Promethee - Convalescence

chronique Promethee - Convalescence

« Hey cglaume, tu tentes le dernier Promethee? L’album brasse Hardcore Metal et Djent, et ça sort chez Lifeforce Records… »

 

Mouais, fais-moi rêver tiens… On a vu marketing mieux ciblé dis donc!

D’ailleurs, au fait: Lifeforce, c’est pas un label spécialisé dans le D’jeune Metal? Oui, bon, c’est vrai: ils ont hébergé For The Imperium il fut un temps. Et rien que pour ça, respect. M’enfin « Hardcore metal / Djent », là comme ça, bof. Pas que ça me foute les foies – en même temps ce serait raccord – mais ça peine à affrioler mes récepteurs à ondes positives. Par contre cette pochette, quelle classe! Allez, vas-y: je vais l’écouter ton promo…

 

Mais dis voir: le morceau-titre – qui, non content d’être le porte-étendard de ce 3e album, assure en plus l’ouverture des hostilités –, il ne se serait pas un peu trompé d’époque? Ce mélange de Melodeath et de Thrash / Death, qu’on se croirait presque dans le grand Nord, entre Hatesphere, Dimension Zero, les vieux The Haunted et Soilwork, c’est ni très Djent, ni très Hardcore! Oui les grognements, les parties moshy, j’entends tout ça. M’enfin l’artillerie derrière, et ces belles mélodies: tu ne vas pas me dire que tu vas vendre ça à des nerds, ou à des rats de salles de muscu quand même? Décidément, t’es nul en marketing! Bon, OK, « While You Stood Still » a des atouts sérieux pour séduire les fans de Hatebreed. M’enfin ça part quand même vite dans la mélodie finement ciselée, et les riffs tapent plus dans le Thrash venteux que dans le Core hargneux!

 

Mais c’est surtout à partir du très bon « Endless » que le groupe se cale enfin sur des rails stylistiques qu’il ne quittera plus jusqu’au conclusif « Old Bones ». L’approche devient alors à la fois ample et plombée, les mélodies se font sombres et vaporeuses, la lead part se caler en surplomb pour dominer le vaste paysage ainsi dépeint, la trame rythmique se retrouve parsemée de convulsions judicieuses et de décalages Meshugratinés… Ça ne vous rappelle rien? Le Gojira de From Mars To Sirius. Hacride. Textures. Clampdown. Om Mani. J’en passe et des plus Klonosphériens. Ce « Metal moderne », dont la brutalité pouvait culminer sous l’appellation « Modern Death », quand vraiment ça lattait dur. Oui, c’est bien le propos que tiennent les Suisses de Promethee sur ce Convalescence dont, pour le coup, la pochette reflète bien le contenu musical, à la fois classe, sombre, fort et contrasté.

 

Bien sûr, Promethee a une histoire, un passé, et des goûts qui n’ont pas non plus changé du tout au tout. Du coup, par moment (sur « Soiled » tiens), le groupe nous repropose une petite bagarre bien grasse et quelques chœurs de brutasses à bandana, histoire de se dégourdir les phalanges et la casquette. Mais cela reste l’exception, et en fermant les yeux on pourrait souvent se croire revenu à cette époque – les années 2000 – où toute une génération de fans de Death Metal, de Meshuggah et de belles mélodies tentait de réinventer le Metal en le rendant, au passage, plus présentable. Et Convalescence répond aux plus hauts critères qualitatifs dans le genre. Ainsi, quand on laisse couler « Endless » jusqu’à cet instant où une lead délicate brode sur fond de coups de boutoir sismiques (à partir de 3:29), ou quand on suit « Witness » jusqu’à la monumentale déferlante qui, succédant à une plage de calme avant la tempête, dévaste la place du village, le Prisunic, le bar PMU, jusqu’à la station-essence de M. Esso au départ de le Départementale (cf. 2:47), on retrouve presque ces extases particulières synonymes de début de millénaire. Par ailleurs le groupe ne s’interdit pas quelques petites incartades "autres", comme sur l’interlude instrumental « The Deep End » qui laisse échapper une courte poussée de blizzard Dissection-like (à 1:09).

 

Pour autant, la note attribuée ici reste relativement modeste. Car en blind test on peine à distinguer les Suisses de ces aînés cités plus haut dans ce papier. Et il faut reconnaître par ailleurs que – et là ça n’a plus rien d’objectif – le scribouillard qui tient ici la plume est passé à autre chose depuis. Du coup il faudrait vraiment taper très haut et très fort pour réussir à lui mettre suffisamment de paillettes dans les yeux afin qu’il arrive à oublier un instant les sorties concomitantes des derniers Dirty Shirt, Devin Townsend, Vltimas ou Step in Fluid qui accaparent tout son esprit ("concomitante"? On me dit que Convalescence est sorti en octobre 2018…). N’empêche, les amateurs de ce Metal autrefois qualifié de « moderne » et auquel on a consacré rien de moins que tout un paragraphe, là, un peu plus haut, vont se faire un bon sang de trip jouissif quand ils auront mis la main sur cette petite pépite!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: te souviens-tu l’ami de cette époque où la Klonosphere et ses groupes semblaient impulser une nouvelle trajectoire au Metal extrême classieux? Les « débuts » de Gojira et Textures, les rythmiques improbables, les riffs caoutchouc, les majestueux panoramas et la terre qui tremble? C’est ce trip délicieusement régressif auquel t’invite aujourd'hui le 3e album de Promethee.

photo de Cglaume
le 15/04/2019

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