Witherscape - The Northern Sanctuary

Chronique CD album (46:53)

chronique Witherscape - The Northern Sanctuary

Lors de la toute première exposition à The Northern Sanctuary – tout comme au cours de la grosse douzaine d’écoutes qui l'a suivie –, alors que notre opinion n'était encore qu'une grosse masse de glaise informe et changeante au sein de laquelle chaque mélodie, chaque break pouvait laisser une empreinte décisive, il semblait évident que « ça y est, on en tient un! ». Un quoi? Eh bien un bon gros chef d’œuvre oublié de Edge of Sanity canal « Mélancolie lumineuse », retrouvé au fond d’une boîte à chaussures, sous une vieille console, dans la remise des Unisouns Studios. « Ah ah, ça sent le 9.5/10 au moins ça, les copains! ». Il faut dire que ce début d’album est fabuleux: les lignes mélodiques sentent bon la brioche chaude et la brise tropicale from Stockholm, et ce sacré nom de Dan dégaine à nouveau des lignes de chant à se damner, que ce soit en growlant avec la profondeur amicale de Winnie le Grizzli ou en usant d’un chant clair coloré à la fois d’une mâle rage et d'une héroïque mélancolie.

 

… Bordel, si l’on devait un jour bander pour un mec, ce serait forcément pour lui (désolé Mesdames et camarades homos de vous exclure quelque peu de cette réflexion un peu trop sexuellement typée!).

 

Non c’est vrai: « Wake of Infinity » est à tomber par terre de béatitude, ce chef d’œuvre d’équilibre entre puissance mélodique, fougue victorieuse et ultra-sensibilité ayant tout ce qu'il faut où il faut pour se retrouver sur un Purgatory Afterglow ou un Crimson sans nullement nuire à la superbe de ces 2 albums référentiels. Plus « Rock », plus rythmique, immédiatement accrocheur, « In the Eyes of Idols » enchaîne idéalement, en faisant preuve une fois encore d’un goût exquis en matière de mariage growl / chant clair et habité.

 

L'abord légèrement sinueux de ce début de chronique vous aura potentiellement accroché quelque-part, à la frontière du non-dit, un hameçon un peu désagréable… Du coup peut-être attendez-vous ce « Mais » qui viendra immanquablement gâcher la belle et enthousiaste cérémonie que vous vous réjouissiez déjà d'organiser à l'occasion des retrouvailles avec votre Dan Swanö préféré… Eh bien ce « Mais » arrive effectivement, mais il passera bien plus facilement que ce que vous auriez pu craindre. Car s’il est effectivement nécessaire, ce n'est pas tant pour marquer une réelle déception que pour indiquer que – sans perdre en attrait et en force mélodique – le 2e album de Witherscape se couvre morceau après morceau d’un vernis de velours sucré qui le fait progressivement quitter les nobles terres du Death mélo période Amorphis / Sentenced / Disillusion & co pour un univers plus nuancé, plus mélancolique, plus ouvert au clavier, plus sucré et plus caressant. Mais comme Dany sait y faire, on se sent aussi bien dans ces chaudes coulées Hard’n’Prog charpentées comme un bûcheron suédois que dans le champ de bataille initialement espéré…

 

… C’est juste que plus ça va, moins on pense à Edge of Sanity.

 

Contrairement à la détestable habitude qui consiste à passer l’ensemble des titres à la moulinette chroniquatoire (… travers dans lequel je me vautre régulièrement moi-même!), après cette courte présentation de l’entame de The Northern Sanctuary on se contentera de vous signaler 1) la formidable puissance de « Marionnette » – 30% rageur, 50% dévasté par le chagrin, 20% lumière au fond du tunnel – qui rappelle les plaisirs indicibles du Shadow's Dance de Godgory, et 2) l’impressionnant exercice que constitue le petit quart d’heure du morceau-titre, qui aurait été écrit en réaction à un commentaire malheureux brocardant le manque de prise de risque de The Inheritance, le 1er album du groupe.

 

« Bon alors: pas de vraie raison de ne pas attribuer à cet album le 9,5/10 évoqué tout là haut, en début de chronique... Si? »

 

Disons que « The Northern Sanctuary » (le morceau, pas l’album) donne quand même l’impression qu’il aurait pu être condensé en moitié moins de temps. Et puis « Vila i frid » réitère le faux pas de « The Inheritance » en finissant l’album sur un minimaliste sucre d’orge tout de piano vêtu, au lieu de nous baffer une dernière fois avec la magnificence d’un Odin chassant le caribou… Et puis merde quoi: c’est ma faute si je préfère largement Edge of Sanity à Nightingale et Moontower?

 

Ceci ne doit pour autant pas vous faire perdre de vue l’essentiel: The Northern Sanctuary est un album magnifique, à la fois puissant et gorgé de mélodies et de fertile mélancolie. Meilleur encore que The Inheritance, qu’on aurait même envie de dire. Alors, merci qui?

 

« Merciiii Danyyyyyyy! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Dan Swanö est un magicien. Un peu comme Devin Townsend. Sa voix est un rêve éveillé. Ses mélodies creusent des tunnels pénétrant directement nos ventricules. Son Death mélodique réveille les souvenirs heureux de l’époque bénie du « Death atmosphérique » pré-Melodeath. Fans d’Edge of Sanity, Godgory et Amorphis qui n’avez pas peur des gros câlins mélancoliques et d’un peu de clavier, prenez un abonnement à vie à Witherscape!

photo de Cglaume
le 25/07/2016

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