Remote - Resilient

Remote - "Resilient"
chronique Remote - Resilient

Brouiller les sens.
Brouiller ses sens.
Se brouiller avec ses sens.
Se brouiller. Se saborder.
Être foutu.

 

Voilà à quoi ressemble une écoute du dernier Remote : "Resilient".
Ça commence par la pochette : elle flatte les yeux, excite le bon goût, au point de ne pas songer tout de suite à sa beauté malsaine. 
Mais dès l'écoute de "Fading away", on pige vite que Remote va pomper toute ton énergie et que le pauvre gars sur la pochette : c'est toi.

 

Remote est explosif, tortueux, violent, remuant, hurlant et dégage une énergie brûlante : la même que celle d'une sacrée clique de groupes pour qui la musique ne se conçoit que dans la violence et le chaos contrôlé.

Parce que tout ça n'est pas qu'une simple affaire de cris ou de guitares bruyantes. Il y en a, inévitablement, mais dans cette apocalypse contrôlée, on retrouve aussi une batterie aux puissants soubresauts qui rappellent les deux premiers Norma Jean. Voilà qui te donne une petite idée du truc.
On se laisse écraser sous le poids d'une basse bien noisy à la Pigs, Unsane (ou Kabul Golf klub) : elle ratatine, vibre.
C'est surement la section rythmique qui s'amuse le plus, qui se met le plus en valeur et qui fait le plus gros travail de sape.

 

Dans ces morceaux courts (12 titres pour 33 minutes), on est secoué par des rythmes changeants, tantôt lents et lourds avant d'être balayés par une lourde violence. 
Ce jeu du bourrinage passager et du fracas gueulard se marie avec les ambiances malsaines dans lesquelles on retrouve des traces des boss du game : Converge.
Mais le groupe est loin de chercher à jouer comme les américains. Ils jouent à leurs côtés avec un album qui a encore plus de gueule que le déjà très bon "Starving Blaze And Hollow Shades"
Les français sont plus vifs, plus pointilleux, plus suffocants aussi. Le riffing est tout aussi inspiré et varié...et te fout mal dans ta peau.

 

Malgré l'ambiance délétère et ses pétages de plombs, Remote a un son qui colle parfaitement à ses créations : lourd irrespirable, dans lequel chaque instrument arrive tout de même à se dégager.
Lancer l'album revient alors à faire un premier pas dans des sables mouvants, se débattre sans s'en dépêtrer, s'user jusqu'à ce que soit lâché le dernier décibel.

Et pourtant, bien que l'on soit broyé par l'écoute, il y aura ce curieux sentiment qui pousse à vouloir relancer cette grosse demi-heure. On est vite prêt à s'en reprendre plein la gueule et cracher toute cette bile noire qui sommeille jusque dans les tripes et que le groupe s'amuse à secouer. Finalement, avec Remote, on se sert de sa capacité de résilience pour mieux alimenter son masochisme. 

photo de Tookie
le 16/09/2016

3 COMMENTAIRES

mat(taw)

mat(taw) le 16/09/2016 à 11:13:22

Merci toukene! Ravi que ça t'ait plus!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/09/2016 à 18:15:14

J'ai vu autoprod, Unsane, courte durée et basse qui ratatine ? ça ne manque pas : c'est vraiment pas mal... Envie d'être méchant en écoutant. Du coup, j'écoute...

mat(taw)

mat(taw) le 17/09/2016 à 12:28:55

c'est tout à fait le propos!

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