceptes des grands anciens de Stockholm, le groupe construit ses morceaux avec beaucoup plus de minutie, et s’il ne crache par sur quelques plans plus Punk lorgnant vers les débuts du genre, ce n’est pas par attachement aveugle aux sacro-saints Dieux Simplicité et Groove (ce dernier ne manquant pourtant pas à l’affiche): c’est juste que le groupe réussit remarquablement bien à intégrer les invariants du genre à des structures un poil plus riches, rendant par-là l’habituel brouet beaucoup plus convaincant, voire attirant, que la moyenne.

 

Du coup, alors que pour aller vite, on a généralement tendance à décrire les albums décents du genre d’un rapide:

« Déjà vu, mais bien sympa »

Ici on se voit obligé de se fendre d’un plus laudateur:

« Plein d’éléments classiques, certes, mais rudement malin et carrément séduisant! »

 

C’est qu’en plus de l’habituel son cracra généré par la fameuse pédale HM-2 (quoique le son ne soit pas aussi bourbeux que chez certains), Profanal n’hésite pas à aller au-delà des frontières habituelles de ce sous-genre ultra-codifié pour toquer tantôt à la porte du Morgoth de Cursed, tantôt à celle du Pestilence de Consuming Impulse (c’est que Rosy prend parfois de faux airs de Martin van Drunen), voire à celle d’Obituary (au début de « Close The Coffin » par exemple). Ce qui ne l’empêche pas de frôler le plagiat Entombedien sur « Considered as Gods » (petite déception, d’ailleurs, pour ce final trop convenu).

 

Classique, rentre-dedans, chatouilleux du lance-obus, Profanal propose pourtant un Death old school varié et enthousiasmant loin du simplisme ambiant. Et au final il faut bien avouer qu’il n’y a pas grand-chose à jeter sur cette galette pas aussi générique que la production de bon nombre de ses congénères. C’est donc avec joie – voire appétit – qu’on se plie aux injonctions de ce prof d’un genre un peu particulier, lors des cours duquel on vous conseillera quand même de porter des gants: les grumeaux swedo-rectaux, ça finit vite par salir!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: les Italiens de Profanal font dans le Swedeath malin, celui qui use des éléments les plus jouissifs du genre – groove bubonneux, accélérations assassines, allure de panzer des marais –, mais qui ne dit pas non à un poil de sophistication, voire d’ouverture vers les univers Death old school adjacents.  

photo de Cglaume
le 03/10/2016

2 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/10/2016 à 13:46:22

Habitué que je suis au chant de Gorgone avec mes amours crusties, tu as bien fait tout de même de préciser que c'était une Rosy au mic et non pas un Benito Goretsson.

darkangel91

darkangel91 le 06/10/2016 à 08:28:27

pourtant l'est pas épaisse la dame. ça faire peur quand même!

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