The dillinger escape plan - Option Paralysis

Chronique CD album (41 minutes)

chronique The dillinger escape plan - Option Paralysis

Chroniquer un dillinger escape plan n’est pas une chose aisée, qu’on se le dise de suite. L’évolution perpétuelle, un concept fouillé, un talent certain dans la composition, une complexité mettant nos tympans à rude épreuve, des idées poussées à bout… Autant dire que le disque a tourné avant la parution de cette chronique. Parce qu’un Dillinger Escape Plan, c’est un peu comme le renard du Petit Prince, il faut l’apprivoiser, l’aborder sous différends angles afin de mieux le cerner, le comprendre…


…pas une chose aisée donc…


Alors, à quoi s’attendre… A en croire les dires du Sieur Weinman, on aurait à faire face à un retour aux sources, un son plus brut… Qui sera satisfait ? Les fans de la première heure qui regrettent Minakakis ? Ou ceux qui accrochent aux styles plus éclectiques de Miss Machine et d’Ire Works ?


Lors des premières écoutes on se rend compte qu’on a affaire à du dillinger avec un style "entre deux chaises". En gros, ça passe tout seul quand on a aimé les deux précédents albums. Par contre, ceux qui attendent inexorablement un retour aux sources style Calculating Infinity, il faudra repasser. Cependant, le son est un poil plus crade, comme annoncé plus haut. Cela fait que l’album dégage une ambiance plus sombre que par le passé.


Les écoutes se suivent, s’enchaînent inexorablement ( c’est pas que c’est difficile d’appréhender la chose, mais bon ! )… Et là, votre serviteur se sent sous l’emprise d’une impression dont il n’arrive pas à se débarrasser. Voyez-vous, même si certains n’ont pas aimé les suites de Calculating Infinity, il y a une chose que l’on ne pourra pas leur reprocher, c’est l’indéniable évolution à chaque album… Et c’est ce qui a fait leur charme, ces petites idées qui font la différence avec les autres, et qui ont fait de The Dillinger Escape Plan un groupe à part.
Et là, pas de surprise, pas d’évolution réellement palpable comme sur les autres sorties du groupe… Voilà, je l’ai dit… Et croyez-moi, j’aurais vraiment voulu pouvoir vous lister les nouveautés, et les super nouvelles idées qui auraient pu sortir du cerveau de Ben Weinman, mais non.


Mais bon… Cela ne fait pas d’Option Paralysis un album mauvais en soi. C’est de la haute volée quand même dans le style « je t’envoie une grosse dose de technique déstructurée en plein poire ». Toujours ces avalanches de notes qui font que mon père désespère dans l’apprentissage de la guitare chaque fois que je m’écoute cet album. Toujours ces titres aux plans incompréhensibles ( Crystal Morning, Endless Endings… ), faisant preuve d’un jeu de batterie tout juste hallucinant. Soit dit en passant, même si les plans de batterie sont toujours aussi poussés techniquement, les attaques de guitares me paraissent moins incisives… La production y joue beaucoup à mon avis, et cela est sensiblement regrettable. Et là, le lecteur se dit que le chroniqueur taille en pièce l’album en question, mais que nenni, même si je trouve cette livraison moins poussée que les autres, elle nous réserve également certains moments de pur bonheur. Prenez Widower par exemple, les amateurs de piano dans un style relativement contemporain, bien influencé par le jazz, se feront réellement plaisir lors de son intro, mais également lors du reste de la chanson : ils réussissent à taper juste comme il faut entre violence et mélodie… Autrement, Chinese Whispers, avec ce feeling rock n’ roll très bien trouvé apporte un petit vent de fraîcheur à l’album.


Au final, un album en demi teinte, on attendait beaucoup de dillinger, et même si le résultat est très loin d’être médiocre, il est en deçà des autres albums. La production ne m’aura pas conquis, vous l’aurez compris : il y a une perte importante au niveau de l’énergie déployée par leur musique… Un son un poil moins crade et ça aurait à coup sûr été plus efficace… Cependant, les parties de piano sont tout simplement sublimes, et la production s’y trouve ici plus adaptée. Enfin, certains regretteront un relatif manque de prise de risque, au profit d’une recette certes efficace, mais déjà entendue…


… Si on m’avait dit que je dirais ça d’un dillinger un jour...

photo de JiBrest
le 01/04/2010

13 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 01/04/2010 à 10:10:27

Je sais pas pourquoi, j'ai aussi du mal à entrer dans ce disque. Manque d'originalité ? Un comble pour Dillinger, mais c'est peut-être le risque quand on fait une musique barrée comme la leur...

vkng jzz

vkng jzz le 01/04/2010 à 10:21:21

dans la suite logique des 2 précédents, avec du bon du décevant.. dur a appréhender et a se faire un vrai avis dessus mais il reste plaisant à écouter. ca transcende pas, mais ca reste cool, et de toute façon TDEP reste au dessus du panier donc bon... ce jeu de batterie mon dieu, merci la nouvelle recrue on retrouve presque un chris pennie !

JiBrest

JiBrest le 01/04/2010 à 13:07:38

il faut quand même avouer qu'un DEP moyen reste au dessus du peloton... largement ! Et c'est vrai que le nouveau batteur est sacrément méchant...

kurton

kurton le 01/04/2010 à 16:58:34

Je ne pense pas que DEP aurait pu repousser les limites de la folie créatrice de ses premiers essais...Juste pas possible, et a quoi bon?
Miss Machine a choqué...Trop de changement, trop de mélodie, trop de simplicité. Mouaih...
Ire Works a choqué (pourtant bordel DEP qui se met au rock n roll, merde, c'est bon!)
Et la ben j'avoue que cet album est bon bon, mais je ne sais pas quoi dire dessus...A écouter des paires de fois a mon avis.

sébastien balenciaga

sébastien balenciaga le 02/04/2010 à 11:45:49

album pour ma part que je trouve aussi bon que les autres, d'album en album, ils nous trouvent des riffs qui mettent la patate le matin, des melodies de plus en plus abouties et envoutantes à chaques albums.
bref un des meilleurs cd de 2010, certainement.

Cavocs

Cavocs le 03/04/2010 à 03:39:10

Un album aussi enthousiasmant que décevant mais au final parfaitement honnête.

La prod ne met effectivement pas trop en valeur le travail de Weinman, toujours aussi inventif, barré et parfois simplement beau.

Malgré tout un disque à écouter de nombreuses fois pour lui rendre justice; le travail fourni par Dillinger sur ce nouvel opus restant d'une richesse hallucinante

P.S. La participation de Mike Garson est à mon avis parfaitement réussie et ses parties de piano reconnaissables entre milles collent de façon évidentes à la zique de Dillinger.

penumbra

penumbra le 04/04/2010 à 01:38:16

Moi si je l'ai vraiment adoré au début, je dois avouer qu'il commence a me gonfler...Non pas qu'il soit mauvais, mais quand on a l'habitude de trouver de la nouveauté dans chacun de leur disque, ici, il n'y a pas de surprises, seul les chansons «Good Neighbourg» pour son coté brut, «Widover» pour sa progression dantesque et «Chinese Whispers» pour son coté rock'n roll m'impressionne encore. Le reste a trop le cul entre deux chaise et/ou trop calculé et froid...Mais bon comme soulevé avant moi, un opus moyen de DEP est toujours meilleur que 90% des production actuelles. En fait, je suis plus dur car c'est Dillinger...Et vlan un 5/10

botchman

botchman le 12/04/2010 à 17:24:10

J'adhère complètement Option Paralysis qui est une réussite à mes yeux ! Les compos sont en effet plus linéaires et moins chaotiques que sur Ire Works, mais finalement cette homogéneité leur rend justice tant chaque morceau fourmille de détails bien savoureux. Tout me plaît sur cette galette, la prod', le son de batterie, la voix en passant par l'artwork magnifique ! Après la semi-déception du dernier Converge, j'avais un petit à priori quant à la capacité du groupe à me surprendre et me séduire. Les doutes sont maintenant anéantis tant ce dernier ouvrage surpasse toutes mes espérances et me procure du plaisir en barres !!!

botchman

botchman le 12/04/2010 à 17:26:20

J'en oubliais ma note !

cglaume

cglaume le 15/06/2010 à 13:07:29

Perso le « manque de surprise » - pour peu que l’on puisse vraiment en parler – ne m’a pas gêné, le groupe étant arrivé à mon sens à sa maturité artistique avec un équilibre parfait entre mathcore apoplectique et pop-rock catchy Mike Pattonnisée. Avec de plus toutes ces petites touches d’effets, de distos spéciales, et d’orchestrations grandioses, TDEP nous livre une fois de plus un véritable chef d’œuvre marquée cette fois encore de son sceau stylistique reconnaissable à la première note. Dillinger c’est ça : violence incontrôlée, folie, geyser technique inventif, et grâce à une schizophrénie savamment exploitée, montées mélodiques et déploiements de puissance ultra efficaces. Sans conteste un de mes albums de l’année !

Jull

Jull le 15/06/2010 à 16:09:30

Des morceaux magnifiques, de l'originalite et de la puissance des la premiere plage. Tout comme Cglaume, un des albums de l'annee pour moi egalement.

frolll

frolll le 20/01/2011 à 02:41:33

Non mais y'a un moment faut arrêter de sortir ses chutes de studio et renvoyer le mec qui se prend pour un nouveau Patton quoi :/

helldash

helldash le 07/01/2013 à 19:36:59

Je surkiffe cet album. J'aime le crade vomi avec élégance.

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