Uada - Cult of a Dying Sun

chronique Uada - Cult of a Dying Sun

États-Unis et Black Metal ? Cela fait maintenant quelques années que le premier ne dénote plus du second et, perso, je trouve ça très bien ! Outre la nuance cascadienne portée par des formations telles que Harrow, Alda (des très bons que je ne manquerai pas de chroniquer un jour…) ou Wolves In The Throne Room, cette porosité s’exprime également dans une myriade de groupes plus ou moins actifs dont Agalloch, Akhlys, Arkhum, Battle Dagorath, Bestia Arcana, Imperial Triumphant, Maestus, Panopticon, Pillorian et, très récemment, Aoratos. Portland, dans l’Oregon, est l’une des villes-pivots de ce BM à la sauce BBQ. C’est là justement où est né en 2014 Uada, qui connaît depuis un réel succès en Europe, grâce à un bon premier album Devoid of Light, sorti deux ans plus tard, dans un esprit très BM des années 1990 largement inspiré des Polonais de Mgla (filiation assumée). Leurs nombreuses tournées sur le vieux continent, spécialement en France, ont joué ici un rôle clef et il est à parier que leur passage au Hellfest 2019 étoffera davantage leur renommée, s’ils parviennent bien sûr à s’adapter au son souvent moyen de la Temple…

 

Dans leur premier opus, Uada proposait un ensemble dense et homogène (33 mn), resserré autour de cinq morceaux tous calibrés autour des 5/6 mn, à l’exception de l’excellent « Black Autumn, White Spring ». Cult of a Dying Sun est bien plus (trop) long, dépassant avec ses 7 morceaux les 55 mn. L’écoute est vraiment gênée par d’incontestables longueurs (absentes du Devoid), même pour l’incontournable « Snakes & Vultures », aux riffs et à la rythmique entêtantes, joué quasiment à tous leurs concerts, mais qui aurait pu être raboté d’au moins 90 secondes. Au moins … ! L’album débute avec « The Purge Fire », classique, qui se réveille seulement après 3 minutes et un passage Black’N’Roll bien sympatoche, passage que l’on retrouvait déjà en 2016 dans « Devoid of Light » et « S.N.M. ». Mais la fin du morceau est gâchée par des fragilités vocales assez inexplicables. À rebours, les excellentes 8 mn du « Cult of A Dying Sun » se parent d’une teinte Death bien pensée, armée à la batterie d’une bonne double (écoutez à partir de 4 mn…) et enrichie à la fin de la compo par une décélération très bien amenée. Le meilleur morceau. Les deux qui suivent ne retiennent pas l’attention plus que ça :  l’un soft (« The Wanderer »), l’autre du Uada pur jus (« Blood Sand Ash », trop inégal). Les deux dernières propositions sont plus convaincantes. « Sphere (Imprisonment) » ranime en moi l’intérêt pour cet album, grâce à des riffs BM bien marqués, des lignes de basse enfin plus expressives (à la troisième minute), des solos mieux joués et surtout deux dernières minutes dont la complexité (présence étonnante du piano) rend enfin hommage au travail de production et de mixage ! L’ensemble est clôturé par un bon « Mirrors », qui, malgré une durée là encore démesurée (plus de 10 mn), tire profit d’une entame réussie, de riffs efficaces volontairement répétitifs et d’une mélodie d’ensemble pas dégueu.

 

Au total, Cult of A Dying Sun n’est pas un mauvais travail. Les performances vocales moyennes, les compositions inégales, les longueurs évitables et le mixage très perfectible me plongent juste dans une perplexité tenace … Pour un second album, je m’attendais à mieux. Incontestablement…

photo de Seisachtheion
le 04/04/2019

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