The Long Escape - Triptych

The Long Escape - "Triptych"
chronique The Long Escape - Triptych

Ayant commencé sa carrière avec un premier EP nommé Excess of Empathy plutôt bien reçu par la critique, The Long Escape arrive à présent avec un bien gros projet qui commence par cet album intitulé The Triptych. Gros projet car ce premier album tient la place d’ouverture, d’introduction à une suite de deux autres albums/LP qui, on l’espère, devraient sortir un jour. Pour le moment en tout cas, on se retrouve avec huit titres originaux et trois issus du premier EP et qui ont été retravaillés.

 

Le groupe propose une musique originale, à la croisée des genres, lorgnant tantôt du côté du métal atmosphérique, prenant des fois la route du rock alternatif et empruntant quelques codes aux mouvances finissant par « -core » (comprenez par-là postcore, hardcore…). Difficile de coller une étiquette donc, ou même de citer quelques influences, l’ensemble étant très homogène et sacrément bossé. On pensera éventuellement à Dredg pour certaines ambiances feutrées, Cave In pour les parties énervées et/ou aériennes (l’intro d’ «Upon the Head») ou encore Failure pour le côté presque spatial de certaines compositions.

 

Ce qui frappe à travers cet album, et cela dès le titre d’ouverture « New Beginning » c’est le travail d’écriture exécuté sur chaque composition. Comme si chaque morceau avait sa propre entité, pouvait fonctionner seul, indépendamment des autres. Et pourtant, une fois réunis au sein de l’album c’est une sensation d’homogénéité qui nous submerge.

Ici chaque titre est construit avec précision, prenant plusieurs directions sans jamais se perdre (cf. l’intro ou «Collapse»), empruntant plusieurs voix (chant clair, hurlé, murmuré…), travaillant sur plusieurs mélodies ou ambiances («The Big Plan» et son intro Dredgienne). Ce parti pris artistique réserve alors quelques pépites musicales, que ce soit les délicats «Encelage» (partageant des traits avec Failure) ou «Depression» (à la guitare sentant parfois très fort A Perfect Circle…) ou au contraire les puissants, voire dévastateurs «I Am Your Savior» et «Low Class Citizen».

 

Mais en plus de ces morceaux de bravoure on retiendra également de cet album une interprétation sans faille. Que ce soit l’orchestration à la fois fouillée et technique, mais sachant garder un feeling mélodique, ou le chant juste impeccable de Kimo. Jouant sur plusieurs styles et faisant preuve d’une grande maîtrise, il rappelle tantôt Brandon Boyd dans les passages les plus calmes («Encelage», «Depression»), parfois même un certain M.J Keenan pour le travail des ambiances vocales.

 

Si l’album a une petite tendance à s’essouffler par moment, ses qualités et son honnêteté musicale en font un objet à part dans la scène musicale hexagonale. Très prometteur pour la suite et foutrement enthousiasmant, ce Triptych de The Long Escape épate, tout simplement.

photo de DreamBrother
le 28/10/2011

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