With The Dead - With The Dead

With The Dead - "With The Dead"
chronique With The Dead - With The Dead

Haineux, revanchard, râpeux, crade, suintant, dégoulinant, mais puissant, ce premier With The Dead est un pur concentré de mal. Un pur concentré de mal à destination des Electric Wizard.

 

Lee Dorian, après avoir mis à mort Cathedral, avait pourtant juré de ne plus s’impliquer dans un groupe. Mais quelques déclarations de presse du chanteur-guitariste des Wizards à son encontre - dont il a sorti la majorité des albums avec son label Rise Above Records - et quelques riffs de deux bons amis expulsés des Wizards, le guitariste Tim Bagshaw et le batteur Mark Greening, dont Mark sera une deuxième fois éjecté sous fond de procès en plus, l’on ravisé. Bien entouré, il n’allait plus juste chanter la mort, ensemble ils allaient maintenant l’appeler. Marcher sur les terres des Electric Wizard avec la ferme intention de les piétiner, de les enfoncer, de les enterrer violemment. Les humilier. En bref sortir un meilleur album qu’eux. Mais au regard de quelques déclarations mes propos ne sont en rien exagérés. Alors qu’en est-il ?

 

Forcément les premières minutes seront étranges. Cette voix et cette façon de chanter ultra reconnaissable de Lee, cette voix de Cathedral, sur des compos autant Electric Wizard qu’Electric Wizard… déstabilisant. Mais une fois l’album développé, on se laisse happer. Des titres - écrasants - comme "Crown Of Burning Stars" et - le monstrueux et dominateur - "Living With The Dead" laissent à penser qu’ils ont réussi leur mission. Et la haine se repend. Le solo et la rythmique de "Nephtys", ce riff de deuxième partie de "The Cross" puis cette rythmique funèbre à la batterie, ces mélodies hypnotiques utilisées avec parcimonie sont par exemple bels et biens les clous du cercueil qu’ils s’appliquent à tailler. En véritable artisans du riff, et charpentiers de la composition qu’ils sont (Tim et Mark ont aussi Ramesses à leur palmarès), il construisent le cercueil mais également la chapelle, tout en creusant la fosse et en écrivant le rite funéraire. La terre tremble, le son est volcanique, tout laisse à penser qu’ils ont invoqué les forces obscures pour les accompagner.

 

Si on aurait bien aimé davantage de riffs hypnotiques et des morceaux tous aussi puissants que "Living With The Dead", l’album reste quand même une belle réussite. Fraicheur dans la lourdeur, justesse dans le propos, et grosse dose d’ultra doom en additif pour ne pas rester dans la simple copie de ceux qu’ils veulent surpasser.

 

Alors, pour qui a sonné le glas ? À vous de voir.

photo de R.Savary
le 12/10/2017

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