Syndrome - Forever And A Day

Syndrome - "Forever And A Day"
chronique Syndrome - Forever And A Day

Mathieu Vandekerckhove est le guitariste bien connu pour sa participation au groupe Amenra, mais il est aussi parti prenante au sein de Kingdom, SemblerDeah, Caan, ou C-O-R.

 

Avec Syndrome il navigue en solo sur les terres ambient, drone, post-rock, et sur des sujets plus personnels. Forever And A Day est le prolongement et le miroir du – jusque-là – dyptique, Now And Forever de 2012. Un échange entre un père et son fils, et la réponse, entre un fils et son père. Ici, entre Mathieu Vandekerckhove et son père. Le sujet est donc très personnel. Illustré par la sculpture faite par ce dernier et représentée sur la couverture de ce nouvel album. Une sculpture qui apparemment représente beaucoup pour le musicien, puisqu’elle l’aurait observé depuis de nombreuses années, depuis la place centrale, qui lui était attribuée, dans le salon familial.

 

L’album, où plutôt la pièce, car ici est présenté une seule piste de 34 minutes, n’est en rien constitué d’un bourdonnement drone. La structure, le glissement et la répétition des motifs, la présence de mélodies (essentiellement d’une mélodie), le rapproche davantage du progressif et du post-rock. De groupes comme Godspeed You! Black Emperor, Jesu ou Nadja, mais en mode épuré, minimaliste. La structure donc, mais aussi le ton mélancolique, sera partagé avec les groupes précédemment cités (sauf Nadja peut-être pour ce point). Ici pratiqués par 1 guitare, au son clair puis sous distorsion, accompagnée d’un battement et de sa voix – grave – sur deux mouvements.

 

Cette musique demande un investissement. D’y être dédié. De s’y abandonner entièrement pour pouvoir se laisser saisir. Pour la puissance, les muscles et l’action passez votre chemin, il y a Last Action Hero pour cela. L’impression que chacun pourra avoir de ce Forever An A Day sera donc personnelle. Et cette approche sera « quitte ou double ». On adhère ou non.

 

Ici Mathieu Vandekerckhove réussit un véritable tour de force. 34 minutes, une guitare, un sampleur, une approche minimaliste, la formule pourrait paraître rapidement limitée, pourtant Forever An A Day a énormément à offrir. Il réussit à étirer le temps. À contrôler ses mouvements. À faire avancer son histoire en jouant de la nouveauté et de la répétition. Il vient de déclencher une nouvelle forme de folk-progressif. À la fin de l’album impossible de savoir si tout était monté en seulement 34 minutes ou si j’avais enclenché le bouton « repeat ». Oui Syndrome Forever An A Day hypnotise. Sans jamais en faire trop, juste assez pour suggérer, il contrôle. On observe. On participe. Du bord de mer on ne voit pas la fin de l’océan, juste son immensité.

 

Par sa beauté, sa fragilité, sa simplicité et sa forte force évocatrice, Forever An A Day est un très grand album pour qui est sur la même sensibilité.

photo de R.Savary
le 23/09/2017

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