Sugarfist - Stinky Pinky

Chronique CD album (41:43)

chronique Sugarfist - Stinky Pinky

Vous en avez (peut-être) été témoins en ces chatoyantes pages: ce n’est que tout récemment que le dévoué serviteur de la cause Nawak qui vous cause a découvert Jamais Vu, second album des désormais défunts Sugarfist. L’objet en question avait allumé de vifs feux de joie au fond de mes prunelles de léporidé couleur citron. Tellement vifs qu’il n’était pas question d’ignorer la première sortie de ces Américains joyeusement cintrés, Stinky Pinky de son petit nom, certainement intitulée ainsi en hommage à ces contrées sauvages et pourtant pas toujours inexplorées situées au confluent des aines et de la région sub-ombilicale. La chose étant néanmoins assez difficile à trouver dans son emballage d’origine (l'album, pas la zone anatomico-marécageuse susmentionnée), il fallut se résigner à n'en acquérir que la version digitale, drôlement moins bien achalandée en termes de textes et autres illustrations artworkesques.

 

Mais ne ronchonnons point. Car tout vient nawaker à point à qui sait entendre.

 

Le comité d’accueil qui nous enfile des colliers de fleurs autour du cou à notre arrivée sur « Introvenus » ne laisse aucun doute: cette musique foraine, ces rires de psycho… Il semblerait bien, en effet, que l’on se trouve ici en présence d’un album de ce que les Australiens appellent le Circus Metal. Et youpi! Sauf que dès « Foreign Chaos », la réalité nous rattrape par le colback: Stinky Pinky est le premier album d’une formation qui n’a jamais disposé de gros moyens. Et de fait tout ça sonne un peu cheap, un peu brouillon, les growlounets de John disparaissant timidement dans le fond du bouillon sonore. Sauf que le gros potentiel sympathie et l’envie de funker dans les chaumières qui transpirent par toutes les notes de ce joyeux manifeste de Youpi Metal compensent largement ces approximations. Du coup, les gros Plus compensant avantageusement les petits Moins, c’est en confiance qu’on s’aventure plus avant au sein de ces 15 titres vibrionnants.

 

Heureux constat: la formule gagnante de Jamais Vu est appliquée dès ce 1er opus, même si c’est ici dans une configuration nettement plus embryonnaire. Le chant féminin de Jenn pingue et pongue agréablement avec celui de John qui, quand il ne bleuargle pas (ce qui arrive souvent, le registre cookie monster n'étant pas si fréquemment utilisé), s’active dans un registre légèrement hip-hopisant, dans la grande tradition de la Fusion made in 90s. La guitare gigote sur sa pédale de disto’ comme si elle se croyait dans le générique de Magnum ou de l’une de ces séries américaines des années Disco. Côté clavier, ça s’agite aussi sévère, la palette allant du clinquant/dansant à des sonorités plus typées orgue Hammond. Mais dans l’ensemble l’impression d’entendre le Sebkha-Chott de l’époque Nagah Mahdi se fait beaucoup moins sensible que sur l'opus suivant, excepté peut-être sur l’un des tout meilleurs titres: le très funky « Please Me ». Globalement Stinky Pinky propose une Fusion de tradition assez roots, qui se cherche encore mais qui nous trouve souvent. Avec de-ci de-là des compos carrément typées Nawak Metal, comme « Spoon Lit Fire » (un peu Reggae, un peu Garage Punk Rock) ou « Underneath » (qui marche en équilibre sur une fragile corde psychiatrique). Plus étonnant, le groupe nous sert de temps à autre des compos baignant dans le Blues grassouillet et le Stoner poilu, comme « Broken Hearted », le très Sabbathien « Yesterdayz Falling », et même le court final « Reprise ».

 

Pas absolument indispensable, Stinky Pinky mérite quand même qu’on l’écoute et qu’on swingue au son de « Hypocrite », « Please Me », « I’m not Well » (et son début qu’on croirait fredonné par un Mike Muir léthargique). Et puis bordel quoi: il est blindé de ces grattes à pattes d’eph’ qui feraient claquer des doigts une veuve catho à carré Hermès. Alors « pinky », oui (… tirant sur le jaune sale, d’ailleurs, peut-être), mais « stinky », non non: vous pouvez y aller!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: premier album de Sugarfist, Stinky Pinky est un bon petit brouillon Nawak Fusion funky de ce que sera par la suite le très bon Jamais Vu.

photo de Cglaume
le 04/09/2016

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