Sólstafir - Berdreyminn

Sólstafir - "Berdreyminn"
chronique Sólstafir - Berdreyminn

Köld est et restera un joyau noir, à la beauté intemporelle, un moment de grâce à jamais suspendu dans le temps, une délicate balance entre fragilité mélodique et puissance rock. Les opus suivants des islandais avaient réussi à maintenir la magie créée, sans pour autant parvenir à capturer ce petit je ne sais quoi qui a fait de leur troisième album un chef d'œuvre. 2015 a vu le départ avec pertes et fracas de Guðmundur Óli Pálmason, son batteur de toujours, pièce maîtresse de l'édifice Sólstafir, tant au niveau musical que d'un point de vue visuel. Comment un groupe, pour qui la notion d'équilibre est si importante va surmonter cette difficulté? La réponse est ce Berdreyminn, publié deux ans après ce changement de line-up et alors que l'ancien membre a déjà publié un E.P. .

 

Commençons par la production. Je n'ai jamais été un expert en la matière, mais elle est loin d'être au top, à plusieurs reprises, le son semble fluctuer (comme après exemple après l'intro du premier titre, et c'est plus flagrant au casque). La batterie fait un « poc poc » assez désagréable, alors que les guitares saturées bavent, heureusement qu'elles ne sont pas prédominantes. Pourtant le mixage a été réalisé à l'Orgone Studio de Londres et le mastering réalisé aux E.-U. : première grosse déception donc.

 

Là où le bât blesse, c'est au niveau de la composition. A plusieurs reprises, j'ai cru que Berdreyminn était une réédition d'un album avant Köld, comme si le groupe avait perdu sa maturité et son aisance à plonger l'auditeur dans ses ambiances à la fois désertiques et froides, de beauté dure. Aðalbjörn Tryggvason chante toujours aussi bien, de manière si expressive, une fois de plus dans sa langue natale, même si les sonorités de cette dernière, et je peux le comprendre, peut en rebuter plus d'un. Pendant les cinq premiers titres, l'ennui m'a souvent gagné, Sólstafir peinant à retrouver sa superbe, en reprenant pourtant les recettes qui ont fait son succès de par le passé. À partir de « Dyrafjordur », le clavier se fait plus présent et la musique d'un groupe gagne en intérêt, et se rapproche parfois de Radiohead.

 

Bref, au final une grosse déception pour ma part, les islandais semblent s'être pris les pieds dans le tapis de leur propre inspiration pour livrer une œuvre incomplète et bâclée.

photo de Xuaterc
le 29/05/2017

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