Venosa - Dancing together under a rain of ashes

Chronique CD album (40 minutes)

chronique Venosa - Dancing together under a rain of ashes
Il est bien loin ce temps où le screamo Orchidien consistait à une minute maximum de furie, de cris maladifs. Aujourd'hui le screamo a grandi, il s'est inspiré d'autres musiques en tentant de conserver cette sincère douleur de vivre. Puis, force est de constater que la scène screamo française est sans doute parmi les plus intéressantes du monde aux côtés des japonais, américains et suisses.

Venosa fait donc parti de cette nouvelle génération de groupes pour qui la décadence est un art de vivre, mais pour qui la progression vers le chaos musical doit être un acte réfléchi.
C'est de cette démarche que semble être né Dancing Together Under A Rain Of Ashes.

Un album qui comporte hélas des défauts relevables dès les premières secondes. A commencer par une "hyper compression" du son. Sensation plutôt désagréable car à aucun moment on se sent entièrement meurtri par les violentes éructations du "chanteur" ou l'âpreté des riffs. Ce traitement du son éloigne malheureusement un peu le groupe de son auditeur pour un genre qui cultive la proximité voire "l'acuité" de son public.

Mais quelques effets au contraire réussissent à tirer vers les abysses où Venosa a établi ses quartiers. Que dire de cette intro de "I've slept with the devil bitch"? Grâce à la superposition de hurlements, elle nous tord les boyaux pour que sur les 5 minutes suivantes nous devenions esclaves de la puissance du groupe (avec ce passage mémorable au bout de 3 minutes).
Le point le plus important de la musique du groupe est donc l'aspect progressif, qui loin d'être pompeux, nous fait passer par plusieurs états pour finalement nous laissés complètement lessivés à la fin de chaque titre.

Les breaks habilement placés en milieu de morceau sont en général des leurres pour nos oreilles, car toujours, Venosa reprend son œuvre chaotique. Si ce modèle est un peu trop facilement repris sur l’ensemble de l’album, il est une pause indispensable pour la pleine appréciation de ce que produit le groupe.

A cela il faut ajouter les interludes que sont : "Voices breathes and whispers" avec sa superposition de chants ambiants, "Tell them this is not over" avec le plus mélancolique des instruments : le piano. Ce même piano qui clôt dans un flot de samples paniqués et ultra violents la décadence que Venosa a recherché (et finalement atteint grâce à cette piste) durant 40 minutes.

40 minutes durant lesquelles on pense à certains grands noms de la scène, à savoir The third memory pour le côté rockin’core avec l’intro de "We are living in a Romero movie", ou encore Daïtro, Gameness, Mihai Edrisch pour certaines envolées de guitare ("Our spiritual fathers has been sterilized"), et certains cris agonisants.
La surprise tiendra peut être dans "Never say goodbye" et son riff d’intro qui sonne rock sudiste, avec cette empreinte très rock’n’roll avant d’accélérer, mais sans jamais tomber dans un emballement trop poussif du tempo.

L’ensemble souffre d’une production qui aurait le mérite d’être plus léchée tant Venosa trouve l’équilibre sur cet album relativement complet. Les fans du genre y trouveront de toute façon leur compte mais avec la désagréable sensation que le groupe aurait pu construire quelque chose d’encore plus fort.
photo de Tookie
le 30/06/2009

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