Storm Of Sedition - Howl Of Dynamite

Chronique CD album (44:16)

chronique Storm Of Sedition - Howl Of Dynamite

De mon passé d'élève en chimie, je n'ai pas retenu grand-chose sinon le cours d'un antique et horrible professeur de chimie organique. 26 septembre 2004, M. Alain Lablache-Combier, sommité de la stéréo-activité des molécules organiques, surnommé à juste titre "La bâche" ou "La baffe" par ses élèves, nous avait expliqués à nous jeunes puceaux et pucelles de l'éprouvette, avec la géniale et détestable condescendance qui lui collait à la blouse, comment synthétiser de la nitroglycérine. Dans sa grande mansuétude et sûrement par quelques soucis de responsabilité, il nous en avait déconseillé l'expérience. Car, le savions-tu, cette dernière est dangereuse, il suffit de demander à Emil Nobel, frangin d'Albert, il a testé, ça a pété, et ça lui coûté la vie 6 ans trop tôt pour qu'il rejoigne le club des 27.

 

Qu'elle est simple pourtant cette expérience: tremper un vulgaire brin de coton successivement dans l'acide sulfurique et dans l'acide nitrique, puis laisser reposer le tout dans un bain de glace et éviter que le mélange se réchauffe.

Car oui, la nitroglycérine a cette fâcheuse et surprenante tendance à se décomposer de façon assez violente, comme ça, gratos, c'est la maison qui offre. Et quand on se dit qu'en 2019, la science ne maîtrise pas encore totalement les mécanismes de sa détonation, on comprend que Mario et Jo ne devaient pas faire les guignols en 52 en Amérique Latine.

le salaire de la peur - film - jo et mario

 

En revanche, ce dont la science est certaine à propos de la nitroglycérine, c'est que le dernier album de Storm Of Sedition, Howl Of Dynamite, lui ressemble et en rassemble toutes les propriétés.

Huileux: on se laisse envahir par la richesse des voix, tantôt screamées, tantôt  aboyées ("Vanguardist Messia"), tantôt growlées, jamais claires ou si peu de temps ("Howl Of Dynamite", "When The Clock Stops").

Dense: avec ses 8 titres pour 44 minutes pendant lesquelles on se fait littéralement tartiner la tronche à coup de riffs punk hyper rapide et de gimmicks lourdement death.

Hautement toxique: les textes s'inspirent des pensées de l'anarchiste Renzo Novatore qui avait coutume de dire : "à toute forme de société humaine qui voudrait imposer renonciations et chagrin artificiel à nous, anarchistes et rebelles, assoiffés d'expansion libre et exultante, nous répondrons par un hurlement de dynamite, rugissant et irrespectueux". Storm Of Sedition prend au mot l'Italien et décline musicalement cette détonante maxime.

Explosif : Après, un "Red Laughter" qui ouvre le bal de la déflagration musicale, l'onde de choc se propage sans répit ni demi-mesure tout au long de l'album (on oublie l'intro acoustique vite torchée et le pont pas beaucoup plus long de "Mocking The Sacred" qui te préparent au deuxième effet Kill Cool). Et bien que l'album soit un poil linéaire et que l'on ait du mal à faire une distinction claire entre chaque titre, la détonation ressentie à l'écoute est évidente et le potentiel de reviens-y assuré. Chaque titre explose plein d'une énergie trempée d'un punk méphitique sous un vernis de death puissant. La faute à un mix propre et moderne et qui ne souffre d'aucune faiblesse.

Du coup, au même titre que la nitroglycérine, cet album devrait figurer sur la liste des médicaments essentiels établie par l'Organisation mondiale de la santé.

 

Storm Of Sedition devaient être sur les bancs de l'école nationale de chimie de Lille le 26 septembre 2004 et ils ont tenté l'expérience sans prendre garde à la mise en garde de M. Lablache-Combier. Mais, à défaut de composés organiques, chez eux, c'est le black qui se fait bain de glace, le death qui assure le souffrage, le crust qui assoit sa nitrification et le punk qui dégueulent son acidité. Et malgré l'absence, sans aucun regret, de quelques cotons qui soient dans ce Howl Of Dynamite, la réaction fonctionne à merveille, avec un rendement qui aurait fait plaisir à M. Lablache-Combier, paix à l'âme de ce vieux roublard de la paillasse, même s'il aurait trouvé un moyen de bâcher cet album. Ce ne sera pas mon cas, loin de là.

 

On aime: le mélange stœchiométrique entre black, death et punk

On n'aime pas: la linéarité relative de l'album, les partiels de M. Lablache-Combier

 

photo de 8oris
le 01/10/2019

3 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 01/10/2019 à 12:15:42

La première chro anarcho en blouse blanche !!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 01/10/2019 à 12:17:15

Un poil moins détonnant que leurs deux précédents mais ça reste encore le haut du panier du Crust Metal (et bonne kro au passage).

Xuaterc

Xuaterc le 01/10/2019 à 15:50:58

Cette chronique va de paire avec celle de Cult Of Luna...

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