Rising Dust - 1

Chronique Vinyle 12" (44:27)

chronique Rising Dust - 1

Avec un peu de recul... Je me rend compte que j'ai affaire à un album absolument culte. Car Rising Dust signifie littéralement "le levé de la poussière". Le groupe veut faire entendre par là "le levé des groupes Underground", et l'expression est faible pour qualifier la misère culturelle qui était celle du Doom voici une quinzaine d'année. En 1992 précisément, alors que Cathedral sonnait le début des hostilités du Doom Stoner, que les groupes de Doom Death remportaient un certain succès auprès des metalleux, alors qu'Electric Wizard ou Orange Goblin en étaient à leurs premiers balbutiements...

 

... Non mais attendez c'est dingue quand même, on ne parle que de l'Angleterre là, tous ces groupes sont Anglais, rien de moins ! Vous rendez-vous compte qu'à la même époque, en France, il n'y avait RIEN pour promouvoir cette musique, car personne n'avait encore songé que ça pouvait être absolument génial ?

 

Je reprends. En 1992 donc, naquit le groupe de Doom français Dark White dans lequel figuraient David et Steff. De ce groupe, on ne retient pas grand chose aujourd'hui, hélas, et après une démo, un EP, presque 10 ans de service, la drogue, l'alcool, et peut-être un manque de reconaissance ? Tout cela a eu raison des musiciens qui ont splittés. C'est de ces cendres qu'est né Rising Dust, dont les influences étaient posées directement comme des pierres fondatrices d'un trio fort d'une expérience passée. Pentagram, Black Sabbath, Saint Vitus, The Obsessed, Motörhead, MC5. La liste n'est pas si longue, mais néanmoins très complète. Et à l'écoute de ce 1, on ne peut s'empêcher de ressentir un puissant revival de bikers, tout de jean et de cuir, bandeau ceignant la longue tignasse et les rayban filtrant la moindre émotion.

 

Et on l'apprécie très simplement, ce revival. Avec une bière, avec ses amis, c'est pas de la musique contemporaine intellectuelle, non, là c'est du old-school qui a pour but le headbang instinctif et le bon goût auditif. Un son chaleureux vintage quoique remarquablement produit grâce aux moyens actuels, des morceaux génialement composés, faits de riffs qui condensent le meilleur de toute une époque, avec un esprit rock'n roll omniprésent quelque soit le thème abordé, à savoir très souvent le Witchfinder, "Hell of Witchfinder" même, le premier morceau, qui met d'emblée l'eau à la bouche par un riff puissant et groovy.

 

La batterie fait gentillement son travail, sans trop d'esbrouffe mais sans perdre la main non plus ; la basse vrombit, mais pas trop sourdement non plus ; la guitare, très en avant, opère des variations dont la dynamique surprennent, et ainsi on ressent l'implacable puissance du Doom au milieu du morceau "Absolution". Et bien sûr, la voix. Diable. Il s'agit de l'une des meilleures voix Doom qu'il m'ait été donné d'écouter. Prenez donc le zèle religieux d'un Messiah Marcollin, mais comptez aussi sur un état de la gorge qui tend plus vers les raclements de Lemmy Kilmister, agrémenté de clopes et alcool, sans oublier le zeste d'épouvante dont Bobby Liebling a le secret, et bien sûr, comme il est tellement impromptu de résumer un talent à une recette, il y a quelque chose d'inimitable là dedans.

 

Les incursions d'orgue Hammond sont plus que bienvenues, et on n'aurait pas rechigné à en voir plus. Le meilleur exemple en est "Don't burn the witch". Mais je ne vais pas m'amuser à citer tous les morceaux de l'album non plus, Ils sont à votre droite tout bien listés après tout. Sachez en tout cas qu'il n'y a strictement rien à jeter. Un disque avec des influences patiemment digérées et ressorties avec beaucoup de talent, beaucoup de groove. Mais surtout un état d'esprit Doom, une saveur qui n'a pas grand chose à voir avec le Stoner qu'on se le dise. Jouer entre les deux styles peut vous paraître abstru, d'autant plus que les tempos et le fuzz font vraiment penser à du Stoner. Mais musicalement, Rising Dust joue du Doom.

 

Un humble hommage donc à cet album qui a été réédité en vynil il y a peu, et à un groupe que je ne peux qu'encourager à continuer sur sa sinueuse route 66. Si vous cherchez le flambeau du Doom français, il est là et pas ailleurs.

 

 

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photo de Carcinos
le 20/01/2011

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