Serpent Throne - Ride Satan Ride

Chronique CD album (40:10)

chronique Serpent Throne - Ride Satan Ride

"Il se cache dans l'ombre du canyon de Topaganda. Le temple de Shiloh, qui a été lié pendant des décennies à de sombres affaires occultes, repose calmement. Peu le savent, mais cette mystérieuse structure a été l'épicentre du mouvement satanique hippie, si rarement mentionné."

Ce disque est une bande sonore originale proposée pour un film. Un film légendaire. Il s'agirait du vrai/faux reportage d'un journaliste infiltré dans une secte hippie satanique des années 60, formée de bikers écervelés bourrés de drogues, vivant à l'écart de la civilisation, hors la loi. Leur culte voué à Satan devait leur apporter l'immunité face aux crimes qu'ils ont commis.

 

Il y aurait eu un véritable enregistrement de la part des bikers, qui se serait déroulé au Sonic wind studio, durant la nuit de l'équinoxe d'automne (en 1966 que ça ne m'étonnerais pas), terminé à 3h33 exactement, tout en menaçant le malheureux producteur du studio.

L'histoire présente, fumeuse et proche des folies d'une Manson familly (dont le Chopper cult serait le fournisseur de drogues préféré) se poursuit par des sacrifices sanglants et autres débauches menant à la perdition. Faite de rites et d'incantations, le récit encense de son aura malsaine cette musique qui est une sorte de reconstitution la plus fidèle possible de l'atmosphère équivoque.

Guidés par un authentique fantôme de Black Sabbath, le groupe revisite les années 60-70, et on y retrouve tout ce qui s'y fait de mieux en proto-heavy metal, proto-doom, avec pour inspiration Coven dans "Veil of the black witch" et "Blood rites", un poil de Blue cheer et de Black Widow, bref tout ce qu'il faut. Oui, mais surtout Black Sabbath (influence assumée quand on pense au titre "Black Stabbeth"). Le riff est trop typé Iommi, la batterie est vraiment trop proche du Bill Ward pour qu'on ignore la pesante inspiration principale de Serpent Throne. Il n'y a que la basse qui se fait bien trop discrète pour qu'on reconnaisse un Geezer Butler. Quoi qu'on en dise, la différence entre copier et s'inspirer d'un groupe se voit au jugé des morceaux, et c'est dans "Chrome wolf" que les louveteaux délivrent la toute puissance du riff Sabbathien, par des structures imparables.

Le point sensible de l'album, c'est qu'il est totalement instrumental. Les membres, Demian (Otesanek, Doom death), Don, Colin, Sean Paul, ont fourni là un superbe travail, complet dans leur concept et réalistes dans leur superbe musique, mais à laquelle il manque une voix, et je dirais même des samples de rituels, pour compléter ce magnifique tableau.

La pochette étant la raison pour laquelle j'ai acheté les yeux fermés ce LP, vous devinerez aisément tout le bien que j'en pense, tout ce bon goût caché dans ces collages à l'ancienne, et surtout, ce dont je peux vous assurer, c'est que cette pochette reflète exactement le contenu musical du disque.

Pour ceux qui découvrent The devil's blood, Blood ceremony, Jex Thoth et Witchcraft, cet album leur est dédié, car c'est sans concession aucune qu'on bouffe du riff Sabbathien tout le long de ce 9 titres.

A présent, dans un ordre plus pratique, l'écoute optimale de ce disque doit se faire durant l'équinoxe d'automne, à 3h33, afin de fêter l'anniversaire de son enregistrement.

 

 

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photo de Carcinos
le 18/01/2011

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