Wear Your Wounds - WYW

Wear Your Wounds - "WYW"
chronique Wear Your Wounds - WYW

Pour Jacob Bannon et Kurt Ballou il y avait déjà eu le chouette projet Supermachiner hors leur groupe respectif, Converge, mais qui n'avait malheureusement pas perduré. Il y a aujourd'hui Wear Your Wounds. Toujours accompagnés d'autres musiciens reconnus, ils tracent à nouveau un chemin musical différent de ce à quoi ils nous ont habitué. Cette fois sur les notes et pensées de Jacob Bannon accumulées au cours de ces précédentes années.

 

« Wear your wounds », ça peut être « porte ta croix », comme « soit fort de tes blessures ». Si Converge représente à merveille la deuxième interprétation, Wear Your Wounds, le groupe, reflète davantage la première. C'est bien la tristesse et la mélancolie qui nappent ce premier album. Tout est histoire de ressenti me direz vous. Même si un morceau massif (Supermachiner-like), "Best Cry Of Your Life", laisse pointer la force de la douleur en direction du renouveau, tout comme cette puissante, frappante et obsédante batterie sur "Iron Rose" (qui peut évoquer celle de "You Fail Me" de Converge ou de "Afghamistam" de Botch) et accompagnée de ces notes guitare en apesanteur (Crippled Black Phoenix-like Pink Floyd), rien n'y fait, les fantômes hantent cet album. Et sûrement, Jacob Bannon. Et il ne semble pouvoir s'en dépêtrer. Les parties piano/synthé assez sobres, simples, minimalistes dirons-nous, n'aident pas il faut dire. Tout comme l'absolue non-joie exprimée par l'appellation des morceaux (je vous laisse les lire/traduire juste à gauche de l'écran).

 

Si au regard de cette tonalité l'album peut rester difficile à porter, cela n'en exclut pas de très beaux moments. Comme précédemment évoqué, "Best Cry Of Your Life", "Iron Rose", mais aussi "Heavy Blood", puissant, martial, glacial, ou "Breaking Point" qui, il faut le dire, sonne énormément Crippled Black Phoenix avec une longue partie instrumentale tenue par deux trois notes guitare, étirées, pour être laissées en apesanteur (post-Floyd).

Ils varient donc ici différentes températures. Du slow-core épuré ("Goodbye Old Friend" avec sa guitare acoustique), à l'habillage minimaliste, ou aux déformations machinesques, de ce froid ambiant ils laissent néanmoins, régulièrement, s'échapper de chaudes envolées post-rock presqu'à chaque fois dirigées par une guitare aux mélodies déjà identifiées.

 

« I need you to be the strength of widows and soul survivors

I need you to be as fearless as new mothers and new fathers

I need you to be the hope of hearts who lost true love

I need you to be the might of their first kiss

I need a purpose and I need a reason

I need to know that there is trophy and meaning

to all that we lose and all we fight for

to all our loves and our wars » ("You fail Me", 2004)

2017, il faut croire qu'il n'a toujours pas trouvé la paix. Peut-être qu'avec ce Wear Your Wounds, et son "Goodbye Old Friend" en clôture, il s'en approchera.

photo de R.Savary
le 01/04/2017

1 COMMENTAIRE

Freaks

Freaks le 01/04/2017 à 15:01:02

Punko-sensible!! Tout ce qui fait la force et l'attrait de Jacob Bannon...Sympa cette sortie ;)

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