Russkaja - Kosmopoliturbo

Russkaja - "Kosmopoliturbo"
chronique Russkaja - Kosmopoliturbo

On les aime. Comme ça, pas autrement: avec des accents slaves tRRRagiques plein le violon et le micro, du soleil Ska sautillant plein les baffles, la folie festive des Balkans plein le moteur, des cuivres mexicains, une basse massivement joviale, et la médaille du fêtard Ska-thanoviste fièrement épinglée sur le poitrail. On voudrait qu’ils ne changent pour rien au monde. Et ça tombe bien: sur Kosmopoliturbo, Russkaja ne change rien ou presque. Pas même cet enthousiasme débordant de jeune premier. Pas même ces bourdes fâcheuses qui, sur Energia!, leur avaient déjà coûté ce demi-point les séparant de la note maximale.

 

Bon alors si si, quand même, nuançons: on trouve bien ici quelques menus changements. Comme un retour à cette bonne vieille largeur d’épaule musicale, ce volume « Metal » qui manquait un peu à Peace, Love & Russian Roll. Comme quelques menues – et bien délimitées – expérimentations artistiques. Et quand je dis ça je pense au catastrophique « Still in Love » qui, non content d’enrober son Reggae de barbe à papa roucoulante, voit le chant de Georgij s'emmoisifier à travers ce genre de vocodeur qui fait le charme des plus grands chefs d’œuvre de Jul et Maître Gims… ** gloups **

 

Du coup, le fil de la chronique m’ayant involontairement fait attaquer précocement le chapitre des loupés, complétons celui-ci, « Still in Love » n’étant pas le seul pas de côté à déplorer. Eh oui, c’est que Russkaja a de nouveau réitéré la boulette du final roudoudou. Après une demi-heure rondement menée, voilà-t-y pas que les sacripants recommencent la mauvais blague d’Energia! en laissant le rideau tomber sur la grosse soupe « Send You An Angel », morceau qui n’aura comme unique avantage que celui d’offrir à votre fiston une occasion d’inviter la jolie petite brunette de CM1 qu’il a dans le viseur à danser un slow, vers la fin du goûter d’anniversaire, quand le Champomy lui aura finalement donné suffisamment de courage pour franchir le pas. Autre petit désagrément: le groupe incorpore de plus en plus à ses morceaux de ces moments propices à inviter le public à scander des « Hey! Hey! Hey! », exercice que j’abhorre tout particulièrement. M’enfin c’est vrai qu’à l’inverse du groupe de Black moyen, ce genre de gimmick se trouve relativement justifié par la nature de la musique de nos amis.

 

Maintenant qu’on a enfin clos le registre des complaintes, rendons-nous à l’évidence: Kosmopoliturbo remonte d’un cran le niveau d'excellence par rapport à Peace, Love & Russian Roll. On s’abandonne donc à nouveau à ce chaleureux tourbillon cosmopolite qui nous emmène aussi bien en Europe de l’Est qu'en Italie, en Espagne ou – un poil seulement – au Japon! Si l’« Internationale » dans son incarnation marteau & faucille vous laisse de marbre, vous devriez par contre franchement apprécier cette version-ci! Car forte de structures simples, de mélodies irrésistibles et d’une chaleur naturelle fortement sourirogène, la tracklist de ce 5e album va vous procurer d’agréables picotements de plaisir. Sur « Alive » vous allez faire tourner les serviettes avec un méchant rictus festif. Sur « Hello Japan » vous allez démarrer la moto d’un bon gros coup de kick. Le temps de « Mare Mare » vous allez engouffrer spaghettis et Chianti chez la Mama de Roberto Benigni. « Cheburaschka » va vous forcer à sprinter comme un dératé, tandis que le feu d’artifice « Chef de Cuisine » va vous faire regretter que le morceau n’ait pas troqué sa place avec « Send You An Angel » pour finir sur un dernier coup d’éclat.

 

 

Bon alors voyons voir la checklist… Recharge du moteur en énergie pure? Check! Envie de se repasser le CD quand, après avoir bossé pendant 37 minutes, la tête de lecture laser s’en retourne se nicher dans sa cachette? Check! Sourire sur la trogne? Check! Fatigue de la nuque qui oscille et des miches qui marquent la cadence? Check! OK, manifestement Kosmopoliturbo passe tous les tests haut la main. Vous pouvez y alleeeeeeer!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: 5e invitation longue durée à aller kazachoker dans les rues de Mo-Ska-w, Kosmopoliturbo est un album pétillant de plus pour Russkaja qui n’abandonne ni ses trémolos RRRussophones, ni ses cuivres enjoués, ni les chromes rutilants de son Metal métissé, pour un résultat qui retrouve quasiment le niveau de qualité d’Energia!. Spasiba tovaritch!

photo de Cglaume
le 21/09/2017

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 21/09/2017 à 20:45:33

Je pense toujours à Gogol Bordello avec ce combo...

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