Vader - Thy Messenger

Vader - "Thy Messenger"
chronique Vader - Thy Messenger

Je dois bien avouer que ça fait un petit moment que Vader me laisse plutôt perplexe. Certes, il ne s'attardait pas non plus dans la médiocrité, loin de là, juste dans le quelconque. « Mais ça, c'était avant » dirait Krys. Parce que ce nouvel EP, Thy Messenger, n'a beau être qu'une simple mise en bouche sur l'opus long format à venir en fin d'année, il a le mérite de remettre les pendules à l'heure : la maison de retraite, ce n'est définitivement pas pour maintenant. Au contraire, on se retrouve face à une version requinquée du combo, celle qui te distribue pain sur pain dans la joie et la bonne humeur. C'est bien simple : cinq titres – trois inédits, un « Litany » réenregistré et une reprise de Judas Priest pour treize petites minutes. Cela semble rachitique et pourtant, l'intensité est tellement de mise que ça mérite qu'on s'y attarde tant ça fait un moment que le groupe ne nous a pas paru à ce point en pleine possession de ses moyens avec la vraie envie d'en découdre.

 

Des trois inédits, le tandem « Grand Deceiver » et « Despair » ne fait pas de quartier. Ca blaste à fond et ne se perd pas dans les longs discours inutiles – les solos sont là en revanche, aussi courts qu'inspirés – tant c'est vite expédié, à la punk. La production rend par ailleurs bien honneur à cette approche très typée glaviot revanchard tant il est certain qu'un Lemmy Kilmister n'aurait pas craché dessus. La cover de Judas Priest, « Steeler », justement se prend un traitement Motörheadien du plus bel effet. Moins véloce vis-à-vis du reste mais qui conclut bien les hostilités en te disant qu'il ne faut pas oublier qu'on est en période estivale, l'heure est donc à la fête et aux barbeucs/apéros. Le dernier inédit, « Emptiness », enclenche également un chouïa la pédale douce par rapport aux deux autres. Mid-tempo moins lourd et blastant, ça lorgne davantage vers du thrash, là encore de bon goût. Enfin, histoire de compléter le menu, si « Litany » n'a ici pas été revu et corrigé en terme de composition, il faut admettre que la production de Thy Messenger lui donne quand même une superbe pêche, à se demander d'ailleurs si cette version ne s'avère pas meilleure que l'originale sortie sur l'album du même nom il y a presque vingt ans.

 

Au final, le seul souci de Thy Messenger, c'est d'amener deux petites frustrations. Cet arrière-goût de « trop peu » tant des comme ça, on s'en farcirait bien le double sans broncher. La seconde est de savoir que le futur album ne bénéficiera pas de cette production typée death'n roll qui appuie hyper bien l'immédiateté et spontanéité omniprésente ici. Mais au moins, Vader prouve ici que la pépérisation, ce n'est pas pour maintenant et c'est tant mieux !

photo de Margoth
le 23/07/2019

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