The Exploited - Beat The Bastards

Chronique K7

chronique The Exploited - Beat The Bastards

Adulés,

ou moqués,

respectés,

ou conchiés,

depuis plus de trente ans, les Exploités n'ont jamais laissé personne indifférent.

Facho

ou anti-facho

selon le degré guedro/liqueurs des gaziers,

ou de leurs infortunés interlocuteurs,

les Exploités ont été les fers de lance de la scène UK82, les inventeurs de la mode mohawk, le pendant crétin des intellos du keupon.

 

Pour moi, le groupe est synonyme d'hymnes absolus comme, de mémoire, et dans le désordre (normal) : "Sex And Violence", "Sid Vicious Was Innocent", "Jimmy Boyle", "War", "U.S.A"., "Troops of Tomorrow", "Fuck A MOD" ou "Dead Cities". Alors pourquoi chroniquer un album si éloigné de cette période ?

 

D'abord car je fais comme je veux.

Et surtout car, en 1996, je me pris la plus grosse rafale live de ma vie.

 

Genève, l'Usine.

Salle de concert/bar à shit.

Lieu improbable où se côtoyaient les bobos d'avant la mode et les Pounks d'après.

Où Mad Ben, 150 kilos et chanteur de Vomitose faisait le videur, soulevant et jetant simplement les emmerdeurs.

Pote d'un pote, ça aide, pour rentrer.

Apéro au squat, colle à bois dans les cheveux de Sylvain (séchés à la résistance de radiateur électrique par Virus, sa chérie).

Arrivée bien chargés, tous.

Shilom, bières, hallucination quand une minette en escarpins vernis passent devant nous : autre dimension.

 

Premier accord, on est à la bourre. Merde. Sylvain : "Putain z'ont commencé sans nous les gars !!!"

Dans la salle, les branchouilles du premier rangs (y'avait marqué Fuck Offspring sur les affiches, à cause de Smash) ramassent déjà leurs dents.

Car la bande de tarés collée au bar, depuis au moins une heure, n'a fait ni une ni deux: une violente percussion en traversant la salle, courant, docs/rangeos devant.

PANIQUE.

Mais VRAIE panique d'une partie du public (et reflux vers la sortie, pas facile, là). Rire pour nous (on entrait). Ou presque : je faisais et fais toujours aux alentours de 60 kilos.

 

Depuis The Massacre, la bande de Wattie avait été plus ou moins reniée par certains. Trop de Metal dans leur mélasse.

Peu importe, six ans plus tard, Beat the Bastards enfonce les dents. Riffs simplistes, paroles primitives, le titre de l'album rentre directement dans les crânes.

La plaque enchaîne ni plus ni moins que six uppercuts en guise d'intro. Placés sous le signe de la musique bête et méchante, "Affected By Them", le monstrueux "Law For The Rich" ou encore "They Lie" (et son intro démente, un titre repris par Hypocrisy en mode carnage) enquillent, décanillent et éparpillent l'adversité.

"If You 're Sad" ressemble alors à une balade, en mid lourdingue tout de même. Un ventre mou à cet album ? Oui, peut-être que "Serial killer" en queue de peloton, paraît trop posé, trop long, pas assez haineux. Presque sept minutes pour du Punk, ça peut heurter les standards.

 

Au final, The Exploited restera toujours un groupe de bâtards à tabasser, de prolos alcoolisés/drogués autant concernés par leur carrière que Donald (Trump pas Duck) par les valeurs humaines. Cette K7 (oui) le soulignait, pointue comme un clou de forge.

photo de Crom-Cruach
le 23/10/2016

5 COMMENTAIRES

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 23/10/2016 à 12:21:24

Putain 1996 quand même quelle année !!

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 23/10/2016 à 12:23:59

Sortie plus ou moins en même temps que Future of War d' Atari Teenage Riot... Avril 96, le mois de la mandale !

cglaume

cglaume le 23/10/2016 à 21:10:58

Bordel, ma première rencontre avec The Exploited (... oui, je sais). Quelle putain de mandale !!

Mastodonte

Mastodonte le 25/10/2016 à 19:30:05

Moqués ...conchiés ... qui oseraient... on va me répondre les goûts et les couleurs ?! Beaucoup de groupes de thrash métal rêveraient de sortir un tel album et beaucoup de groupes affilié punk aussi... une telle symbiose, je l'écoute je pense à Kill em all de Metallica ni plus ni moins ! Gloire à ces batards

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 28/10/2016 à 13:08:19

Watty était pote avec Ian Stuart chanteur de Skrewdriver et co-fondateur de Blood & Honour (mort en 93). Du coup, on lui a craché dessus, à raison, dans le milieu keupon.

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