Serocs - The Phobos / Deimos Suite

Serocs - "The Phobos / Deimos Suite"
chronique Serocs - The Phobos / Deimos Suite

A l’origine, quand tout a commencé – c’est bon ça Coco: on dirait une voix off de blockbuster de SF! – j’étais un vrai inconditionnel de tout ce qui se rapprochait de près ou de loin au Techno-Death. Les Death, Pestilence, Cynic, Atheist, Theory in Practice, Disharmonic Orchestra et Sadist: que du Miam! Et même "pourléchage" de babines à l'évocation des cousins du Techno-Thrash, qu'il s'agisse de Watchtower, Wolf Spider, Mekong Delta ou Coroner… Tout était bon dans le tricoti-tricoton! Et voilà-t-y pas que – pas très Hollywood ça, par contre, Coco! – débarquent les Origin, Spawn of Possession, Odious Mortem et autres Decrepit Birth. Et ces affreux jojos d’ajouter une grosse louche de Brutal Death sur leurs doubles croches en triolet. Et de rendre la chose beaucoup moins sexy, beaucoup moins lisible pour un pauvre lapin jaune sans défense… Heureusement que Necrophagist, Beneath The Massacre, Cryptopsy et leurs copains contribuèrent à raccrocher mes wagons au train du Metal chirurgical, sinon on passait à 2 doigts du divorce artistique!

 

« Et pourquoi il nous bassine avec son historique à 3 balles le gugusse? »

 

Parce que Serocs s’inscrit justement dans cette tradition du Death technique méchamment joufflu de la fin des 90s / débuts des années 2000, qui m’avait mis minable et fait me sentir vieux avant l’heure. Car ce super-groupe international (Antonio Freyre, Mexique, the Boss – Phil Tougas, Canada, guitare, First Fragment / Equipoise / … – Antoine Daigneault, Canada, basse – Kevin Paradis, France, batterie, Benighted / Agressor / … – Laurent Bellemare, Canada, chant), qui réalise ici son 4e album, se place officiellement dans la lignée de Spawn of Possession, Cryptopsy, Severed Savior et Gorguts. Ce qui est synonyme pour moi de saignements anaux, de ruptures d’anévrismes et de globes oculaires colorés par claquages de vaisseaux sanguins.

 

Là, comme ça vous avez une bonne idée de là où on va, et de pourquoi on y va…

 

Or il se trouve que les plats musicaux ici servis sont fidèles à ce que le menu laisse entendre: The Phobos / Deimos Suite, c’est du vicieux et du sauvage. De l’agitation incessante façon feu follet. Du crépitement généreux de batterie-mitraillette. D’abondants torrents de plans chaotiques et de gifles véhémentes. Pas de solos (‘y a pas écrit « fillette »!), peu de répétitions (t’as besoin de ça pour mémoriser les mélodies?), de rares aérations (cf. l’interlude « Lethe »), du gruik borborygmesque, des structures mouvantes: marche ou crève, quoi!

 

Alors: « Branque, Serocs » (t’imprimes?) ou « Ça roxe, Serocs »?

 

Vu le préambule et la note, vous aurez compris que je ne suis définitivement pas le cœur de cible du groupe. Pourtant, si la chose est un poil trop charbonneuse et hérissée de piquants, il serait malhonnête de ne pas reconnaître que même les cœurs d’artichaut de mon espèce auront ici de quoi bicher. Parce qu’il arrive qu’apparaissent, au détour d’un noir corridor tourmenté, de belles mélodies séduisantes. Parce qu’on doit parfois retenir une mâchoire qui aurait sinon tendance à se décrocher d’admiration (à l’écoute du superbe « SCP-106 » par exemple). Et parce que certains assauts rappellent avec force le Cryptopsy de la grande époque (cf. « Nonbeing » et le sublime assaut mené  de 3:20 à 3:47, ou le génial « Nihilus » qui rappelle étrangement « Phobophile » parfois). M’enfin ces bons côtés sont contrebalancés par des morceaux trop usants (« Oneirology »), des approches trop rampantes (« REM(nants) ») et un final de plus de 11 minutes censé être le pinacle des climax, mais qui, à l’exception de 2 superbes dernières minutes, est plus dans l’agitation constante que dans la peinture de beaux tableaux (…« Comment s’attirer le mépris en 5 secondes, par cglaume »).

 

Alors oui, c’est sûr, The Phobos / Deimos Suite est une riche plâtrée de Death exigeant et féroce, et les amateurs apprécieront. Mais perso il m’a laissé au sol après un coup de corne hostile et une longue séance de piétinement, ce vilain rhino Serocs…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: le Death Technique, ce ne sont pas uniquement de voluptueux rubans de partitions fiévreusement noircies de notes et entourées de petites fleurs, d’une nature luxuriante et de galaxies lointaines. Bref, ce n’est pas que Nocturnus, Death, Gorod, Beyond Creation & co. Ce sont aussi de grosses brutasses aux ongles noirs mais aux doigts agiles qui esquissent d’impressionnantes mais cauchemardesques compositions dans la lignée des Spawn of Possession et (early) Cryptopsy. Alors si votre ADN est compatible et que la chose vous botte, essayez The Phobos / Deimos Suite sans hésiter.

photo de Cglaume
le 17/05/2019

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