Valse Noot - s/t

Valse Noot - "s/t"
chronique Valse Noot - s/t

C'est avec un certain enthousiasme que j'ai reçu mon premier disque (CD-R) pour une chronique chez Core And Co. Les Valse Noot nous ont écrit et j'ai reçu le bébé. C'est quand-même plus sympa qu'un lien bon pour le bandcamping. Je vous rassure, je n'écris pas pour recevoir des disques, ni même pour passer le temps, puisque je ne sais pas trop ce que le mot ennui signifie. J'imagine que j'ai de la chance. On s'en fout.

Cela dit, chers groupes, sachez qu'une biographie n'a pas de vraie utilité, contrairement à ce que veulent nous faire croire les soi-disant acteurs des scènes de musiques amplifiées mes couilles sur le canapé. Par contre un petit mot et un petit bonjour scribouillé avec le disque n'est pas de refus quand on est un sale con comme moi. La politesse c'est pas pour les porcs, bordel ! Alors... bonjour.
Allez, rien de grave. Place à la musique.

Valse Noot présente sur son premier EP sans titre (le groupe parle de demo, mais moi je n'ai jamais aimé cette appellation que je trouve péjorative) des idées ma foi intéressantes, légèrement décalées et originales. Voilà un groupe fureteur qui reçoit d'emblée mon respect.
J'y trouve un certain esprit Rock progressif, ce qui n'est absolument pas assumé par le groupe, qui préfère lui parler de Rock Noise croisé avec copain Stoner. Pourtant, je ne retrouve rien de tel dans leur musique presque sophistiquée, plutôt posée, réfléchie et qui prend son temps. Valse Noot est bien trop mélodique et relativement sage dans ses sonorités pour rentrer dans la petite case surpeuplée Noise. Et si un certain côté psychédélique est présent, il ne s'agit fort heureusement pas de gros Stoner bas du front avec riffs graves répétitifs et grassouillets et... chiants.
Non, le psychédélisme résolument moderne qui pointe parfois est plus à rapprocher d'une certaine idée de Rock libre et aventureux. Progressif, disais-je vaguement, pour ne pas bourrer le groupe dans une trop petite boîte et éviter les malentendus. Euh... raté ?

Ici ça joue bien, la batterie prend ses aises, les pelles à cordes prennent leur temps ou tricotent dans le psyché à delay, la basse groove comme il faut, et les compos s'étirent parfois un peu trop, même si on nage dans des atmosphères pas désagréables du tout.

Je le dirai tout de suite, le seul élément qui me gêne vraiment chez Valse Noot, c'est le chant. Si il est maîtrisé et également aventureux, il me paraît trop maniéré, pas naturel et trop proche de Mike Patton (attention...) voire même de ce bon gros papa poule à moustache Serj Tankian (aïe-aïe-aïe, là ça fait mal). Mais j'imagine que certains adorent ça. Très peu pour moi. J'attends plus de personnalité, plus de hargne, moins de calcul et de pose, plus de cordes vocales réellement violentées. Le vieil adage puant parle de chanter comme si sa vie en dépendait. Le truc, c'est que notre vie en dépend. Pour de vrai. Non ? Ah bon. Merde.

Sinon, OK, OK, autant pour moi, "Run Off The Main" comporte bien des riffs un peu Stoner, mais ils gardent une certaine subtilité. Et ce qui m'amuse, c'est la bouffée nostalgique qui monte soudain en moi, me rappelant la première incarnation de mon groupe : on était dans un délire assez proche, finalement. Vous en avez rien à cirer, mais moi ça me touche.
Ici, le chant pourrait être bien vu, le placement est chouette, mais c'est quoi cet accent et ces manières, là ? Désolé, ça ne passe pas chez moi.
On ressent bien une certaine tension et une volonté de suspens, avec ce morceau assez fortiche qui ne semble aller nulle part, qui se développe autour de lui-même sans véritable thème principal, mais qui reste plutôt axé sur un groove et une ambiance qui lui est propre. Pas de réelle explosion, le groupe joue avec la retenue et ne cherche clairement pas la confrontation directe et brutale.

D'ailleurs, le son général est tout à fait honorable mais manque quand-même de crasse et d'agressivité... sans pour autant chercher à faire Noise, hein, on s'est compris ?

Deuxième plage, on saute en plein Rock progressif psychédélique moderne (j'adore ce mot, « moderne », ça fait toujours autant désuet) qui se la joue ambiances Europe de l'Est. Le chant passe mieux sur le début de "Young Epic People" tant qu'il ne fait pas son Serj. Comme sur le morceau précédent, la tension est bien menée, j'aimerais seulement que les développements plus bruyants soient plus affirmés, plus couillus. Ça reste trop sage tout ça, surtout qu'on retombe vite dans le son clair caressé et petits roulements de toms-toms-toms, pour un bon bout de temps.

Qu'importe, le groupe a sa personnalité et propose toujours des choses réfléchies et quelques trouvailles. Ainsi, cette reprise de transe à 07:49 fait du bien par où ça passe, (un peu trop) dominée par cette voix pitchée. Mais je suis certain que le groupe est capable d'aller plus loin dans la montée en puissance, capable de se déchaîner complètement et de laisser libre cours à sa folie. Au travers de ces trois titres, Valse Noot ne nous font que deviner ce potentiel.

Ainsi je ne vais pas détailler les trois morceaux minute par minute car tout a été dit. Du moins, j'ai dit ce que j'avais à dire.
Ah non, puté, j'ai failli oublier de parler de la très belle ligne de basse saturée à la fin du disque, un des meilleurs moments de cet EP !
Bon, alors s'il fallait que je résume ma diarrhée, je dirais que Valse Noot est un groupe intéressant, plein de bonnes idées et de volonté, que j'ai envie de suivre. J'aimerais qu'ils y aillent vraiment à donf, avec plus de couilles, bordel !, et que le chanteur soit moins artificiel (Bon sang, ces manières, la prononciation ! Même le chant en français dans "Forbidden Garden" a un drôle d'accent!). Les ambiances, elles sont bien belles, mais faut que ça saigne, sacrebleu ! On est en 2012, le monde est toujours aussi pourri et faire de la musique, c'est lutter contre la mort, balancer des gros pains dans le vide, sans chercher à épater la galerie de cons qui nous entourent. Allez-y les gars, bastonnez, défoncez, frappez fort et soyez vicieux, sortez vos tripes, crachez-les nous à la gueule avec un sourire sardonique et de la démence dans les yeux.

Merci de votre envoi les gars et excusez-moi d'avance si je vous parais condescendant, ce n'était vraiment pas le but. Continuez bien !

photo de El Gep
le 17/10/2012

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 17/10/2012 à 21:36:54

Argh, le mec qui n'aime pas Patton et le Serjounet ! Corvée de patates !!!

el gep

el gep le 19/10/2012 à 20:56:37

Je dis pas, le Général a fait de bonnes choses, mais pas seulement, ouh-laaa. Je parlerai même pas de l'autre, là.

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 20/10/2012 à 12:46:01

On peut parler de Ron Thal sans les shreds aussi? En tout cas, l'extrait bandcamp n'est pas dénué d'intérêt...

bignoise

bignoise le 16/11/2012 à 10:05:15

pour se faire une autre idée :

https://www.facebook.com/home.php#!/events/355511501198963/

http://www.youtube.com/watch?v=blKpxRBfxRc

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