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Sleep Terror - "El Insomne"

Sleep Terror - "El Insomne"
chronique Sleep Terror - El Insomne
8/10 0

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CD album CD album (23:29)

 

Style musical : 

Nawak brutal shred

 

Année : 

2018

 

Tracklist :

01. El Insomne
02. The Wounds that Unheal
03. Nostalgia Painted Black
04. De Todo a Nada
05. Screams of Tenerife
06. Irie to Agony
07. Panacea
08. Bedfast Catharsis

 

Label : 

Autoproduction
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... Pourtant, sur la question, les Pet Shop Boys avaient été sans ambiguïté: « Go Weeeeest! ». Mais Luke Jaeger – Monsieur Sleep Terror – n'a que faire des conseils: lui, ce sera cap au sud. Déjà parce que depuis Seattle, si on part vers l'ouest, on a rapidement besoin de bottes en caoutchouc, puis d'un masque de plongée. Et puis au sud, c'est le soleil, les palmiers, les mojitos. Alors il n'y a pas photo! Pour son 3e album, la Terreur Nocturne emmène donc son Nawak Death instrumental sur les plages mexicaines. D'où le titre El Insomne. D'où le squelette mariachi figurant à l'intérieur du CD (). D'où le morceau d'intro qui nous réveille en mode Flamenco, façon Rodrigoreiller y Gabrielascive. D'où le Surf Rock Pulco citron de « De Todo A Nada » qui met un sombrero à la guitare bourdonnante de « Misirlou ».

 

Et puis finalement, tout bien considéré, l'expédition vers Guadalajara ne s'aventure guère plus loin. Parce qu'on ne transforme pas un groupe avec une telle personnalité en une caricature du Sergent Garcia en seulement 3 ans. C'est juste que le mélange déjanté de Death brutalement technique, de Funk et de Surk Rock qui est la marque de fabrique du groupe pouvait sans problème accueillir une dose supplémentaire de rayons de soleil et de piments... Alors pourquoi s'en priver, surtout quand on sait qu'El Insomne est sorti au début de l'été! Mais pour l'essentiel, la patte de M Jaeger reste inchangée: il passe une fois de plus l'essentiel de la (toute) petite demi-heure que dure l'opus à mettre en scène les contrastes les plus extrêmes, faisant se succéder les bourrasques techniques d'un Necrophagist avec les doigts qui claquent d'un Funk déluré, enchaînant des mosh parts monumentales façon Brutal Death US avec les chemises hawaïennes des Beach Boys, le tout sans qu'une seule corde vocale ne soit blessée pendant l'exercice.

 

Finalement, ce qu'il serait plus pertinent de mentionner ici, ce sont toutes ces petites améliorations annexes qui prouvent que, bien que l'image d’Épinal usuelle dépeignent les guitar heroes comme des êtres à l'ego surdimensionné, cela ne les rend pas forcément imperméables à la critique, et ne les empêche pas de corriger les imperfections quand il y en a. Tiens, cette fois par exemple, exit la boîte à rythme, et welcome Marco Pitruzzella (Six Feet Under, ex-Brain Drill, ex-The Faceless) derrière la batterie. Alors certes, la frappe du monsieur est assez mécanique, et manque de feeling... Mais c'est un bon début! Et puis ce n'est pas tout: Sleep Terror abandonne doucement mais sûrement les sonorités les plus « modernes » de ses parties Death Metal. Du coup on ne pense plus forcément à Beneath The Massacre et à toute la clique – ou « pire » encore, à la sphère Djent – quand des riffs saccadés entrent dans la danse. Ce sont par contre des touches plus typées Groove Metal (Pantera, vous voyez?) qui font régulièrement des apparitions, comme en ouverture de « Irie To Agony » par exemple. Enfin le maestro s'abandonne un peu moins souvent à ses trips solo-branlette nombrilistes, ce qui contribue à la composition de morceaux plus solides. D'ailleurs les duels de twins sont eux aussi bien moins fréquents, ce qui fait qu'on ne pense plus guère à Gorod en écoutant les 8 nouveaux morceaux. Et puisqu'on cause ici des « moins de », profitons-en pour évoquer un « plus de » particulièrement croustillant, les interventions de basse slappée étant cette fois beaucoup plus fréquente, ce qui ne peut que mettre en joie le lapin jaune qui vous cause ici.

 

Alors pourquoi la note de ce 3e album ne le place-t-il pas au sommet du podium discographique, au-dessus de ses 2 prédécesseurs? Eh bien parce que si Luke joue toujours avec une espièglerie limite Nawak sur les contrastes, il n'a toujours pas véritablement réussi à effectuer la fusion des différents genres qu'il pratique, les morceaux restant généralement dans la pure juxtaposition – les transitions étant d'ailleurs parfois un peu brutales! Et puis ce nouvel album est vraiment très court, et malgré cela il comprend un morceau un peu dispensable en la présence de « Panacea », 3 minutes 37 d'apesanteur matinale et de gelée délicatement sucrée qui ne devraient toucher que peu de monde...

 

N'empêche, notre marchand de sable continue également de vendre du rêve. Et pas seulement via ce superbe artwork (la pochette n'en montre qu'un quart) qui compile habilement les différents aspects de sa personnalité – monstres Death, surf, dimension acoustique latino, univers cauchemardonirique, OVNI musical... Non, Luke nous offre de nouveaux morceaux d'anthologie en la présence de « The Wounds that Unheal », du groove saccadé de « Nostalgia Painted Black », ou de l'énorme « Bedfast Catharsis » qui clôt l'album. Par ailleurs, outre les cactus mexicains, il continue d'ajouter à son cocktail singulier de nouveaux éléments ennawakifiants, tel du scratch sur « Screams of Tenerife », du steeldrum des îles sur « Irie to Agony » ou l'usage d'une discrète boucle « Electro » miroitante au début de « Bedfast Catharsis ». Ce qui fait qu'au final on accueille avec l'éternel même sourire ravi la folle farandole qui voit se suivre à la queue leu leu Cannibal Corpse, Step in Fluid, Chtulhu et Magnum.

 

Alors oui, un peu qu'on veut qu'ils continuent de nous entraîner au bout de la nuit ces démons de minuit!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: moins moderne, plus latino, plus organique, moins autiste, le nouveau Sleep Terror progresse dans beaucoup de domaines, tout en restant ce superbe mélange limite Nawak de Death brutalement technique, de groove, de Funk et de Surf Rock (entre autres). La seule chose qui freine notre enthousiasme à vrai dire, c'est qu'au bout de 3 albums et de 16 ans d'activité, Luke Jaeger n'a toujours pas réussi à trouver la formule magique permettant de véritablement fusionner ces éléments disparates, plutôt que de « simplement » (quel boulot quand même!) les juxtaposer...

photo de Cglaume
le 05/09/2018

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