Virvum - Illuminance

Virvum - "Illuminance"
chronique Virvum - Illuminance

Illuminance… C’est con mais initialement ça m’a fait penser à Scarve, sans doute du fait de la proximité lexicale avec le trio Irradiant / Luminiferous / Translucence. Et c’est vrai qu’on pourrait presque oser un timide début de comparaison musicale avec les Français tant les 2 pratiquent un Death exigeant qui laisse le souffle court.

 

Sauf que chez Virvum, la déco c'est "Dentelles Progressives & Horlogerie de pointe", là où Scarve préfère laisser poutres et boulons apparents. Mais attention hein, n’allez pas imaginer que les Suisses sont des freluquets à particule et perruques poudrées: Illuminance n’est pas le genre d’album que l’on écoute avec le petit doigt en l’air – à moins d’aimer boire du jus de phalanges broyées. Quand le groupe passe en mode supraluminique, ça blaste comme au plus fort d’une pluie d’astéroïdes! Ecoutez rien que les premières secondes de « The Cypher Supreme », et vous conviendrez vite qu’élégance et virulence sont loin d’être incompatibles. Mais c’est vrai que sur ce premier album (premier? Nom de Zeus!!) les séances de décapage au sable alternent avec les discours guitaristiques les plus éloquents, des nappes de clavier pour tables de réception richement garnies et autres chefs d’œuvre de haute broderie.

 

Illuminance, c’est donc une dose de Cynic’n’Sadist pour la sophistication technique, une dose de Gorod pour la capacité des twins à incorporer des mélodies marquantes jusque dans leurs assauts les plus agressifs (écoutez donc le début de « Tentacles of the Sun »), et une dose de Brutal Death à petite cuillère en argent pour les biscotos saillants et le growl (… secondé de poussées plus nettement shriekées). Sans oublier quelques échantillons grassement moshesques (méchant break-dooooooooooooown à la moitié de « II: A Final Warming Shine: Ascension and Trespassing »!).

 

Pas de moment faible sur cet album aussi varié que finement usiné… Quelques moments plus particulièrement forts par contre. Comme l’introductif « The Cypher Supreme », donc, qui n’est autre qu’un putain de CV + lettre de motivation de 2 minutes et demi (… « ‘z’êtes engagé l'ami!»). Le formidable bouillonnement mélodique « Ad Rigorem », ainsi que son frère-jumeau « Tentacles of the Sun » (… jumeau en terme d’accroche, de mélodicité et de "gorodicité"). Et enfin le sublime « II: A Final Warming Shine: Ascension and Trespassing » dont émane ce genre de lumière céleste habituellement dégagée par les disques de Devin Townsend. Sans compter que ce titre comporte une partie orchestrale non pas issue d’un vieux clavier Yamaha hyper-tuné, mais bien de véritables instruments classiques, nos gaillards manipulant violons, trombones et autres cuivres aussi bien que les armes lourdes instrumentales du Death.

 

Illuminance est donc le premier bijou d’un maître-joailler suisse (... font pas plutôt des horloges et du chocolat d’habitude?) qu’il va falloir surveiller attentivement ces prochaines années. 30 euros que tout ce beau monde va atterrir sur un label classieux pour sortir son prochain album… Qui prend les paris?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: dans la série des grosses claques technico-mélodico-bluffantes, je voudrais Illuminance, premier album à la classe monstrueuse qui remet la Suisse au milieu de l’Europe des Gorod, Obscura, Sadist et autres Beyond Creation (comment ça le Quebec ce n’est pas en Europe!?)

photo de Cglaume
le 23/06/2017

3 COMMENTAIRES

Niktareum

Niktareum le 25/06/2017 à 22:34:29

Jolie chronique mon lapinou, pour ce qui restera pour moi peut-être l'album de 2016. Je m'en serais bien laissé mordre une par JC si ça ne t'avait pas plu !!

cglaume

cglaume le 26/06/2017 à 06:29:38

En même temps le JC il ne t'en a pas justement mordu une au VIP? :D

Niktareum

Niktareum le 05/07/2017 à 23:59:01

Une épaule, oui !

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