Skitarg - Tarmageddon

Skitarg - "Tarmageddon"
chronique Skitarg - Tarmageddon

Ils sont grimés comme des clowns version beumeuh. Ils sont confrontés à des hordes de zombies cartoonesques. Ils ne blablatent qu’un Suédois plein de R gouleyants et de O barrés dans tous les sens du terme. Ils sont les héros d’un roman / BD de plus de 100 pages derrière la couverture duquel est solidement arrimé le CD dont on vous cause ici. « Ils », ce sont les affreux barjots de Skitarg. Et ce n’est pas parce qu’on avait zappé Tarmageddon, leur 3e album, à l’époque de sa sortie (il y a 2 ans) que l’on va se priver de braquer les spots sur lui aujourd’hui… Car c’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de se passer dans les feuilles ce qui s’approche le plus – à ce jour, mais peut-être avez-vous des contre-exemples? – d’un opus de « Nawak Melodeath ». Allez, on saute quelques lignes, histoire de rester lisible, et on continue de bavarder plus avant de la chose.

 

Alors « Nawak Melodeath » est une appellation vite emballée, mais un peu mal pesée. La réalité c’est que Skitarg s’illustre dans un Metal ayant un bon pied dans l’extrémisme mélodique – cf. Dark Tranquillity, In Flames & co –, avec ce que cela sous-entend d’effusions décoiffantes, de cocktails growls & shrieks, de mélodies scintillantes et de guitares lead made in Heavy Metal. Mais son autre pied (que l’on avait presque oublié au sein des méandres de la phrase précédente) trempe avec gourmandise ses orteils dans la piscine chauffée du Nawak US, ses grosses blagues, ses hors-sujets éparpillés ci-et-là, ses sketchs nombreux (… trop! Et en Suédois!) disséminés tout du long de la tracklist. A cela il faut encore ajouter un goût un poil trop prononcé pour les refrains sucrés en chant clair, et une diction rappelant par moments étrangement le phrasé « rose manga » des artistes japonais. Ce qui a pour heureux effet collatéral, compte-tenu de la dimension Nawak de la chose, d’évoquer par moment les joyaux zigotos de Maximum The Hormone.

 

Alors on récapitule: du Melodeath à refrains sucrés nipponisant plus les pouët pouët du Nawak US… Résultats? Arch Enemy + Maximum The Hormone + Psychostick? Pas loin Baudoin!

 

Petits bémols supplémentaires – en plus des longs intermèdes blablato-krisprolls et du chant clair Heavy sucré ci-dessus dénoncés: 1) les morceaux sont globalement sympas, mais finalement assez classiques 2) le son a tendance à saturer. D’où, globalement, la tiédeur avec laquelle on jauge ce Tarmageddon.

 

Maintenant ce côté déconno-jovial, ces séances de Human Fart Box (au début de « Ångmaskin ») ou ces quelques épisodes de pastiche Heavy pouvant rappeler Nanowar ont tendance à émousser la lame de notre critique. D’autant que certains morceaux – notamment vers la fin de l’album – sont vraiment bons. Mention spéciale à « Ojojojojoj », cuisiné à la sauce Troldhaugen, qui prouve que, finalement, la fusion Nawak / Melodeath est non seulement possible, mais qu’elle peut être carrément pertinente et faire salement mouche. D’ailleurs si tous les morceaux avaient été de cet acabit, l’opus aurait plané sacrément haut dans l’Olympe des merveilleux OVNI du genre. Sans parle que le « roman graphique » livré avec ces 11 titres est somptueux… Dommage que les non-suédophones n’y puissent rien entraver!

 

Si vous êtes en recherche d’un peu d’inédit métallique déconnant et joliment emballé, et que vous salivez à l'évocation d'un univers visuel situé entre Planet Terror et le Giggles, Garlands & Gallows de 6:33, vous savez désormais où effectuer vos prochaines tribulations métalliques. Et comme disait Alain Houblon: « Si tu m’crois pas, hey, Tarmageddon à la récré! ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Arch Enemy, Crotchduster, Maximum The Hormone, Nanowar et Troldhaugen auraient adopté le Suédois pour nouvelle langue et uni leurs forces afin de créer une entité mélo-débilo-métallique, le résultat aurait tout à fait pu sonner comme Tarmageddon. Un album certes pas sans défaut, mais étonnant, et pas loin d’être même carrément convainquant.

photo de Cglaume
le 14/11/2016

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