Unsane - Sterilize

Unsane - "Sterilize"
Unsane - Sterilize (chronique)

Le dernier album des New Yorkais n'avait pas satisfait la fan base de base, Pigs projet du bassiste du trio, ayant plus affolé l'érectomètre.

Mais moi j'avais bien aimé Wreck sorti en 2012 avec son côté blues prononcé. Un blues de fosse commune forcément. Timisoara ne sera jamais fashion.

Bon, Unsane c'est toujours plus ou moins le même bouzin en fait, à quelques nuances près comme celles qui existent entre le malsain et l'insalubre, le fétide et le pestilentiel.

La pochette, sanglante, comme à l'accoutumée, est toutefois la moins réussie de la longue carrière du gang. Un mauvais premier pressentiment nous étreint. Mais c'est normal, c'est Unsane, un groupe qu'on aborde jamais avec décontraction, en tong sur un transat.

 

D'emblée, on constate que le son se fait de nouveau extrêmement opaque, rappelant celui d' Occupational Hazard. Nous voilà en partie soulagé. Flatulons gaiement. Copulons sans capote. Le côté quasi-mélancolique du prédécesseur disparaît aussi.

"Factory" agresse, baigné d'une atmosphère boueuse/haineuse. Sterilize semble donc bien parti pour nous injecter la dose de badassattitude qu'on aime, tout accro que nous sommes aux mauvaises vibrations. Les trois premières compos nous sautent ainsi à la gorge alors que "No Reprieve" sombre dans la décadence d'une maison de passe à la frontière mexicaine où les filles mortes se ramassent à la pelle.

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes

Des jours pourris où nous étions travestis.

En ce temps-là la vie était poubelle,

Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Les filles mortes se ramassent à la pelle.

Tu vois, je n'ai pas oublié...

 

Curan vrombit avec un sourire moqueur sur les cordes. Ça traîne pas, l'équarrissage est une science exacte. Tobe Hopper est crevé, pas Unsane.

"Lung" magnifie les leads passés sous H2SO4 en se vautrant dans la lourdeur jubilatoire. La nécrose menace, c'est un requiem pour un rêve là. L'American way of shit.

"Distance" gronde du hardcore sludge du plus méchant effet, patiné d'un blues défiguré. Intense, oppressant, le titre charcute.

"A Slow Reaction" nous brandit aussi un rasoir rouillée sous le pif. Spencer titube, défoncé au krokodil et nous invective pour qu'on lui file notre pognon, nos godasses et nos fesses aussi. HIV assuré. On n'est pas bien là, hein Tintin ! Et c'est bien ce qu'on recherche, avec le groupe.

 

Car Sterilize est la bande son des années Trump. On est baisé nous disent les New Yorkais. Paranos, malades, bouffés par la peur, dégueulant de rancœur. Les Unsane demeurent les mêmes peintres des bas fonds de l'âme humaine, d'un monde qui devrait être stérilisé une bonne fois pour toute.

 

F.O.A.D. (Biatch)

photo de Crom-Cruach
le 16/10/2017

3 COMMENTAIRES

Masstodon

Masstodon le 16/10/2017 à 14:50:37

Grosse mandale !!!
Bien meilleur que Wreck, des mélodies puissantes et lancinantes qui rappellent le glorieux binôme Blood Run / Visqueen.
Coup de cœur de cette fin d'année avec l'autre mandale, Samael / Hegemony.
Happy !

gulo gulo

gulo gulo le 17/10/2017 à 16:10:01

En putain de grande forme, les vieux, verts comme ça fait plaisir à voir ! Oubliés, Wreck et Visqueen, et c'est pas tant pis.

Neurisis

Neurisis le 20/10/2017 à 19:10:12

Quand j'écoute ça je pense immédiatement à ce groupe génial qu'était Breach! Urgent, violent, passionné, habité. Du lourd!

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Tracklist

01. Factory
02. The Grind
03. Aberration
04. No Reprieve
05. Lung
06. Inclusion
07. Distance
08. A Slow Reaction
09. We're Fucked
10. Avail

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