Purple - Bodacious

Chronique CD album (35:00)

chronique Purple - Bodacious

Hanna et ses deux hommes auraient-ils la gueule de bois ? 
"Faire la fête, boire des verres, s'amuser, have fun blablabla", c'est à peu près en ces termes que la chanteuse résumait bon nombre des textes et l'atmosphère de leur premier album "409" (L'album de la semaine / Canal+ / 2014).
 

Deux ans plus tard, une tournée mondiale en première partie de groupes qui claquent et des milliers de kilomètres dans leurs Etats-Unis, des dizaines de fûts de bières et quelques litres de vomi, les Purple reviennent avec un "Bodacious" de lendemain de cuite.

Les intentions sont pourtant bonnes : après un premier album réussi mais dont on avait vite trouvé les limites musicales (mais pas celles du plaisir de l'écouter), le groupe a tenté de ne pas nous faire un "bis", un "410", bref, la même chose.
Et c'est carrément le cas !... mais ça ne prend pas.
 

La fraîcheur grungy, fun, légère du groupe n'est pas complètement morte et se retrouve surtout sur les deux premières pistes de l'album, histoire que l'on ne soit pas complètement perdus. Ainsi "Backbone" et "Mini Van" rappellent leur précédente sortie.
On retrouve la bonne vieille recette : Hanna qui alterne le chant crié, punky avec un autre plus doux et enjôleur. En face, un groove bondissant (la basse s'exprime largement et efficacement), un riff énergique et une présence vocale masculine qui échange pas mal avec celle de la blonde platine.

Mais le groupe a des envies de douceur, alors, progressivement, le groupe va délaisser le côté grungy-punk pour embrasser la pop.
La transition se fait avec "Bliss" et son refrain entraînant. Le groupe, lentement mais sûrement, délaisse la mélodie globale pour se concentrer sur les refrains, et ça marche plutôt bien sur ce morceau !  Moins sur les suivants...

Purple garde certes sa bonne habitude de faire des titres courts, concis, assez directs, mais ne parvient pas à les rendre "marquants".
"Money" (sur sa seconde moitié) et "Pretty mouth" avec leurs rythmiques reggae témoignent bien de cette volonté de passer à autre chose que la grunge-pop du 1er album, hélas, sur la longueur, le groupe finit par ressembler à du mauvais No doubt sans entrain.
Ce sérieux coup de frein, qui commence après "Medicated" (une sympathique piste qui retourne la recette originelle de création du groupe mettant Taylor en vedette) est rattrapé par les très bons "Be empty" et "Feel the low" (qui clôt parfaitement l'album)
Pourtant, on reste sur cette désagréable sensation de flottement, d'enthousiasme éteint durant 10-15 minutes : c'est à la fois peu et beaucoup, un tiers de l'album.

Malgré tout, Purple garde ce côté sympathique, enchantant, agréable, en étant aussi moins emballant, rongé par sa pop un peu molle... 

photo de Tookie
le 05/08/2016

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