Venom - Storm The Gates

Venom - "Storm The Gates"
chronique Venom - Storm The Gates

C'est quand on commence à chroniquer les successeurs des sujets des toutes premières chroniques écrites pour une crèmerie en particulier que l'on se dit que l'on passe un cycle. Et que l'on fait pleinement partie des meubles. C'est ainsi que j'en arrive à me farcir le nouvel album de Venom (le vrai, l'original avec Cronos et non Venom Inc.), Storm The Gates. Un groupe qui fait lui aussi partie des meubles du paysage metallique en plus de ça. Et à l'image de cette nouvelle monture, je ne vais pas forcément me fouler puisque je vais reprendre l'idée de ce que j'avais pu écrire sur la chronique du sympathique From The Very Depths. Qui était juste méchant sans l'être trop au point de tourner au ridicule. Pour ce quinzième album, le père Cronos a décidé de voir les choses différemment : le méchamment gentillet. Un peu de méchanceté çà et là toujours mais surtout tout un tas de bonnes intentions comme nous livrer une offrande généreuse qui s'étire sur la durée ou encore de délaisser le « côté relativement plus moderne » pour revenir aux sources du primaire cradingue qui pue bien la transpiration des jeunes années, histoire de ravir les fans nostalgiques.

 

Mais voilà, dans ce cas précis, on se situe pile poil dans la case de « l'ennemi qui te fait des crasses à tout bout de champ depuis des lustres se décide à se montrer une beau matin aimable et mielleux ». Ce genre de situation dont on ne se réjouit pas spécialement tant tu ne peux pas t'empêcher de penser que ça cache quelque chose. Il n'y a pas besoin de multiplier les écoutes qu'on tombe en plein dans le mille du « mais ce n'est que pour mieux t'entuber ». Plutôt salement. Littéralement. Parce que faire dans la prod' cracra comme à la grande époque, c'est une chose mais là, on explose au niveau du pire. Le old-school est une chose mais le « approximatif du cul qui n'est même pas foutu d'être constant et homogène dans son ensemble » en est une autre. Avec des moments de mise en son cléments pour les oreilles (« Bring Out Your Dead ») et d'autres absolument immondes (« Suffering Dictates », tout particulièrement dans sa seconde moitié hyper sifflante).

 

Ensuite, cet élan de générosité... Mouais, pourquoi pas mais ça passe difficilement pour Storm The Gates qui pue la fainéantise. Déjà parce que des « Beaten To A Pulp » et « 100 Miles To Hell » ne représentent pas du matériel inédit puisque déjà sorti par le passé sur un EP. Et qu'il y a tout un tas de beaux moments de gênance où l'on sent que l'inspiration frôlait le zéro absolu. Allant même jusqu'à singer du Motörhead en BEAUCOUP moins bien sans même rechercher à se le réapproprier un minimum (« We The Loud »). Et bien évidemment, à se pomper soi-même, dans la plus grande désuétude, sans spécialement que l'on y sente la moindre once de conviction (« Storm The Gates » qui aurait sans nul doute marqué un mauvais point s'il avait figuré sur At War With Satan, « We The Loud » très vilain clin d’œil d'intitulé à « Too Loud » qui ne méritait pas ça). Bref, des bons gros moments moches qui laissent amers. Il y a aussi la catégorie du correct quelconque qui sera toléré ou traité avec une cruelle indifférence selon l'humeur du jour (« Notorious », « I Dark Lord »). Tandis que d'autres, inespérés, iront ravir bien plus, jusqu'à sauver le navire du naufrage de justesse. Même si ça abuse des gimmicks que l'on ne connaît que trop bien. Mais qui marchent (encore) bien dans la catégorie du petit plaisir nostalgique. Notamment via les vocaux de « Destroyer » qui sauve les meubles en jouant la carte du lugubre bien second degré comme on l'aime ou encore les fulgurances thrashtrippantes de « Over My Dead Body » ou « The Mighty Have Fallen ».

 

Bref, Cronos très méchant, ça ne marche pas. On découvre avec Storm The Gates que Cronos trop gentil, ça ne marche pas spécialement non plus. Enfin, était-il si gentil parce que là, on a plutôt l'impression qu'il s'en cognait pas mal...

photo de Margoth
le 16/04/2019

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 16/04/2019 à 12:05:22

Il paraîtrait que le groupe travaille déjà au suivant, "Un suppo et au lit" !!

loic

loic le 17/04/2019 à 20:55:18

je ne vois pas du tout le rapport avec Motorhead
Les remarques sont pour la plupart déplacées. Bref...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 18/04/2019 à 11:30:25

La prod est sympa au contraire: on dirait celle des groupes de Rawpunk brésiliens des favelas (la batterie est donc particulièrement dégueulasse).

Margoth

Margoth le 18/04/2019 à 16:58:59

Effectivement loic, je me suis emmêlée dans les titres, c'est "We The Loud" qui sonne Motörheadien. C'est fou ce qu'on peut être distrait (et éventuellement déplacé) lorsque les écoutes d'un album nous a "un brin" emmerdé...

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