Skeletonwitch - Devouring Radiant Light

chronique Skeletonwitch - Devouring Radiant Light

 

 

Pas besoin d'être Œil-de-Lynx-Qui-ne-Scille-Jamais pour constater la chose suivante: plus ça va, plus les pochettes de Skeletonwitch s'éloignent des standards en vigueur dans le monde merveilleux de Mon Petit Poney. Et comme si l'assombrissement de la palette chromatique ne leur suffisait pas, sur Devouring Radiant Light, les Américains ont été jusqu’à gommer leur logo de la vitrine, celui-ci étant sans doute encore trop typé « planche de skate et veste à patches » pour cadrer avec l’endââârkisation de leur esthétique.

 

... Maiiis euuuuuuh! Moi j’étais attaché au jubilatoire et vivifiant mélange des extrêmes pratiqué sur les précédentes galettes. Tout a l'air si lugubre à présent... Il y a vraiment un risque que je me casse le nez et le moral sur ce 6e album Docteur?

 

Mouais. Il faudrait avoir la cloison nasale et l'humeur aussi sensibles qu’un scrotum sans défense offert aux assauts d’un tatoueur vindicatif pour être rebuté par cette nouvelle livraison de la sorcière osseuse. Parce que les 8 nouveaux morceaux continuent de combiner Black épique, vaillantes cavalcades Heavy, légères pointes Rock ainsi que de pleines amphores de mélodies mélangeant Feu et Froid. Néanmoins il est vrai que Skeletonwitch laisse dorénavant beaucoup plus d’espace à la facette la plus paintcorpsée de sa personnalité, qu’il s’agisse de douceurs mélodiques à la Thy Serpent, de courses en traîneau à la Dissection, de coulées de plomb flirtant avec le Dark dépressif, ou de ces excursions en mer qui nécessitent le port du casque à cornes. Exit ou presque les velléités punky, exit les cinglants coups de fouet durant entre 2 et 3 minutes... Les tempos sont dorénavant plus assagis, les plages contemplatives plus nombreuses. Et la moitié des morceaux dépasse à présent allègrement les 6 minutes, avec une pointe à presque 9 minutes pour « The Vault »!

 

Ma parole, ils ont remplacé la Taverne de la Gueuse qui Boîte par un Temple à la gloire de Skeletor ou bien!?!

 

Oui, il y a de ça... Sauf que les charges sont toujours aussi glorieuses, et les riffs toujours aussi abrasivement catchy. La mélancolie de « Fen of Shadow » ne freine pas tant que ça l’allure de notre fier destrier. Malgré une certaine tendance à la déprime, le morceau-titre a encore la forge pleine de riffs brûlants (pépite en vue à 2:41!). Et puis la fougue des opus passés est encore bien présente sur des morceaux comme « Temple of The Sun » (une fois achevée la première minute introductive) et « Carnarium Eternal ». Et même si « The Vault » a du mal à masquer quelques longueurs (sur la première moitié notamment), il s’impose tout de même comme une belle aventure épique bien troussée et pleine de rebondissements.

 

Alors c’est vrai, Skeletonwitch abandonne en partie cette fièvre quasi-festive qui en faisait le compagnon idéal de notre autoradio. Mais la qualité et les mélodies sont toujours là crénom! Et puis côté son, ça croustille comme un beignet sorti de la poêle – Kurt Ballou (prod) et Fredrik Nordström (mix) ne sont pas de grands chefs multi-étoilés pour rien! Du coup, malgré les changements, Devouring Radiant Light contentera sans mal les fans old school, même si ceux-ci ne sont pas plus que ça friands des soirées « Chauve-Souris et Crucifist »…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: c’est vrai, Skeletonwitch délaisse de plus en plus son pur-sang Heavy / Thrash / Black / Punk pour se faire des virées en traîneau avec ses copains pandas des neiges. N’empêche, les ballades restent agréables, les mélodies lumineuses, et la qualité au rendez-vous. Alors malgré un éventuel mouvement de recul initial (c’est quoi cette pochette? c’est quoi ces ambiances à 85% beuhmeuhisantes?), il faudra quand même essayer ce nouvel album qu’il-est-bien.

photo de Cglaume
le 17/08/2018

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