Red sparowes - Every Red Heart Shines Toward The Sun

Chronique CD album (1:01:36)

chronique Red sparowes - Every Red Heart Shines Toward The Sun
A peine un an après la sortie encensée d'un « At The Soundless Dawn », les RED SPAROWES nous reviennent, toujours par l'entremise du label Neurot Recordings (qu'on ne présente plus ici, on en a déjà fait moult fois l'apologie), pour nous sortir cette fois un album-concept – pas au sens musical du terme mais dans les thèmes qui en ressortent – au doux nom de « Every Red Heart Shines Toward the Sun ». Rouge sur la pochette et dans le nom, on sent bien une idée sous-jacente poindre de sous cette galette; l'artwork moins aguichant (ou lumineux si vous préférez) que sur son prédecesseur nous donne également un avertissement sur son contenu, au cas où on se serait attendu à une redite sans saveur de « At the Soundless Dawn », car il n'en est absolument rien.


'The Great Leap...' (ah ces noms à rallonge) démarre sur une attaque de basse très agressive, ouvrant pour des grattes à la texture toujours très « post-rock », quelques effets plutôt psychés ici ou là pour mieux se poser, une foultitude de mélodies comme habituellement ; chaque guitare y allant de son arpège pour un rendu très dense mais vraiment bon. 'We Stood transfixed...' calme un peu le jeu; la basse s'arrondit un peu pour commencer et on fait plus dans la sobriété (aussi bien rythmiquement que mélodiquement) même si on sent tout de même plus d'énervement que sur « At The soundless Dawn » globalement. Or, évidemment, ce disque reste du post-rock aérien et du bon, on sent plus de travail sur les ambiances sans que ça ne parte à chaque fois dans un déluge de pistes de gratte pour combler le manque d'inspiration, on peut percevoir un petit peu d'épuration ce qui n'est pas plus mal. 'Like the Howling glory...' semble là nous emmener encore plus loin dans l'univers des RED SPAROWES; peu de gratte son clair auquel nous nous sommes habitué et une atmosphère décidément plus sombre; on lorgnerait parfois plus du côté de NEUROSIS que de MOGWAI ou PUPILLE, mais c'est pour mieux nous ravir. Puisque la qualité de composition de ce groupe peut se prêter à différentes couleurs (le vert comme sur le précédent album ou le rouge ici), on plonge sans se poser de question dans le ciel ou dans des abymes moins douces et bleutées, peut importe tant que l'on voyage; c'est ça l'essentiel, non? C'est à l'écoute de l'intro de 'A Message of Avarice' que l'on sent que le groupe n'a pas abandonné de manière définitive les sonorités qui faisaient leur force dans l'opus précédent, ils les utilisent de manière plus parcimonieuse et évitent d'emballer trop le tempo et de multiplier les pistes. De même, le riff d'intro de 'Annihilate the Sparrow' me fait sévèrement penser à un titre de « At The Soundless Dawn », la suite du morceau étant (à l'image de tout l'album) plus dans la retenue mais peut aussi vite virer vers une rythmique alliée à une force mélodique à la PELICAN. S'en suit une interlude au piano 'An by our Own Hand', puis le grave et triste (à l'image de son nom) 'Millions starved...' qui est a déconseiller un jour de pluie mais diaboliquement joli, comme peut l'être la tristesse en général, et on termine avec 'Finally as that blazing Sun...' qui résumerait bien l'album en général; avec ses quelques pauses , ses accélérations énervées à la PELICAN et une expérimentation un peu plus poussée dans l'apposition de riffs n'ayant pas grand chose en commun; ce qui donne de bonnes surprises.


Je n'ai pas osé m'attarder sur le concept de cet album, préférant me concentrer sur la musique (de qualité chez les RED SPAROWES) donc je vais en toucher 2 mots ici: le groupe aborde les régimes totalitaires, sanguinaires et méprisant l'individu, tout un programme... On comprend alors mieux d'où vient cette atmosphère légèrement brumeuse, et on en apprécie d'autant plus la musique qui en sort.
photo de Mat(taw)
le 13/10/2006

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