Seneca - Reflections

Chronique CD album (32 minutes)

chronique Seneca - Reflections
Connaissez-vous l'origine du terme "tube" dans le milieu de la musique ?
Pour ceux qui ne le savent pas encore, il faut remonter dans les années 1950's (avec le très prolifique Boris Vian semble t-il).
Ce terme d'argot qualifiait un succès mais aussi une chanson creuse...comme un tube. Des paroles qui ne touchent pas particulièrement au cœur, une chanson qui laisse un résultat finalement banal mais qui sait malgré tout nous marquer.

Seneca est une machine à tubes.
Du déjà vu, du déjà entendu, un résultat banal pour ceux qui connaissent la scène "-core" actuelle.
Seneca fait cette musique qui semble complexe, variée, mais qui est surtout le résultat d'une mécanique parfaitement huilée et incroyablement efficace.
Mais il n'y a là aucune raison de les blâmer car des albums d'une telle qualité sont l'assurance d'un bon moment.

32 minutes sont à décortiquer :
Reflections est un "album crevette" : on retire la tête, à savoir "Optical". 1min27 d'une instrumentale mais surtout une première minute de quasi-silence totalement inutile. Un gros riff qui en dit long sur ce qui nous attend est ensuite balancé...

On retire la tête mais aussi la queue : le titre éponyme "Reflections" est l'insupportable cliché écœurant de ces groupes qui se sentent obligés de rajouter la "love-touch". On ressort l'acoustique de la chambre d'université, on utilise un piano joué avec 4 doigts pour 2min39 agréables, douces certes, mais qui filent la nausée tant ça sent le bon sentiment et surtout la repompe.

Le reste est à déguster...quoique...
"Pale horse", la seconde piste tire dans le mix. En 5 minutes on a du thrash, du métalcore, même un passage qui rappellera à certains l'inoubliable passage crabcore à la "Attack Attack", maintes fois ressorti dans le monde métalcore : grosse guitare, tempo lent, le tout avec une légère sensation deathcore.
Quant au chant il fallait évidemment s'attendre à du gros braillard mais ça part aussi dans le mélodique et plutôt bien d'ailleurs ! Il y a bien sûr le petit effet de superposition de deux voix mélodiques, puis l'arrivée de la grosse voix méchante.
Résultat moderne, prévisible mais bien fait.
Là où nous aurions dû nous méfier c'est l'utilisation du clavier...ça sentait déjà mauvais pour le dernier titre.

Naïvement, nous avons progressé sur "Black gold" puis "Carousels" qui ne sont que des Picasso de "Pale Horse" : même manière de faire sauf qu'on déforme tout et on change de place le mélodique, le gros riff etc. Bref vous imaginez le topo...pourtant on se fait avoir par cette foutue efficacité...
D'autant plus que "Birds" fait le boulot sans le chant mélodique : on s'attend alors à ce que le groupe continue à muscler son jeu (Copyright Aimé Jacquet).
Que nenni ! "Illusions" déverse tout le quota de mielleux en presque 3 minutes. Sorte d'interlude qui brise une dynamique, ce morceau est d'une parfaite inutilité.
Nous remarquerons juste l'intelligence du groupe dans l'ordre des titres : "29th day" a le meilleur lancement de l'album et s'avère même être le meilleur titre avec son suivant "Creator" : rien de bien surprenant mais une écriture simple, des accélérations qui donnent le tournis, deux guitares surpuissantes et un chant qui envoie ce qu'il a de plus lourd !
Seneca remet tout le monde d'accord en 5 minutes.
"Your heart in my hands" est alors abordé avec fébrilité. Finalement le groupe ne ressort pas ce chant mélo. Il y a bien une hargne moins sévère mais une puissance instrumentale toujours aussi forte.
"Names and faces" ne prend que deux minutes pour séduire l'auditeur avant de le frustrer avec ce dernier morceau.

Reflections est un album en dents de scie qui propose de très sérieux arguments malgré des éléments de déjà-vus, eux même resservis sur quelques morceaux. Sur le sprint final (en ignorant les 3 dernières minutes d'égarement), le groupe fait dans le "thrash-core".
Seneca se présenterait presque comme un achat assuré, et finalement rassurant car rien n'est fait pour nous déboussoler...

(Ce qui en fait un objet presque désolant).
photo de Tookie
le 30/12/2009

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