Red Harvest - HyBreed (réédition)

Red Harvest - "HyBreed (réédition)"
chronique Red Harvest - HyBreed (réédition)

Tel un parlementaire français échappant aux mises en examen de la justice, j'ai toujours esquivé Red Harvest. Pourtant formation norvégienne culte de la scène Metal Indus, jamais je ne m'étais penché sérieusement sur sa discographie. Le dernier contact datait de 2001, date à laquelle j'avais voulu les voir live dans une salle directement creusée dans la colline. Mais, traumatisé, dans le bon sens, par le groupe de première partie, je m'enfuyais dès le troisième morceau. Depuis, rideau. Donc, quand on me propose de chroniquer HyBreed, album référentiel du groupe, c'était donc l'occasion de combler une lacune de plusieurs décennies qui entache mon CV. Libre de tout affect et de souvenirs, j'aborde ces lignes vierge de tout a priori.

 

Pour ses vingt ans, le label Cold Dead Matter (un nom qui doit rappeler quelque chose aux fans du groupe, hasard ou réalité scientifique?) nous a réservé une réédition gonflée à la testostérone. Au menu, HyBreed, remasterisé, augmenté d'un second CD comprenant l'intégralité du concert donné par le groupe au Blast Fest en février 2016.

 

La charge de dépoussiérer les enregistrements originaux a été confiée à Cyrille Gachet (Bagarre Générale, The Great Old Ones…). N'étant ni un technicien du son, ni un spécialiste de la version originelle je ne m'étendrais pas sur les différences sonores. Mais en l'état actuel, la balance entre les instruments est très bonne, le son percutant et clair.

 

Musicalement, Red Harvest nous offre un album très ancré dans son époque. CoreAndCo est longuement revenu sur les albums phares de 1996, je ne appesantirais donc pas sur le contexte de cette époque. La force d'HyBreed réside cependant dans le fait qu'il arrive à brasser un grand nombre des éléments classiques du metal et de l'électro de cette période, en y ajoutant ce je-ne-sais-quoi qui le fait sonner typiquement norvégien. Il se dégage de l'ensemble une sensation de linéarité hypnotique, presque tout l'album repose sur le même tempo, lourd, envoûtant, propre à provoquer la transe. Les structures sont épurées, construites autour d'un ou deux riffs simples et circulaires, en alternant séquences méditatives et ambient et passages plus nerveux, toute mesure gardée (on est plus proche d'Helmet que de Nine Inch Nails de l'époque). Il s'agit de la première participation en tant que musicien de Lars "LRZ" Sørensen (que je connais plus pour son travail chez Mezzerschmitt) : son apport est discret mais essentiel au son Red Harvest. Le timbre grave et chaud de Jimmy Bergsten n'est pas sans rappeler les vocaux du regretté Peter Steele.

 

Après plusieurs années de hiatus, Red Harvest, à l'occasion du Blast Fest 2016 (je vous assure, je ne suis pour rien dans la programmation), se reforme pour ajouter de l'exceptionnel au caractère déjà exceptionnel de l'événement. Sur un temps de jeu forcément réduit, le quintet délivre une prestation musclée et plus direct que le visage qu"il a laissé apparaître sur HyBreed, dont aucun extrait n'est joué. Les morceaux sont courts assez proches du Metal Indus de Ministry (quand il savait encore se montrer dangereux). Certains titres ont réellement un côté tubesque, comme « Absolut  Dunkle:Heit » ou « Godtech ». En somme, un groupe beaucoup plus « In your face », qui mérite son statut de culte.

photo de Xuaterc
le 14/03/2017

1 COMMENTAIRE

gulo gulo

gulo gulo le 20/03/2017 à 12:02:16

Grandiose.

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