The Walk - Wrong enemy

Chronique CD album (59:00)

chronique The Walk - Wrong enemy

The walk est composé d'excellents musiciens. Trop bons peut-être.
Je t'explique.

 

En plus d'être une formation "rock" classique (un chanteur, batterie, guitare, basse), le groupe intègre un tarhu (c'est ça) à sa musique. 
Tu ne te lances pas dans ce genre d'originalité si tu n'as pas une idée précise de ce que tu veux (et sais) faire. 
Ça tombe bien, question précision, The walk est à l'aise.

Pendant une heure, le groupe strasbourgeois est surprenant, mais ne se perd pas.
En utilisant pleinement l'originalité du tarhu, en usant des qualités de chacun des musiciens, le groupe tricote un rock influencé par bien des univers.
S'il est plus simple d'identifier la performance vocale, qui rappelle clairement Jeff Buckley ou même Bertrand Cantat, poser des noms sur l'héritage musical est plus complexe.

Etiqueter le groupe est déjà une erreur. Sa personnalité, vacillante mais aussi affirmée, rend la tâche difficile. Parler de rock est à la fois réducteur et trop général. Post-rock, progressif, The walk fait surtout une musique alambiquée.

Mélancolique, habitée, sombre, bien des adjectifs peuvent qualifier la musique du groupe. Mais, comme je te le disais dans le premier paragraphe : c'est dans la "précision" que The walk excelle.
Les structures des morceaux sont mouvantes, les ambiances également, et surtout, on ressent une grande application dans l'organisation de ces titres, dans l'exécution par les musiciens de leur partie.

Si tous les instruments sont mis en valeur par une bonne prod' qui pose une sorte de voile "fantômatique", ils sont aussi sacrément difficiles à suivre. Et c'est là que le bât blesse.


Techniquement, les mecs ne font pas étalage de toutes leurs capacités. Il y a bien quelques soli qui alimentent les titres, mais c'est fait avec parcimonie, justesse et équilibre.
Non, la véritable difficulté est de suivre le groupe.

On ne profite pas de cet album en jetant une oreille, comme ça, entre deux occupations. Non, on la prête attentivement pendant une heure, on doit se concentrer, et essayer de suivre son rythme et son propos. C'est d'autant plus délicat que le groupe est généreux (on est loin des 40 minutes coutumières) et propose un contenu riche.
Cette richesse qui peut donc desservir le groupe, qui, à force d'être "bavard", devient inaudible voire...usant

Cette sensation est inconnue si on réussit à plonger dans le texte, à rentrer et se sentir bien dans l'atmosphère qui est dégagée par cette musique...mais elle ne peut clairement (et bien évidemment)  pas parler à tout le monde, parce qu'elle peut parfois perdre celui qui l'écoute.
Le meilleur moyen de savoir quel type d'auditeur on est face à ce genre d'album étant encore d'aller l'écouter...

photo de Tookie
le 12/11/2016

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