The skull defekts - Peer amid

The skull defekts - "Peer amid"
chronique The skull defekts - Peer amid

Originaire de Suède, un pays dont sont issues nombre de surprises rock telles les Hives, The Skull Defekts pratique un rock noise fiévreux, d'emblée brillamment illustré par le génial "Peer amid", premier titre de ce sond album. Tendu, doté d'une intensité considérable, ce morceau proche des dix minutes pourrait, à lui seul, justifier l'acquisition du disque. Mais c'est sans compter sur la suite, moins étendue dans ses formats mais porteuse de la même qualité.

La voix de Daniel Higgs, singulière, s'acoquine par exemple sur "No more always" avec une instrumentation compacte, des bruitages judicieux accompagnant cette trame aussi captivante que difficile à définir d'un point de vue stylistique, puissante et saccadée tout en affichant un allant enthousiasmant, le groupe coupant ensuite ce flux de vitesse pour imposer leur "Gospel of the skull" leste, parfait prolongement des deux premiers essais. Puis c'est "The silver river", au gospel psyché méritoire, qui vient faire de la première partie du disque une belle réussite, jamais entièrement et gratuitement vouée à la force de frappe frontale.

 

Dans les petits formats comme sur les plus grands, le résultat est irréprochable, la seconde catégorie se voyant représentée par "In majestic drag", à la fois tribal, obsédant de par la répétition de ses climats, et explosif dès lors que la machine s'emporte sous l'effet de guitares massives.

 

Varié, donc, dans son contenu, ce Peer amid pourrait bien être l'un des albums 2011, brut et pensé,  nuancé et percutant, et "Fragrant nimbus" en apporte la preuve avec son rock mid-tempo poisseux, orné par des riffs malins et, comme de coutume, ce chant épris de folie, en phase avec le phrasé musical choisi. Une impression de psychédélisme sonique se dégage de l'ensemble, diablement inspiré et qui dévoile des embardées rageuses irrésistibles comme celle du dit morceau.

 

Un côté direct profitable et une certaine sensibilité sont donc alliés avec dextérité et sur "What knives, what birds", un rythme haché surplombe des voix éructées pour un rendu ici encore de taille et peut-être le titre le plus déviant de cet opus sans faux pas.

The Skull Defekts ayant la bonne idée de finir sur le rythme soutenu de ce "Join the true" aux vocaux distants et presque off, qu'abime une envolée noisy réussie, il va sans dire qu'on tient en ce Peer amid une oeuvre majeure, obsessionnelle, qu'on placera en bonne position au moment des classements de fin d'année, aussi stupides que porteurs d'enseignements.

photo de Refuse to keep silent
le 08/03/2011

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