Projekt F - The butterfly effect

Projekt F - "The butterfly effect"
chronique Projekt F - The butterfly effect

 

L'étrange entité Projekt F revient aux affaires après un hiatus de quelques années, un album Skins qui croisait le fer avec le fameux Pretty Hate Machine pour un succès assez confidentiel de ce côté ci de l'Atlantique. Le leader Johh (oui, avec le h à la fin – pour bien aspirer sans doute) Miller paye de sa personne pour illustrer le tableau, un peu à la manière de Anna Varney de Sopor Aeternus. Pensez bien au sérieux de l'affaire !

 

Ça démarre en douceur pour accueillir un riff bien néometal dans sa conception, et puis la voix de Miller emporte tout, entre rage et sentence. La formule a beau être éculée, ça fonctionne toujours et quelques notes de piano jouent avec nos émotions, on rentre dans ce disque... littéralement. L'histoire nous fait revivre ces moments presque insipides qui font basculer une vie entière. L'effet papillon, oui où ce coup d'aile amène de grandes catastrophes. Une manière imagée d'exprimer une loi mathématique. Projekt F tente d'y mettre des mots et des sons.

Le combo « The butterfly effect » + « Tongue » est bien plus qu'un frémissement.

« Cut your wings » se déploie sur le même fond... dans le phrasé calme plane le voile d'Anna Varney, surprenant. Sinon, oui ça bastonne..

 

Ah la bonne idée de finir un morceau sur l'intro du suivant... On voyait ça dans les années 70, dans les grands albums concepts... oui et dans The Fragile aussi. C'est que musicalement, si le fond néo est là à tous les étages, on sent bien que les travaux de Trent Reznor occupent pas mal les esprits des montréalais. Cependant réduire le groupe à un groupe néo jouant sur les bases édictées par le grand Trent serait une erreur d'appréciation.
Projekt F a de la personnalité à revendre et les aptitudes pour le démontrer. La voix (toujours), les riffs malins, et la session basse-batterie qui fait groover tout ça.

 

Bien dans leur temps, ils n'oublient pas l'Histoire, le temps de l'interméde acoustique « 03​:​47​:​09​:​08​:​1945 », en hommage à la dévastation qu'a connu Nagasaki. « Fat Man » qui suit, traîne dans le gras de Static X avec une bonne gueule de single.

 

Le terminus « When the Angel fell from the sky », prévisible en mode ambiant rempli l'espace d'un flux beau et apaisant.

 

The butterfly effect a tout pour figurer à la porte de tous les top 5 de l'année. L'accroche de cet album entre furia et harmonie malicieuse devrait plaire à un grand nombre. Il y'a une forme de classe naturelle dans cet ouvrage, sans fausse modestie et avec un vrai parti-pris totalement assumé.

photo de Eric D-Toorop
le 21/12/2016

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