War Agenda - Night of Disaster

chronique War Agenda - Night of Disaster

Non, pas « War Ensemble »: War Agenda. Mais vous avez raison, ces Teutons toniques ont développé un mimétisme assez avancé avec les icones américaines. Quoique ces petits nouveaux aient plus à voir avec un Slayer des villes – le genre qui porte baskets, T-shirt L.A. cradoc et descend ses canettes de Bud au skate park – qu’avec un Slayer méchant. C’est qu’au lieu de mutiler d’innocentes victimes sur fond de double pédale et de riffs supersoniques, les Allemands sont plus du genre à balancer des baffes Urban Moshing Thrash mid tempo, un peu comme le pratiquait Anthrax – voire, quand la gouaille du frontman glisse vers le registre de Gerre –, comme un Tankard plus roublard que rigolard. Et des fois que vous n’auriez pas encore bien saisi à quoi ressemble le bac à sable dans lequel s'agitent nos gaillards, on ajoutera qu’il émane plus qu’occasionnellement de leurs 10 compos de vieux relents de Sacred Reich, ainsi que quelques vapeurs piquantes façon Crossover Thrash.

 

Maintenant il n’y a pas vraiment lieu ici d’aller déboucher la meilleure bouteille de votre réserve à grands crus pour grandes occasions. Car ce 1er album est plus rempli de bonne volonté que de pépites révolutionnaires. Avec War Agenda, jouer du Thrash old school signifie plus que jamais recycler, réitérer, resucée (j’aurais préféré un infinitif mais en l’état ça ne le faisait pas). D’ailleurs si vous avez du temps à gaspiller, il y a 2 jeux auxquels vous pourrez vous livrer en écoutant Night of Disaster: 1) tenter de dénicher un riff qui sonne inédit 2) essayer de citer les références qui se cachent derrière toutes ces impressions de déjà-vu. J’avoue ne m’être que peu adonné à la première de ces activités, le niveau de difficulté étant trop élevé, et celui de ma patience ne l'étant pas suffisamment. Par contre pour le 2e jeu,  j’ai réussi à relever deux « emprunts » assez nets: le riff martelé du « Arise » de Sepultura sur « Sentenced », et le début de « Dead Skin Mask » (de…, de…?) en ouverture de « Destiny of a Mad Man ».

 

Par contre c'est vrai que, comme avec la plupart de ces groupes qui se prélassent dans le confort tiède du Photocopieuse Metal, il nous est quand même parfois offert quelques bons petits moments bien enthousiasmants, comme sur l’introductif « Shot to Pieces », sur le morceau titre, ou encore sur le plus épique « Time Heals Nothing ». Pour le reste par contre, on navigue entre le raplapla le plus crêpe-bretonnesque et le vite-headbangué-vite-oublié.

 

Selon War Agenda, la guerre du Thrash se mène donc à l’ancienne, tous riffs dehors, tête baissée, en répétant sans fin les classiques étudiés en première année d’école d’officier. Point de frappe chirurgicale ici, ni de mouvements stratégiques novateurs. Pour les guitares sol-air guidées au laser et les méthodes de riposte modernes en milieu urbain hyper-connecté, voyez plutôt avec les généraux Vektor ou Crisix. Parce que dans la jeep Night of Disaster, on transporte plutôt les bidasses bourrins que les futurs héros de la guerre 2.0…

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: énergiques, sûrs d’eux, gaillards, les p’tits gars de War Agenda sont malheureusement  aussi un poil balourds, et particulièrement peu imaginatifs. Leur premier album fait donc logiquement dans le Thrash old school bien sympathique, mais complètement dispensable.

photo de Cglaume
le 25/10/2016

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