Vulture Industries - Stranger Times

Vulture Industries - "Stranger Times"
chronique Vulture Industries - Stranger Times

Les moqueries de mon collègue Cyril vont encore fuser, mais je m'en fous la bile du lapin n'atteint pas le fier panda. Et je sais qu'il est jaloux de mon service à thé Solefald. J'écouterai Stranger Times en dégustant ma verveine Arcturus et mes biscuits sablés Ulver. Toujours est-il que j'ai toujours eu une sympathie particulière pour Vulture Industries, un groupe qui m'avait accroché l'oreille dès son premier E.-P. sorti en 2005. Pensez donc, avant-garde, BM, Bergen, une passion non dissimulée pour La Masquerade Infernale, les étoiles étaient parfaitement alignées. Depuis, au fil des sorties, le quintet, mené par Bjørnar E. Nilsen, producteur réputé (Taake, Galar...) a largement gagné en personnalité et affiné son style.

 

Donc, déjà le quatrième album pour les Norvégiens, et une nouvelle étape dans leur évolution musicale. La première chose qui saute à l'oreille est le caractère plus posé de l'ensemble. Les structures des titres sont beaucoup plus faciles à suivre, il n'y a qu'à voir la durée des titre. L'opération avait déjà commencé sur The Tower mais Stranger Times atteint ici une certaine forme de plénitude, tout semble plus maîtrisé alors qu'on ressentait chez son prédécesseur un sentiment de transition.

 

La production, maison, est une nouvelle fois nickel, équilibrée, laissant entendre tous les instruments, tout en conservant une certaine abrasivité propre au BM. Le succès de la campagne de crowdfunding a permis à Vulture Industries de collaborer une nouvelle fois avec Costin Chioreanu, qui a déjà mis en scène plusieurs show du groupe et réalisé l'artwork de l'album précédent. Cette fois-ci, l'artiste roumain s'en est donné à cœur joie pour développer tout un univers décadent, très Steampunk / XIXè autour du corbeau et du cirque, et a réalisé un clip particulièrement délirant dans les rues de Bergen pour « Something Vile ».

 

On retrouve le côté bipolaire qui a toujours caractérisé le groupe, même dans le tracklisting, la première partie du disque, la face A du vinyle, paradoxalement, est la plus osée car la plus classique dans sa forme, largement moins folle que ce à quoi le groupe nous a habitué auparavant. La seconde partie est quant à elle plus conforme au visage qu'il a montré jusqu'à présent. Un peu à la manière d'un Arcturus sur Arcturian, le groupe a gagné en efficacité et force d'impact ce qu'il a perdu en folie créative. Moins expérimental, il n'en reste pas moins à la recherche de nouveaux territoires à défricher, et chaque titre apporte son lot d'originalité, un solo épique sur « As The World Burns », une trompette sur « The Beacon ». Mais ce qui tranche le plus, c'est la variété du chant de Nilsen, qui fait preuve d'une grande maîtrise dans des registres variés. Alors que musicalement, Vulture Industries s'est d'une certaine manière assagi, il en a pris le contre-pied et il déploie une large palette vocale, à en être parfois méconnaissable.

 

Avec « Stranger Times », le quintet norvégien s'éloigne largement des terres d'avant-garde tout en continuant à expérimenter. Il nous livre une œuvre d'une grande force mélodique et d'une maturité rare qui finit de l’asseoir parmi les grands déjà mentionnés plus haut.

photo de Xuaterc
le 20/10/2017

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 20/10/2017 à 12:17:43

Pas de moqueries non: j'aime bcp Vulture Industries moi aussi ;) Et ta note ma rappelle qu'il faut que j'écoute ce petit nouveau !!

Xuaterc

Xuaterc le 20/10/2017 à 13:56:17

Tu passes boire le thé et on écoute ça?

cglaume

cglaume le 20/10/2017 à 14:01:15

J'amène les madeleines !

Margoth

Margoth le 27/10/2017 à 22:29:39

Ça fait quelques chroniques que je vois qui annoncent qu'il s'agit là d'un album "sommet". Il va vraiment falloir que je m'y penche !

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