Sentient Horror - Ungodly Forms

Sentient Horror - "Ungodly Forms"
chronique Sentient Horror - Ungodly Forms

Bordel les copains, on est passé à ça!

 

** place son pouce et son index dans cette posture que les milieux pédo-ecclésiastiques qualifient communément de « branle-communiant » **

 

Avec ce 1er album de Sentient Horror, on est passé à ça de pouvoir ajouter une nouvelle tuerie au panthéon de la planète Swedeath. Ce qui aurait opportunément réveillé une micro-scène qui a de plus en plus de mal à accoucher d’autre chose que – au mieux – d’une redite sympathique de classiques plus pompés qu’un Georges Clooney égaré parmi les filles qui vivaient cachées par milliers à Canary Bay...

 

Parce qu’une fois passée la moribonde et ultra-téléphonée intro « Into the Abyss... » – dont le but est plus de jouer sur l’effet de contraste que de donner un avant-goût de ce qui va suivre – les Américains nous balancent une putain de collection de grosses tartignoles, de méchantes beignes et autre fougueuses soufflantes. Nom de nom: les B-52 volent sacrément bas sur Ungodly Forms, et ils sont lourdement chargés en feux d’artifice! Du moins ceci est-il vrai jusqu’à « Beyond the Curse of Death » inclus...

 

Car « Abyssal Ways » déboule avec le panache d’un Edge of Sanity révélant son visage le plus féroce, quelques tempêtes blastées en ajoutant une couche supplémentaire dans l’effet « Ouragan Katrina ». Car « Die Decay Devour » s’engouffre dans notre piaule avec la violence mélodique « full frontal » d’un Dismember élevé au Tonimalt. Parce que « Blood Rot » donne une leçon magistrale de D-Beat de fond de marais, et que « Splinter The Cross » remet un peu de Viagra mélodique dans la soupière de Papy Entombed. Et enfin parce que « Beyond the Curse of Death » saute à la jugulaire depuis le haut de son 33 tonnes lancé à toute blinde sur la Road of Fury.

 

Par contre, damned: à mi-parcours un mauvais plaisantin balance un méchant coup de pompe sur le frein, brisant dans l’œuf ce fol élan ainsi qu'une histoire d’amour qui s'annonçait à-la-vie-à-la-mort. Mais ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin, euuuh! Ainsi le morceau « Ungodly Forms » (le morceau-titre bordel! M’enfin!??) s’avère aussi lourd que balourd, sans aucune de ces bourrasques requinquantes qui nous pompaient l’adrénaline par pleins jerricanes sur la première moitié de l’album. Et la suite ne relève qu’à peine le niveau, « Suffer To The Grave » traînant lui aussi péniblement la patte en mode vaguement « Rock’n’Roll ». Il n’y aurait eu ce petit frémissement D-Beatesque à mi-parcours, on aurait eu là encore envie de tirer la chasse.

 

Heureusement, les choses sérieuses reprennent à partir de « A Host of Worms », avec force sprints déraisonnables, résurrections de clones bodybuildés d’Entombed et breaks groovy merveilleusement bourdonnants. La cavalcade démarrant « Of Filth and Flesh » remet clairement du cœur au ventre, tandis que « Celestial Carnage » offre le nuage de retombées radioactives qui fait toujours bien en guise de générique de fin. M’enfin ce n’est plus aussi fulgurant, plus aussi définitif qu’au démarrage, la nappe de synthé de « A Host of Worms » tombant un peu comme une perruque dans le potage, les velléités conquérantes de « Of Filth and Flesh » finissant trop vite dans la tourbe Swedeath qui colle-aux-miches… Sans parler de l’interlude j’ai-beau-t’arracher-les-membres-à-mains-nues-moi-aussi-je-peux-verser-une-larmichette « Mourning ».

 

Du coup, de dépit face à ce gâchis (… parce que, sur un EP constitué uniquement des 6 premiers titres, on aurait crié au Messie!), on serait presque tenté de noter Ungodly Forms plus sévèrement que de raison. Sauf que malgré des clins d’œil parfois trop appuyés à Sa Majesté Entombed, et cette seconde moitié plus inégale (...mais largement au niveau du reste de la scène), l’album reste dans le haut du panier de ce qui se fait de mieux dans le genre depuis une dizaine d’années.

 

... Alors gloire à Sentient Horror, gloire à la Boss HM-2, et Beu-eu-aaaaaaaaarghhh au plus haut de l'essieu!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: plus fougueux, plus virulents, plus rapides que leurs camarades. C’est l’impression que donnent les Américains de Sentient Horror, du moins sur la « face A » de leur 1er album. Sur la suite, ça reste très correct, mais seulement « dans la moyenne ». N’empêche: on a le caleçon qui vibre méchamment à l’écoute de ce vigoureux Ungodly Forms!

photo de Cglaume
le 03/05/2017

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 06/05/2017 à 09:43:29

Ah oui bonne pétrolette apparemment.

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