Toehider - Good

Chronique CD album (39:56)

chronique Toehider - Good

Une voix exceptionnelle et immédiatement reconnaissable. Une maîtrise multi-instrumentale bluffante, avec une mention toute particulière pour la qualité du gratouillage de guitare. Une productivité impressionnante, sans impact négatif sur la qualité de compositions aussi singulières qu’incroyablement accrocheuses. Une simplicité et une modestie qui attire immanquablement la sympathie. Et puis – parce qu’après tout le parallèle peut bien être étendu à des domaines moins artistiques – un autisme capillaire inversement proportionnel à la générosité verbale qui peut enflammer l’énergumène quand il se sent en confiance...

C’est marrant mais plus ça va, plus ce que m’évoque le nom de Mike Mills (Mr Toehider) se rapproche de ce que j’associe naturellement à celui de Devin Townsend. Pas étonnant, du coup, qu’Arjen Lucassen ait fait appel au premier pour remplacer le 2nd au pied levé quand il a s’agit de reproduire sur les planches la magie de The Human Equation... Et qu’il l’ait rappelé quelques temps plus tard pour mettre en boîte The Source.

 

Mais malgré le marathon The First Six / The Last Six, 2 albums et quelques EP, Mike Mills n’a pas encore atteint la faramineuse quantité d’heures de musique écrites par le Canadien. Ce dernier, il faut le reconnaître, s’essouffle un peu ces dernières années, l’overdose hollywoodienne des dernières sorties ne réussissant plus vraiment à masquer des sautes d’inspiration et une écriture qui commence sérieusement à se mordre la queue, si ce n’est celle de sa muse… Alors, de son côté, le Miko: toujours au top, ou en amorce de descente du Mont Inspiration?

 

Pour être honnête, après la tornade What Kind Of Creature Am I?, le premier contact avec Good est plus poli qu’électrique. On a l’impression que ces séquences « caresses électro-acoustiques / frénésie toon ensoleillée », on les a déjà plus ou moins entendues par le passé. Fatalement, ces chœurs de farfadets Queeniens, on les reconnait. Forcément, cet optimisme et cette fraîcheur printanière à la « Love Is All », ça nous dit quelque-chose. Immanquablement, ces espiègleries vocales, ces poussées aigues, cette insouciance active, elles nous avaient déjà interpelés par le passé. Mais des écoutes répétées nous révèlent vite que tout cela n’est que déclinaison et approfondissement d’un registre tout personnel, qui trouve ici de nouvelles façons de s’épanouir.

 

Good est une nouvelle merveille – là, appelons-le de manière appropriée – tout aussi indispensable que ses prédécesseurs dans la discographie de Toehider. « [funnythings] » est une fresque toonesque enthousiasmante dont les exubérances rappellent une fois de plus aussi bien Queen que Devin. « Millions of Musketeers » pousse l’effervescence encore un poil plus loin, poignée en coin, dans un monde rempli de D’Artagnan-Minipouss, et où s’épanouissent par ailleurs des guitares plus burnées que la moyenne, ainsi qu’un refrain qui colle aux basques. « How Do Ghosts Work? » s’impose comme le monolithe épique et grandiloquent de l’album… Sauf que loin d’être plombé par d’ambitieux volumes, celui-ci s’envole haut, porté par de belles orchestrations et des guitares qui s’accordent une pause Stoner-Djent en fin de premier tiers. Et pour finir « It’s So Fikkis! » et ses sonorités subtilement polynésiennes offrent le final fastueux et hilare que l’on n’osait espérer pour finir en fanfare ce fantastique nouveau voyage au royaume du Metal Nawak/Prog from Oz.

 

Bordel que c’est bon!!!

 

Mike, il va sérieusement falloir penser à passer en France avec ta joyeuse bande de toons. Ça suffit de nous faire saliver depuis tes riants antipodes: viens claquer la bise!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: « You know he’s gooooood, he’s gooood, you know it! ». Si si: écouter ce nouvel album de Toehider est pas loin d’être aussi jubilatoire que de se passer le Bad de Mickey le-fils-de-Jack. Au premier abord moins explosif que What Kind Of Creature Am I?, ce 3e album prend vite toute son ampleur pour se révéler comme un nouveau chef d’œuvre de Nawak Prog génialement rafraichissant. Faut juste le laisser respirer un peu au début. Comme un grand cru. Qu’il est.

photo de Cglaume
le 15/12/2017

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • EARTH au Petit Bain à Paris le 19 novembre 2019