Vanhelgd - Deimos Sanktuarium

Vanhelgd - "Deimos Sanktuarium"
chronique Vanhelgd - Deimos Sanktuarium

Sortez les moon boots, les écharpes, les doudounes et les chapkas: le nouveau Vanhelgd débarque… Et c'est reparti pour l’embouteillage de déneigeuses et les bouts d’nez rougis à vif par le blizzard! Parce que vous croyiez quoi? Que pour leur 5e album, les Suédois allaient enfin vous donner des cours de Kite Surf ou d’encitronnage de Despé’? Bah voyons! De snowboard et d’encannellisation de vin chaud, éventuellement… Sauf que même pas, Deimos Sanktuarium continuant l’évolution logique entamée sur Temple of Phobos vers toujours plus de sombres ambiances et de déprime doomeuse, les sports d’hiver étant ici narrés plus du point de vue de Schumacher que de celui d’Edgar Grospiron.

 

Bon alors vous le savez ou non, mais mes oreilles ne raffolent pas plus que cela des processions mortuaires par gros temps, ni des lentes et longues lamentations qui amènent sans cesse le moteur mélodique à la limite de caler. Le Doom, les pétales de rose fanés dans la neige, les complaintes amères adressées aux dieux avant d’aller faire de la balançoire au bout d’une corde, les hurlements shriekés à l’unisson de la horde de loups du coin, bôarf, non merci… Du coup je voyais d’un mauvais œil cette orientation stylistique qui nous éloignait des fougueuses mélodies d’un Decameron pour laisser de plus en plus le froid ralentir les rythmiques et les ardeurs.

 

Et c’est vrai que de ce point de vue un « The Ashes of Our Defeat » est particulièrement pénible, à moins d'aimer se morfondre au son d’un Metal apathique, déprimé et déprimant – chiant, en somme. Quand on s'envoie ce genre de pièce de plus de 7 minutes, on a un peu l’impression de ressentir l’accablement du pauvre malheureux qui, ayant perdu son ski et ses battons 400 mètres en amont, doit se fader une ascension en chaussures de Robocop sur un mur verglacé. Le genre d’épreuve qui donne envie de s’adonner au harakiri alpin! Sur « Vi föddes i samma grav », il faut se farcir une minute de chœurs fanto-monastiques sur fond de riff désespéré avant d’être enfin extrait de l’avalanche. Moins extrémiste, « The Silent Observer » s'avère avoir de beaux atours… Mais trop long, trop incantatoire, trop monotone, on finit par décrocher. Et si le dosage est un peu mieux équilibré sur « Här finns ingen nåd », on a malheureusement l’impression que le groupe n’arrive pas à aller jusqu’au bout de son propos, les bonnes idées n’aboutissant que rarement sur de belles libérations métalliques justifiant les errances préalables.

 

Après, il ne faut pas croire: le constat face à Deimos Sanktuarium  n'est pas non plus uniformément noir-c'est-noir-il-n'y-a-plus-d'espoir. Car c’est régulièrement que les protestations occultes émanant de ces 7 pistes nous rappellent Necrophobic, Asphyx ou le Morgoth de Cursed (Remember « Sold Baptism »?). Par ailleurs, si l’ambiance générale est effectivement à l’accablement douloureux, par moments le groupe s’offre quand même quelques poussées de fierté justifiée, sur « Vi föddes i samma grav » notamment, mais également lors de cette attente fulminante qui gonfle après la barre des 4 minutes sur « The Silent Observer », ou sur LE morceau à part, « Profaned Is the Blood of the Covenant », qui peut agacer au premier abord du fait d’une approche vocale un peu lourdingue donnant l’impression que le préposé au micro dresse la liste des courses du mois... Mais qui finit par hypnotiser, puis séduire, ce lourd mouvement de balancier funèbre s’avérant finalement dangereusement attirant.

 

Glacé et sombrement sulfureux, Vanhelgd rétrograde donc une nouvelle fois de vitesse, mais garde néanmoins quelques beaux morceaux, son pouvoir de séduction n’étant donc que partiellement altéré. On espère quand même que sur son prochain album le groupe ne va pas se mettre au Doom pur et dur. En tous cas, quand on écoute Deimos Sanktuarium, on comprend mieux pourquoi les météorologues parlent toujours d’une « froide dépression venue du Nord »…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: mais jusqu’où ralentiront-ils? Si le Black/Death suédois évoque d’habitude plutôt des cavalcades effrénées à travers des landes couvertes de neige, le Dark Death/Black de plus en plus doomy de Vanhelgd semble au contraire s’orienter vers la mise en musique de l’activité atomique aux abords du zéro Kelvin. Ça bouge donc de moins en moins, et ça a même tendance à déprimer dur… Poussez donc les radiateurs au max si vous ne voulez pas vous chopper des engelures en écoutant Deimos Sanktuarium!

photo de Cglaume
le 04/01/2019

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