Waltari - Yeah! Yeah! Die! Die! - Death Metal Symphony in Deep C

Waltari - "Yeah! Yeah! Die! Die! - Death Metal Symphony in Deep C"
chronique Waltari - Yeah! Yeah! Die! Die! - Death Metal Symphony in Deep C

Yeah! Yeah! Die! Die! - Death Metal Symphony in Deep C n’a pas grand-chose à voir avec les albums-kaléidoscopes dont Waltari est coutumier. Et ce même si les Finlandais nous ont habitués à l'inhabituel, et qu'ils n'ont eu de cesse depuis leurs tout débuts de dynamiter à la racine la notion même de Hors Sujet. Parce qu'on est d'accord: en général se passer un album de la bande à Kärtsy, c’est un peu comme d’aller au cinoche mater Qui Veut la Peau de Roger Rabbit?: ça part dans tous les sens, c'est hyper décontracté des sandales, et globalement excellent. Alors qu’avec ce 5e album, c'est plutôt à l’Opéra qu'on se rend, pour y assister cette fois à une retranscription live de Fantasia. On reste dans le cartoon animalier, certes. Mais cette fois il y a un orchestre symphonique – Avanti! de son petit nom –, et il n’est pas là pour faire pouët-pouët dans le dos de rock stars en quête de paillettes. C'est que nos amis endimanchés ont des choses à dire, et ils n'ont pas l'intention de jouer les figurants effacés!

 

Mais arrêtons d’aborder l’ascension de ce sommet artistique par sa face Nord – la plus bordélique – et de faire comme si tout le monde était au courant du QuoiQuonCause. Apprenez donc, vous autres qui ne savez pas encore de quoi il retourne ici et qui vous apprêtez à vous prendre une maousse de claque dans les oreilles, que Yeah! Yeah! Die! Die! a été composé sur 4 ans, dans le but initial unique de donner des représentations live d’une œuvre trait d’union entre les mondes de la Musique Classique et du Metal. Ce n’est que plus tard que la chose fut enregistrée, afin que toute cette débauche d'énergie et de talent ne reste pas qu’un magistral mais éphémère concours de pets dans l’eau. Au programme, donc, un orchestre symphonique, acteur central utilisé non pas pour muscler des compos Rock’n’Roll maigrelettes mais pour animer une grande partie de l’action. Et pour bien enfoncer le clou au plus profond de la partition, une chanteuse lyrique, dans la plus pure tradition. Face à cette armée de queues-de-pie et de robes de soirée, une formation "Rock" classique œuvrant pour majorité dans un Death Metal qu’on qualifiera pour simplifier de Morbid Angelien, avec pour assurer le growl – particulièrement glaireux – Tomi Koivusaari d’Amorphis.

 

Eh oui.

 

Et ce n’est pas fini. Car quitte à fusionner la Musique Classique avec sa descendance, Waltari ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Du coup son Death dérive très fréquemment vers le Thrash, le Punk – et ses petits frères morveux Crust et Grind –, le Doom (... au début de « Time, Irrelevant »), mais aussi carrément vers la Pop, la Techno / E.B.M. et le Hip-Hop. Mais oui! Et putain ça bute les copains!!!! Alors certes, si l’on n’est pas amateur de « Grande Musique », on pourra tirer un peu la tronche à l’écoute de « Misty Dreariness » et « Completely Alone », pièces qui ne laissent quasiment percer aucun élément « moderne », et qui plus est font pour grande partie dans l’atmosphérique, dans le duvet en plumes d’oie et dans l’expression des humeurs de l’âme plutôt que dans la grosse armada burnée et la démonstration de force. Par contre les 6 autres titres offrent ce que la Fusion a de plus grand – du moins quand celle-ci s’attaque à la Musique classique – et ce bien avant que (ou, pour certain, en même temps que) les Therion, Hollenthon ou Septicflesh ne se soient attaqués à l’exercice, avant que Nightwish n’ait popularisé le Castafiore Metal, avant qu’Apocalyptica n’ait montré le potentiel Metal des quatuors à cordes, avant que le Beauty & The Beast Metal n’ait explosé, avant que Luke Kelly n’ait révélé la face Punk d’Amadeus, avant que Diablo Swing Orchestra n’ait prouvé que les divas peuvent elles aussi faire les marioles.

 

Pour goûter au mélange Metal / Classique dans ce qu’il a de plus « standard » (… qu’est-ce qu’on ne se retrouve pas à écrire au sein d’une chro de Waltari!), il faut écouter les monumentaux « A Sign » et « Time, Irrelevant ». Plus métissé et plus barré, « Deeper into the Mud » nous emmène par moment voguer du côté de Diablo Swing Orchestra, tandis que « The Struggle for Life and Death of "Knowledge" » fait prendre à la composante Metal des atours plus sauvages, plus noisy. Mais le pompon pour ma pomme est atteint sur le génial Rap symphonico-lyrique de « Move », puis sur l’improbable et sublimissime « The Top », où riffs Indus, beats Techno, orchestre enflammé et l’union sacrée des chants de Kärsty, de la diva et du growleur de service (« …Go to eternityyyyyyy! ») emmènent l’album vers un apogée qui va au-delà des mots. Comment l’album aurait-il pu finir mieux que sur cette magistrale synthèse? Facile: en incluant un morceau bonus entre Rock’n’Roll et Punk Rock, « How Low Can U Go? », aussi bouillonnant que gouailleur, chargé de faire redescendre l'œuvre dans des contrées plus détendues du slip – quoique l’orchestre ait été une dernière fois appelé à la rescousse, mais cette fois dans des proportions plus modestes.

 

Alors au risque de passer (une fois de plus) pour le mec qui s’enflamme facilement et part au quart de tour, pour moi le qualificatif qui colle le mieux à cet album est celui de « Visionnaire ». Rien de moins. Sauf qu’en plus les gars à l’origine de ce monument sont plus du genre à avoir la banane que le melon… Ce qui rend la chose encore plus exceptionnelle! Visionnaire, donc, mais « à la cool »... Putain j’adore ces mecs!

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: « Sorti en 1996, je suis à la fois le plus violent, le plus légendaire et le (plus?) cinquième des albums du groupe qui m'a composé. Mêlant Musique Classique et chant lyrique au Death Metal, au Punk mais aussi au Hip-Hop, à la Pop et aux Musiques électroniques, je porte en mon sein le gêne qui donnera naissance aux œuvres d’Hollenthon, Nightwish, Apocalyptica ou encore Diablo Swing Orchestra. D’aucuns disent que je suis L’album de Fusion ultime. Je suis… Je suis…? »

photo de Cglaume
le 31/07/2016

1 COMMENTAIRE

mcmetal

mcmetal le 01/08/2016 à 06:58:58

Un monument de trouvailles fusionnnates géniales

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