Shaarimoth - Temple Of The Adversarial Fire

Shaarimoth - "Temple Of The Adversarial Fire"
chronique Shaarimoth - Temple Of The Adversarial Fire

Que voilà d’obscurs oiseaux norvégiens.

Formé en 2004 avec seulement deux prod à leur actif dont celle-là, qui termine 12 ans de glandouille, le trio constitué par Shaarimoth interpelle.

Déjà les gaziers se la jouent plus rituels que la facture de votre mutuelle, plus occultes qu' un marabout qui exulte et plus flippant que le Horla de Maupassant.

Un peu mégalos ? Voui peut-être. Mais dans le créneau, c'est presque obligé pour faire les gros méchants.

 

Thématiquement parlant, on nage en plein mysticisme kabbalistique et ses aspects les plus sombres. Musicalement, c'est loin d'être simple aussi.

La plaque débute comme si on avait à faire à un vague clone de Behemoth. Il va falloir donc passer sur cette intro plutôt bateau pour que la bête se réveille, inquiétante de part ses moments d'accalmie, et ses structures torturées. Okay certains riffs pourront rappeler un certain Nile mais on nage plus dans les compos alambiquées de Morbid Angel et les solos à la Azagthoth que dans le traintrain égyptien de Karl Sanders.

Avec Shaarimoth, ce n'est pas la violence sous PCP qui prédomine même si l'album comporte son lot de blastouille. Le Doom ajoute ainsi quelques éléments à l’équation ténébreuse. Trio oblige, la basse n'est pas mise de côté et ce qu'on entend d'elle révèle un jeu non euclidien pour du Metal extrême.

Le son demeure finalement assez undergound sans prétention mais efficace. Les fans de prod gavées d'anabolisants pour chevaux resteront donc probablement sur leur faim. Le chant est particulièrement intéressant pour une fois dans le genre. En effet, il se partage entre le guttural féroce, le déclamé fanatique et le fantomatique incantatoire. C'est maladroit parfois mais la linéarité n'est pas de mise.

Voilà pour une présentation générale et passons à quelques morceaux ayant retenu mon attention.

 

"Elevenfolded Wrath Of Sitra Achra" (Sitra Achra étant le royaume du mal dans l'ésotérisme judaïque) apparaît comme une cérémonie reptilienne où le Grand Prêtre harangue ses fidèles. La lenteur relative du morceau aux breaks étranges permet d’asseoir une ambiance réellement lugubre. "Lord Of Putrefaction" commence également comme une véritable prière avant de tordre sa structure en pandémonium BM de la crypte. La rage développée par le morceau tranche alors avec le côté vieux temple poussiéreux qui prédomine en son début.

"The Fires of Molok" ne fait dans la bagatelle non plus. Déjà, Moloch est un dieu dévoreur d’enfants qu'on sacrifiait, selon Diodore de Sicile, dans une fournaise au cœur d'une statue du dieu. Mais le morceau cache en son sein une fin mélancolique plutôt surprenante à défaut d'être réellement bien intégré au morceau. "Harba di Ashm'dai" (Le Grand Prince, progéniture de Litith et du Roi des Démons Ashm'dai) avance inexorablement, piétinant les Sephiroth au profit de l'entropie des Qliphoth. C'est donc bien la vision apocalyptique de la Kabbale qui est privilégié ici.

Bon, à ce stade, on s'en doutait un peu. "Point Of Gress" ose une incartade opératique avec chant féminin. Très pompeux, le morceau tient tout de même la route par la violence qu'il déchaîne par la suite.

 

Temple Of The Adversarial Fire n'est pas exempt de maladresses, notamment dans ses multiples variations parfois pataudes mais la plaque retient l'attention sur la longueur. Le fan club d'Aleister Crowley va kiffer sa mémère.

photo de Crom-Cruach
le 07/02/2017

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