Waltari - Rare Species

Chronique CD album (59:32)

chronique Waltari - Rare Species

Pour ma pomme qui est tombée dans la marmite Waltarienne sur le tard – mais qui, album après album, a vécu coup de foudre sur coup de foudre –, la chronique de Radium Round écrite en ces pages par Miss Margoth était un énorme point d’interrogation. Comment? La bande à Kärtsy serait-elle capable de pondre un album ne méritant pas même un 8/10? Est-il vraiment concevable qu’ils puissent commettre des refrains « … tellement simplistes qu'ils en deviendraient presque consternants »?

... Ou bien ma chère collègue n’aurait-elle pas un peu trop forcé sur la discographie de Lacuna Coil et les digestifs à base de jus de vieille batterie usagée?

 

Eh bien pas sûr. Ou en tous cas ce ne sont sans doute pas ces excès musicalo-mécano-éthyliques qui expliquent à eux seuls la sévérité relative de son jugement. Cette conclusion, vous l’aurez compris, c’est la découverte de Rare Species qui m’y a conduit. Car tout comme son alter ego le précédant immédiatement dans la discographie du groupe, cet album artworkesquement caméléon l’est sans doute (un peu!) moins musicalement que ce à quoi on était habitué jusque-là. Et il est effectivement beaucoup plus crémeusement Pop que beaucoup des autres méfaits des Finlandais.

 

Mais ce n’est pas le seul fil rouge qui le relie à Radium Round. Car outre ce côté très "radio friendly", Rare Species est truffé de mélodies de synthé rose fluo et de beats Electro synthétiques. Ce qui n’est pas forcément rédhibitoire quand on s’appelle Waltari. Sauf que cela appuie fortement sur la pédale du frein de l’enthousiasme lorsque tel ou tel morceau ne réussit pas à placer tous les autres indicateurs dans l’azur pur des jardins olympiens du génie musical.

 

Ainsi donc, rentrez-vous bien ceci dans le crâne: placer Rare Species entre vos oreilles vous expose à une grosse dose d’Indus Metal FM (cf. Pain dans ses moments les plus softs), de Punk Pop à grosses guitares et de Dance Metal à synthé synthétique. La chose étant de plus agrémentée de chaudes et positives coulées de miel qu’on croirait parfois extraites de la discographie Townsendienne. Que même que peu nombreux seront ceux qui vous accuseront d’être un vil amateur de bruit quand vous placerez le CD dans l’autoradio du Kangoo familial. Il faut quand même avouer que parfois, c’est vraiment too much. Notamment sur un « What I really Know » vraiment trop facile, qui vous dégouline sur les lobes façon sirop d’érable céruménique. Comme « Dream », au clavier vraiment hyper glucosifié (… mais sauvé par un refrain grand, qui fait de gros câlins en peluche). Comme cette rythmique made in « Les Inconnus imitent A-Ha » et ce clavier Casio entêtant sur « Quick As A Day » (… ce qui ne suffit cependant pas à nous faire détester ce bon petit morceau attachant).

 

Malgré tout, on baisse vite la garde face à cette débauche d’accroche 0% prise de tête. Car « One Day » démarre les choses en grand, tout en ménageant un chouette petit épisode de Fusion old school avec DJ scratcheux à la Mordred.  Et puis ce petit goût Indus-light-sur-lit-de-riff-Metalliquesque des couplets de « Life Without Love » est vraiment super sexy. Sans parler des bonnes vieilles saccades de « Megacity Rain » qu’on verrait bien reprises avec un petit supplément de poils par Fear Factory. Et c’est même encore plus bonnard sur « My Pain », qui propose une sorte de Fusion tendue de la basse empruntant quelques gimmicks à la House Music (... pour ce que j’en connais). Ou sur le dansant « Alone », même pas cramé par une boucle synthétique à la limite du Troll mélodique. Ainsi que sur le pur tube Waltarien « Wasting My Mind », qui cavale vers le futur avec entrain, confiance, et une belle lead aérienne en guise de panache blanc.

 

Au final, que cette galette ait réussi ou non à rassasier notre soif de foldinguerie métallique, Kärtsy et ses boys tiennent à nous rassurer quant à leur ligne de conduite en nous rappelant que pour eux, la musique c’est « No Limit ». Que le résultat nous plaise ou non. Pour ce faire, les Finlandais fusionnent le temps d'un titre le fameux « No Limit » de 2 Unlimited avec le « Symphony of Destruction » de Megadeth – si si, ça le fait –, auxquels s'ajoute encore un petit air fugace échappé de chez The Offspring, vers la fin (à 5:59). OK, le résultat ne tient pas du chef d’œuvre absolu, mais il y a de quoi applaudir la démarche!

 

Alors oui, Rare Species fait plutôt partie du bas du tableau de la discographie Waltarienne. Ce qui ne réussit pourtant pas à en faire un album dispensable.

 

... Les prendra-t-on jamais vraiment en défaut, ces loustics?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte:  plus roudoudou que d’habitude, Rare Species est un album qui trace sa route entre Metal Electro-Indus moelleusement accessible et Pop Punk Metal pour radio rock, sans trop de ces grands écarts complètement barjots qui caractérisent habituellement Waltari. Quoiqu’il y en ait quand même certains. Et des juteux. Du coup vous trouverez quand même de quoi sourire de contentement sur cette galette mineure, mais néanmoins mignonne!

photo de Cglaume
le 26/03/2017

5 COMMENTAIRES

mcmetal

mcmetal le 27/03/2017 à 08:50:41

Une ifi d 'albu plus poussive mais j 'aime beaucoup cet album

mcmetal

mcmetal le 27/03/2017 à 08:51:05

une fin d 'album *

Margoth

Margoth le 04/04/2017 à 11:25:09

Je ne sais pas pourquoi mais avec cet album, je m'imagine toujours des clips animés où le caméléon de la pochette chante aux côtés de la grenouille qui joue du banjo de "Love Is All" de Roger Glover... Bon, ok, les shots de vieux jus de batterie ont peut-être été un peu trop fortiches ces derniers temps ;)

cglaume

cglaume le 04/04/2017 à 12:27:02

Il semblerait ha ha ! :D

Margoth

Margoth le 04/04/2017 à 13:03:22

Plus sérieusement, c'est l'album que j'aime le moins dans la disco de Waltari. Il y a de bons trucs qui en ressortent mais il manque cruellement d'accroche je trouve.

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